Mercredi 7/1
- (+) Synaxe du saint Prophète et Précurseur Jean le Baptiste
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Mercredi 7/1
Comme tout les ans au mois de janvier a lieu la semaine de prière pour l’unité des Chrétiens.
Vous trouverez la liste des manifestations œcuméniques de notre région :
Mardi 6/1
Retrouvez l’ordo de la fête ci-après
Mardi 6 janvier 2009, sainte et glorieuse Théophanie du Christ le Dieu Homme.
Liturgie du jour : antiennes propres de la Théophanie (trad. des Septante)
Antienne 1 en ton occurrent : Quand Israël sortit d’Egypte, et la maison de Jacob d’un peuple barbare. Refrain : Par les prières de la Mère de Dieu, sauve-nous, Dieu sauveur !
La Judée devint son sanctuaire et Israël son domaine. Refrain.
La mer le vit et s’enfuit, le Jourdain retourna en arrière. Refrain
Qu’as-tu, mer, à t’enfuir ? et toi, Jourdain, à retourner en arrière ? Refrain
Gloire… et maintenant… Refrain
Antienne 2 en ton occurrent : J‘ai aimé, car le Seigneur entend la voix de ma prière.
Refrain : Sauve-nous, ô Fils de Dieu, Toi qui fus baptisé par Jean dans le Jourdain, nous qui te chantons : Alléluia
Car Il a incliné vers moi son oreille, et je l’invoquerai tous les jours de ma vie. Refrain
Les douleurs de la mort m’ont environné, et les périls de l’enfer sont venus sur moi. Refrain
Je veux plaire au Seigneur dans la terre des vivants. Refrain.
Gloire… et maintenant… Fils unique et Verbe de Dieu…
Antienne 3 en ton 1 : Confessez le Seigneur, car Il est bon, car éternelle est sa miséricorde !
Refrain : le tropaire Pendant ton baptême dans le Jourdain…
Que la maison d’Israël le dise : Il est bon, car éternelle est sa miséricorde ! Refrain.
Que la maison d’Aaron le dise : Il est bon, car éternelle est sa miséricorde ! Refrain
Que ceux qui craignent le Seigneur le disent : Il est bon, car éternelle est sa miséricorde ! Refrain Gloire… et maintenant… Refrain
Isodikon (chant d’entrée) : Béni soit Celui qui vient au Nom du Seigneur ! Le Seigneur est Dieu, et Il nous est apparu ! Sauve-nous, ô Fils de Dieu, Toi qui fus baptisé par Jean dans le Jourdain, nous qui te chantons : Alléluia !
Tropaire de la Théophanie en ton 1 : Pendant ton baptême dans le Jourdain, ô Christ, fut manifesté l’adoration due à la Trinité. Car la voix du Père te rendit témoignage en te nommant Fils de Dieu ; et l’Esprit, sous forme de colombe, confirmait la vérité de cette parole. Christ Dieu qui es apparu et qui as illuminé le monde : Gloire à toi ! Gloire… et maintenant…
Kondakion de la Théophanie en ton 4 : En ce jour de l’Epiphanie l’univers a vu ta gloire, car, Seigneur, Tu t’es manifesté et sur nous resplendit ta lumière. C’est pourquoi en pleine connaissance nous te chantons : « Tu es venu et t’es manifesté, Lumière inaccessible ! »
Au lieu du trisagion : Vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu le Christ, Alléluia !
Prokimenon en ton 4 : Béni soit Celui qui vient au Nom du Seigneur ! Le Seigneur est Dieu, et Il nous est apparu ! V : Confessez le Seigneur, car Il est bon, car éternelle est sa miséricorde !
Epître : Tite 2, 11-14 ; 3, 4-7.
Tite, mon enfant, elle s’est manifestée, la grâce de Dieu, source de salut pour tous les humains ! Elle nous éduque, afin que nous renoncions à l’impiété et aux convoitises du monde, pour vivre dans le siècle présent avec tempérance, justice et piété, attendant la bienheureuse espérance et l’épiphanie de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur Jésus Christ. Il s’est donné lui-même pour nous afin de nous racheter de toute iniquité et de purifier pour lui-même un peuple élu, zélé pour les œuvres de bien. Et lorsque se sont manifestés la bonté et l’amour pour les humains de Dieu notre Sauveur, Il nous a sauvés, non en vertu des œuvres de justice accomplies par nous, mais selon sa miséricorde, par le bain de la régénération et de la rénovation en l’Esprit saint. Cet Esprit, Il l’a richement répandu sur nous, par Jésus Christ notre Sauveur, afin que, justifiés par la grâce de celui-ci, nous devenions en espérance héritiers de la vie éternelle.
