"La décision du commandant de la KFOR, le général allemand Marcus Bentlera, de « remettre » la protection du monastère de Gračanica à la police du Kosovo et ainsi de commencer le processus du transfert de la responsabilité de protection des plus importants sanctuaires de l'Eglise orthodoxe serbe à la police du Kosovo, va de manière importante compromettre la sécurité des lieux de culte des orthodoxes serbes au Kosovo et en Métochie. Bien qu’à plusieurs reprises il ait été souligné que la police du Kosovo ne bénéficie pas de la confiance, ni de l'Église orthodoxe serbe, ni du peuple serbe au Kosovo à cause de son attitude envers la démolition et la destruction des lieux saints appartenant à l’Eglise orthodoxe serbe, et cela en particulier lors du pogrom du mois de mars 2004, la plus haute structure de l'OTAN vient de prendre une décision qui, ayant une connotation politique évidente, envoie au reste du monde un message disant que la sécurité dans cette région s’améliore et cache, ainsi, la vérité amère sur les violations graves des droits de l'homme et de la liberté religieuse.
Le Saint-Synode de l'Eglise orthodoxe serbe ainsi que le diocèse de Raška et de Prizren, considère que l'abolition de la présence permanente de la KFOR autour des huit autres monastères au Kosovo et en Métochie, qui avaient été jusque-là sous sa protection, va directement mettre en danger non seulement leur sécurité, mais aussi la sécurité des moines eux-mêmes qui y vivent, ce qui, cependant, continue d'être ignoré par la KFOR. Le message de l'Église orthodoxe serbe aux plus hauts représentants de l'OTAN, qu'une telle décision serait prématurée et risquée, a été à plusieurs reprises présenté lors des réunions avec de hauts responsables de l'OTAN, le secrétaire général de l'OTAN Rasmussen, les ambassadeurs du conseil de l’OTAN et les commandants suprêmes des forces de l'OTAN en Europe, les amiraux américains Stavridis et Fitzgerald. Par conséquent, inscrit dans ce contexte, la communiqué médiatique annonçant que « le monastère Gracanica sera livré à la police du Kosovo », représente un geste de propagande commis par le commandement de la KFOR, étant donné que la police du Kosovo ne peut pas fournir la protection des monastères serbes sans le consentement de l'Église, ni que cette «protection» aura en elle-même quelques effets. Aux responsables de l'OTAN a été transférée la position ferme de l'Église, qu’en de telles conditions elle serait obligée de mettre elle-même sous un régime plus strict ses lieux du culte qui ne seront plus dorénavant sous la protection de la KFOR, ce qui suppose que les visiteurs qui ne viendront pas en compagnie du clergé et avec la bénédiction de l'Eglise n’y seront pas admis. Cette décision envisage aussi la construction de nouveaux murs qui seront couverts de fils de fer et qui permettront ainsi aux monastères une meilleure protection.
Cette décision du commandement de la KFOR a été prise sans le consentement de l'Eglise orthodoxe serbe. Elle déstabilise la situation sécuritaire dans cette région, perturbe les relations entre l'Eglise et la KFOR, introduit encore une plus grande méfiance du peuple serbe envers les forces internationales du maintien de la paix, qui veulent accomplir cette fonction d’une manière impartiale et avec objectivité, et, à long terme, menace cependant, en prenant une telle décision, la survie de nos monastères au Kosovo et Métochie, ainsi que la vie, la liberté et la mission de notre Eglise dans cette région.
Cette décision envoie un message très négatif au peuple serbe qui est resté au Kosovo et en Métochie, décourage le retour des réfugiés et de facto met le point final sur le processus de nettoyage ethnique du peuple serbe, intensément mis en œuvre au cours des douze dernières années qui ont été considérées comme « la paix internationale» et pendent lesquelles, malgré la présence de dizaines de milliers de soldats de la KFOR, les deux-tiers de la population serbe d'avant-guerre qui vivait dans ces régions ont été obligés de fuir, déjà réduit à un tout petit nombre par des incessantes pressions et persécutions. Cent cinquante lieux saints appartenant à l’Eglise orthodoxe serbe se trouvant au Kosovo et Métochie ont été détruits ou gravement endommagés.
Évêque Théodose de Lipljan"
Traduit du serbe pour Orthodoxie.com
Source: diocèse de Raška et de Prizren