Andreï Tchernichev: 20 ans / Андрей чернышев: Двадцать лет
Il y a 30 ans, les soldats de l'Union soviétique étaient envoyés en Afghanistan
: 14 000 d'entre eux y sont morts, 75 000 sont devenus invalides. «La France
vient d'être durement frappée (...) Elle est résolue à poursuivre la lutte
contre le terrorisme, pour la démocratie et la liberté», affirmait le Président
français après la mort, l'été dernier, de 10 soldats français en Afghanistan où
il s'est ensuite rendu
en
personne.
Voici une chanson : « двацать лет - 20 ans » écrite par Andreï Tchernichev,
simple soldat russe en Afghanistan de 1986-1987 qui a servi au 345e Régiment
autonome de Débarquement Parachutiste.
Toutes les chansons (suite du billet) de ce jeune soldat-poète sont
frappantes.
« Celui qui ne croit pas, n’a qu’à pas y croire,
Celui qui a été là-bas, celui-là comprendra,
Un homme dans une toile de tente
Que l’on hisse dans l'hélicoptère.
20 ans, comme c'est peu,
Un p'tit gars dans une toile de tente,
Du moins, ce qu'il en reste,
Tout cela, on le mettra dans un cercueil.
Et dans du zinc on l'emballera,
On effacera les gouttes de sang des mains,
A l’autre bout, on ne le sait pas,
Là-bas, on l’attend toujours vivant,
Remplir l’adresse des destinataires,
Puis dans l’avion, et direction l’Union,
On les appelle les « Tulipes, »
Couleur noire, « chargement 200 »
Celui qui dans cette vallée ensoleillée,
Dans ce combat pour un col,
Qui sur son propre BMP
de son corps, faisait blindage,
Les montagnes semblent inoffensives,
Tout est calme, et dans le silence,
Soudain, un coup sourd se fige,
Avec un M16 dans le dos.
Ici on meurt dans les bras,
Ici dans les bras on les porte,
Couvrant la terre d’injure,
Peut-être bien qu’on va le sauver,
Je chante les années 1980, avec cette chanson,
Ici je les ai compris comme il le faut,
Ceux qui ont traversé toute la guerre.
Et comme il est effrayant de comprendre le bonheur,
De notre temps, dans ces montagnes,
Combien de vies cela peut coûter,
Sur les pierres, le sang s’est coagulé.
Et sur le gris monument,
Il y a, à nouveau, des fleurs fraiches,
A tout ceux, qui dans le lointain contingent,
Ont enterré dans le sable leurs vingt ans,
Quelque part il y a le soleil, des rires et des enfants,
Le ballon s’envole vers les cieux,
On dirait que sur la planète,
La vie est claire et merveilleuse.
Alors que, quelque part, quelqu’un,
Assume son dernier combat,
La où le soleil brûlant brille,
Là, où il y a encore la guerre.
Celui qui ne croit pas, n’a qu’à pas y croire,
Celui qui a été là-bas, celui-là, sait tout. »
traduction: Sarah P.
Struve
source :
http://stengazeta.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/12/23/andrei-tchernichev-20-ans-андрей-чернышев-двадчать-лет.html

Autres chansons d'Andreï Tchernichev :
http://avtomat2000.com/20_let.html
Пусть расстроена гитара
021
АНАВА
345-й ПОЛК
ПОМНЮ ТЕБЯ, БАГРАМ
ИНТЕРВЬЮ В РЕСТОРАНЕ
Я ПОЮ ИЗ АФГАНА
ПОД ШУМ И ВЗРЫВ ГРАНАТ
МОЖЕТ БЫТЬ
ЛУНА
Я ПОЮ ОБ АФГАНИСТАНЕ