Alléluia en ton 1 : Apportez au Seigneur, fils de Dieu, apportez au Seigneur gloire et honneur ! V : La voix du Seigneur a retenti sur les eaux, le Dieu de gloire a tonné, le Seigneur au-dessus des eaux innombrables!
Evangile : Matthieu 3, 13-17 (n. trad.)
En ce temps-là, (après avoir été annoncé par Jean) Jésus arrive de Galilée au Jourdain vers lui pour être baptisé par lui. Jean voulait l’en empêcher et disait : « Moi, j’ai besoin d’être baptisé par toi, et Toi Tu viens à moi ! » Mais Jésus lui répondit et lui dit : « Permets cela pour le moment : car c’est ainsi qu’il nous convient d’accomplir toute justice. » Alors, il le lui permet. Une fois baptisé, Jésus remonta aussitôt de l’eau. Et voici : les cieux s’ouvrirent pour lui et il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et voici : une voix du haut des cieux disait de lui : « Celui-ci est mon Fils, le Bien-aimé, en qui Je me reconnais. »
În acest timp, a venit Iisus din Galileea la Iordan, càtre Ioan, ca sà se boteze de càtre el. Ioan însà Îl oprea, zicând : « Eu am trebuintà sà fiu botezat de Tine, si Tu vii la mine ? » Si ràspunzând, Iisus a zis càtre el : « Lasà acum, cà asa se cuvine nouà sà împlinim toatà dreptatea. » Atunci L-a làsat. Iar botezându-se Iisus, când iesea din apà, îndatà cerurile s-au deschis si Duhul lui Dumnezeu s-a vàzut pogorându-se ca un porumbel si venind peste El. Si iatà glas din ceruri zicând : « Acesta este Fiul Meu cel iubit, întru care am binevoit ! »
Mégalynaire en ton 2 : Magnifie, ô mon âme, celui qui vient dans le Jourdain pour s’y faire baptiser. Toute langue hésitera à prononcer l’éloge digne de toi, et l’esprit le plus subtil éprouve le vertige à te chanter, Mère de Dieu ; mais dans ta bonté reçois l’hommage de notre foi et l’élan de notre amour qui monte vers toi : car tu es la protectrice du peuple chrétien : nous te magnifions !
Koinonikon de la fête en ton occurrent: La grâce de Dieu s’est manifestée à nos yeux ; pour tous les hommes elle est la source du salut : Alléluia !
Au lieu de Nous avons vu la vraie lumière, le tropaire de la Fête
Catéchèse : l’Epiphanie ou Théophanie, manifestation à Israël et au monde de la divinité de Jésus Christ
En ce jour est révélé à ceux qui, par le saint Esprit, ont la Foi, l’identité de Jésus Christ. Il est le Fils unique engendré du Père et le Fils unique engendré de la Vierge, la Mère de Dieu. Avant les siècles, Il est l’unique Fils de Dieu ; au milieu des siècles, Il se fait le Fils de l’Homme. Avant les siècles, Il est comblé de l’Esprit du Père, Il resplendit de l’Esprit du Père ; au milieu des siècles, Il apparaît transfiguré devant le Père et devant les humains. Devenu homme dans le sein de la Vierge par l’œuvre de l’Esprit en la divine Conception - Annonciation du 25 mars - son humanité a été aussitôt, même embryonnaire, sanctifiée et divinisée par l’Esprit : et c’est telle que, en son âge mûr, elle apparaît sur la rive du Jourdain. Jésus Christ s’est manifesté en ce jour Tel qu’Il est - avant les temps et dans le temps - et Tel qu’Il apparaîtra avec gloire en sa deuxième venue, à la fin des temps. L’Esprit habite sa divinité, déifie son humanité, et transfigure également le cœur des croyants - les anges, le Précurseur, nous-mêmes - pour qu’ils perçoivent cette identité de Jésus et en soient à leur tour les témoins de leur temps. Nous rapprochons cette théophanie du 6 janvier et celle du mont Thabor le 6 août.
Cette semaine sur l’agenda de notre recteur p. Georges:
La liturgie sera suivie d’un Café.
Merci de venir nombreux !
Lundi 5/1 Jeûne Total
Dimanche 4/1
Samedi 3/1
Cette semaine notre recteur père Georges célèbrera :
dimanche 4 à Sucy-en-Brie (Notre-Dame des Bois)
La liturgie sera suivi d’un café
Retrouvez l’ordo de dimanche ci-après :
Dimanche 4 janvier 2009 : dimanche avant la Théophanie,
synaxe des 70 disciples ; ton 4.
Tropaire de la Résurrection, t. 4 : Recevant de l’ange la joyeuse nouvelle de la Résurrection de leur Seigneur+ et détournant l’ancestrale condamnation,/ les saintes Femmes se firent gloire d’annoncer aux apôtres:// le Christ a triomphé de la mort !/ Il est ressuscité, notre Dieu, pour donner au monde la grâce du salut.//
Tropar Învierii, glas 4: Propovăduirea Învierii cea luminată înţelegând-o de la înger uceniţele Domnului şi lepădând osândirea cea strămoşească, Apostolilor lăudându-se au zis: Jefuitu-s-a moartea, sculatu-S-a Hristos Dumnezeu, dăruind lumii mare milă.
Tropaire de l’avant-fête en ton 4 : Prépare-toi, Zabulon !+ Pare-toi, Nephtali !+ Fleuve du Jourdain, arrête-toi !/ Accueille avec allégresse le Maître qui vient se faire baptiser.// Adam et Eve, exultez !+ Ne vous cachez plus comme jadis au Paradis ; / car, vous voyant nus, le Seigneur s’est montré pour vous revêtir du vêtement d’origine.// Le Christ se manifeste/ pour renouveler l’entière création.//
Tropaire (s) de l’église ou du monastère …
Tropaire des Soixante dix disciples, t. 3 : Saints apôtres du Seigneur, intercédez auprès du Dieu de miséricorde pour qu’à nos âme Il accorde le pardon de nos péchés.
Kondakion de la Résurrection, t. 4 : Mon Sauveur et mon Libérateur a ressuscité tous les mortels, + les arrachant par sa force divine aux chaînes du tombeau. / Il a brisé les portes de l’enfer et en Maître souverain Il est ressuscité le troisième jour. //
Kondakion des Soixante dix, t. 2 : Fidèles, célébrons en ce jour le chœur des soixante-dix disciples du Christ. Par eux nous avons tous appris en effet le culte de l’indivisible Trinité : ils sont les chandeliers de la divine Foi. Gloire au Père et au Fils et au saint Esprit…
Kondakion du patronage de l’église. Et maintenant et toujours…
Kondakion de l’avant-fête en ton 4 : Descendu en ce jour dans les flots du Jourdain, + le Seigneur dit à Jean : « Ne crains pas de me baptiser !/ Je suis venu, en effet, sauver Adam le première Père. //
Prokiménon dominical, t. 4 : Que tes œuvres sont admirables, Seigneur !/ Tu as fait toutes choses dans ta sagesse !// V/ : Bénis le Seigneur, ô mon âme ! Seigneur mon Dieu, Tu as été grandement magnifié ! Et des Soixante-dix, t. 8 : Leur son a retenti par toute la terre, et leurs paroles jusqu’aux extrémités du monde ! V/ : Les cieux racontent la gloire de Dieu, et l’œuvre de ses mains, le firmament l’annonce.
Epîtres : 2 Tim 4, 5-8 et Col 3, 4-11.
Mon enfant, Timothée, en toute occasion sois vigilant, supporte les épreuves, accomplis ton devoir en prêchant l’Evangile, acquitte-toi de ton ministère au service de Dieu. Quant à moi, je crois que mon sang va bientôt se répandre en libation, que le moment de mon départ est venu. Jusqu’au bout j’ai combattu le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi. Il ne me reste qu’à recevoir la couronne de justice qu’en ce jour-là me donnera le Seigneur, le juste Juge, et non seulement à moi, mais à tous ceux qui attendent avec amour le moment où Il sera manifesté.
Frères, quand le Christ…
Alléluia dominical, t. 4 : Chevauche dans l’éclat de ta royale splendeur ! Défends la vérité, la bonté, la justice ! - Tu aimes la justice ; Tu détestes l’iniquité. Et des Soixante-dix, t. 1 : Les cieux confessent tes merveilles, Seigneur ! V/ : Dieu est glorifié dans le conseil des saints
Evangiles : Mc 1, 1-8 et Luc 17, 12-19.
Principe de l’Evangile de Jésus Christ, Fils de Dieu. Ainsi est-il écrit en Malachie et Isaïe les prophètes : « Voici, J’envoie, Moi, mon ange devant ta face, pour préparer ton chemin devant toi. Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur ! Redressez les sentiers de notre Dieu ! » Et il y eut Jean, qui baptisait dans le désert, proclamant un baptême de conversion pour la rémission des péchés. Et sortait vers lui tout le pays de Judée, ainsi que tous les habitants de Jérusalem, et ils étaient baptisés par lui dans le fleuve du Jourdain, en reconnaissant leurs péchés. Et Jean était vêtu de poil de chameau, une ceinture de cuir autour des reins. Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. Et il proclamait ceci : « Il vient après moi, Celui qui est plus fort que moi ! De ses sandales je ne suis pas digne, même prosterné, de délier la courroie. Moi, je vous ai baptisés dans l’eau : Lui, Il vous baptisera dans le saint Esprit ! »
Începutul Evangheliei lui Iisus Hristos, Fiul lui Dumnezeu. Precum e scris la proorocii Maleahi si Isaia : Iatà Eu trimit îngerul Meu înaintea fetei Tale care va pregàti calea Ta. Glasul celui ce strigà în pustie : Gàtiti calea Domnului, drepte faceti càràrile Lui. Ioan boteza în pustie, propovàduind botezul pocàintei întru iertarea pàcatelor. Si ieseau la el tot tinutul Iudeii si toti cei din Ierusalim si se botezau de càtre el, în râul Iordan, màrturisindu-si pàcatele. Si Ioan era îmbràcat în hainà de pàr de càmilà, avea cingàtoare de piele împrejurul mijlocului si mâncà làcuste si miere sàlbàticà. Si propovàduia, zicând : Vine în urma mea Cel ce este mai tare decât mine, Càruia nu sînt vrednic, plecându-mà, sà-I dezleg cureaua încàltàmintelor. Eu v-am botezat pe voi cu apà, El însà và va boteza cu Duh Sfânt !
Chant de communion du dimanche (« Louez… ») et des Soixante-dix, t.4 : Leur son a retenti par toute la terre, et leurs paroles jusqu’aux extrémités du monde ! Alléluia !
Catéchèse : la prédication de saint Jean Baptiste d’après Origène (Homélies sur saint Luc)
« La signification est plus profonde si l’on comprend « désert » au sens spirituel, et non au sens matériel. Celui qui prêche dans le désert y fait entendre sa voix en pure perte… Le précurseur du Christ, la voix qui crie dans le désert, prêche donc dans le désert de l’âme, privée de paix… La parole de Dieu est proclamée dans le désert et dans toute la région du Jourdain. Quels lieux le Baptiste devait-il parcourir, sinon les environs du Jourdain, afin que quiconque voulait faire pénitence fût sur place pour recevoir l’ablution d’eau ? Jourdain signifie ‘descente’. Le fleuve de Dieu, qui descend avec un large courant, c’est notre Seigneur, le Sauveur, en qui nous sommes baptisés dans l’eau véritable, l’eau du Salut. C’est aussi pour la rémission des péchés qu’il prêche le baptême : Venez, catéchumènes, faites pénitence afin de recevoir le baptême pour la rémission des péchés ! Il reçoit le baptême pour la rémission des péchés, celui qui cesse de pécher. Mais si quelqu’un vient au baptême en continuant à pécher, il n’y a pas pour lui de rémission des péchés. Aussi, je vous en supplie, ne venez pas au baptême sans précaution ni réflexion attentive, mais montrez d’abord des fruits qui soient dignes du repentir.
Quant au passage de l’Ancien Testament cité maintenant, nous le lisons dans le prophète Isaïe : Une voix crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez ses sentiers. Le Seigneur veut trouver en vous un chemin pour pouvoir entrer dans vos âmes … C’est là le chemin par lequel est entrée la Parole de Dieu qui s’installe dans le cœur humain capable de l’accueillir…. Prépare le chemin du Seigneur par une conduite honnête ; aplanis le sentier du Seigneur par des actions parfaites, pour que le Verbe marche en toi… et te fasse connaître ses mystères et sa venue… »
Vendredi 2/1, ni jeûne, ni abstinence
Le 6 janvier, jour de la Théophanie ou de l’Épiphanie, est – après Pâques et la Pentecôte – la plus grande fête du calendrier des Églises de rit byzantin. Elle est même supérieure à la fête de la Nativité du Christ. Elle commémore le baptême notre Seigneur par Jean dans les eaux du Jourdain et, plus généralement, la manifestation publique du Verbe incarné au monde.
La Théophanie est la première manifestation publique du Christ. Lors de sa naissance à Bethléem, notre Seigneur avait été révélé à quelques privilégiés. Aujourd’hui, tous ceux qui entourent Jean, c’est-à-dire ses propres disciples et la foule venue aux bords du Jourdain, sont témoins d’une manifestation plus solennelle de Jésus Christ. En quoi consiste cette manifestation ? Elle comporte deux aspects. D’une part, il y a l’aspect d’humilité représenté par le baptême auquel Notre Seigneur se soumet. D’autre part, il y a un aspect de gloire représenté par le témoignage humain que le Précurseur rend à Jésus et, sur un plan infiniment plus élevé, le témoignage divin que le Père et l’Esprit rendent au Fils. Nous considérerons de plus près ces deux aspects. Mais retenons immédiatement ceci : toute manifestation de Jésus Christ, aussi bien dans l’histoire que dans la vie intérieure de chaque homme, est une manifestation d’humilité et de gloire tout à la fois. Quiconque sépare ces deux aspects du Christ commet une erreur qui fausse toute la vie spirituelle. Je ne puis m’approcher du Christ glorifié sans m’approcher en même temps du Christ humilié, ni du Christ humilié sans m’approcher du Christ glorifié. Si je désire que le Christ soit manifesté en moi, dans ma vie, ce ne peut être qu’en étreignant celui qu’Augustin appelait avec prédilection Christus humilis et en adorant d’un même élan celui qui est aussi un Dieu, un Roi, un Vainqueur. Tel est le premier enseignement de la Théophanie.
L’aspect d’humilité de la Théophanie consiste dans le fait que Notre Seigneur se soumet au baptême de pénitence de Jean. Celui-ci refuse tout d’abord, mais Jésus insiste : Laisse. Il faut que toute justice s’accomplisse (Mt 3, 13-15). Sans doute Jésus n’avait pas à être purifié par Jean, mais le baptême que conférait le Précurseur, ce baptême de repentance pour la rémission des péchés, préparait au royaume messianique ; et Jésus, avant de proclamer l’avènement de ce royaume, a voulu passer lui-même par toutes les phases préparatoires dont il devait être le “consommateur”. Étant la plénitude, il a voulu assumer en lui-même tout ce qui était encore incomplet et inachevé. Mais, en recevant le baptême johannique, Jésus a fait plus qu’approuver et confirmer solennellement un rite avant de le transformer, plus que consommer l’imparfait dans le parfait. Lui qui était sans péché, il s’est fait porteur de nos péchés, du péché du monde ; et c’est au nom de tous les pécheurs que Jésus a fait un geste public de repentance. D’autre part, Jésus a voulu nous enseigner la nécessité de la pénitence et de la conversion ; avant même de nous approcher du baptême chrétien, nous devons recevoir le baptême de Jean, c’est-à-dire passer par un changement d’esprit, par une catastrophe intérieure. Nous devons éprouver une vraie contrition de nos péchés. La repentance est, en ce qui nous concerne, l’aspect d’humilité de la Théophanie.
Et ici nous devons dépasser l’horizon limité du baptême johannique pour nous rappeler que nous avons été baptisés en Christ. Le baptême chrétien nous a lavés et purifiés. Il a aboli en nous le péché originel et fait de nous une nouvelle créature. Nous étions probablement enfant lorsque nous avons reçu le baptême ; la grâce baptismale a été une réponse divine donnée, non à notre demande personnelle, mais à la foi de ceux qui nous présentaient au baptême et â la foi de toute l’Église qui nous accueillait. Cette grâce baptismale a été alors en quelque sorte provisoire et conditionnelle : il fallait que, grandissant et devenus conscients, nous confirmions par un libre choix l’acte de notre baptême. La Théophanie est, par excellence, la fête du baptême, non seulement du baptême de Jésus, mais de notre propre baptême. Elle est une merveilleuse occasion pour nous de renouveler en esprit le baptême que nous avons reçu et de raviver la grâce qu’il nous a conférée. Car les grâces sacramentelles, même interrompues et suspendues par le péché, peuvent revivre en nous si nous nous tournons sincèrement vers Dieu. En cette fête de la Théophanie, demandons à Dieu de nous laver de nouveau — spirituellement, non d’une manière matérielle — dans les eaux du baptême ; noyons-y l’ancienne créature pécheresse, car le baptême est une mort mystique ; traversons la Mer Rouge qui sépare la captivité de la liberté et plongeons-nous avec Jésus dans le Jourdain pour y être lavés, non par le Précurseur, mais par Jésus lui-même.
L’aspect de gloire de la Théophanie consiste dans les deux témoignages qui furent alors rendus solennellement à Jésus. Il y eut le témoignage de Jean. Nous n’en parlerons pas maintenant ; nous y reviendrons le lendemain de la Théophanie. Et il y eut le témoignage divin du Père et de l’Esprit. Le témoignage du Père était la voix venue du ciel et disant : Tu es mon Fils bien-aimé en qui j’ai mis toute ma complaisance (Lc 3,22). Le témoignage de l’Esprit était la descente de la colombe : Et l’Esprit Saint descendit sur lui sous une forme corporelle, tel une colombe (Lc 3,22). Voilà le véritable baptême de Jésus. La parole prononcée par le Père et la descente de la colombe sont plus importants que le baptême d’eau que Jean donne à Jésus. Le baptême d’eau n’était qu’une introduction à cette manifestation divine. C’est avec raison que, dans l’ancienne liturgie chrétienne, la fête du 6 janvier est appelée, non pas “Théophanie”, mais “Théophanies”, au pluriel, car il ne s’agit pas d’une seule manifestation divine : il s’agit de trois manifestations.
Le Père, le Fils, l’Esprit sont tous trois révélés au monde lors du baptême de Jésus ; le Père et l’Esprit se révèlent dans la relation d’amour qui les unit au Fils. Nous touchons ici à ce qu’il y a de plus profond et de plus intime dans le mystère de Jésus. Si grand que soit le ministère rédempteur du Christ en faveur des hommes, la vie d’intimité du Fils avec le Père et l’Esprit est une réalité plus grande encore. Jésus ne nous est vraiment manifesté que si nous entrevoyons quelque chose de cette intimité divine, et si nous entendons intérieurement la voix du Père : Voici mon Fils bien-aimé…, et si nous voyons le vol de la colombe sur la tête du Sauveur. La fête de la Théophanie ne sera vraiment une épiphanie, une manifestation du Christ, qu’à cette condition. Il faut que notre piété atteigne, dans le Fils, le Père et l’Esprit. Il faut que, comme Jean-Baptiste, nous puissions nous souvenir et témoigner : J’ai vu l’Esprit descendre… (Jn 1,32). C’est là la gloire de la Théophanie. Et c’est pourquoi la Théophanie n’est pas seulement la fête des eaux. L’ancienne tradition grecque l’appelle “la fête des lumières”. Cette fête nous apporte, non seulement une grâce de purification, mais aussi une grâce d’illumination (ce nom même d’illumination était jadis donné à l’acte du baptême). La lumière du Christ n’était, à Noël, qu’une étoile dans la nuit obscure ; à la Théophanie, elle nous apparaît comme le soleil levant ; elle va croître et, après l’éclipse du Vendredi Saint, elle éclatera, plus splendide encore, le matin de Pâques ; et enfin, à la Pentecôte, elle atteindra le plein midi. II ne s’agit pas seulement de la lumière divine objective manifestée dans la personne de Jésus Christ et dans la flamme pentecostale. Il s’agit aussi, pour nous, de la lumière intérieure, sans une absolue fidélité à laquelle la vie spirituelle ne serait qu’illusion ou mensonge.
Dieu qui avait envoyé le Précurseur baptiser avec de l’eau lui avait dit : Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, baptisera dans l’Esprit Saint (Jn 1,33). Le baptême d’eau n’est qu’un aspect du baptême total. Jésus lui-même dira à Nicodème : À moins de naître d’eau et d’Esprit, nul ne peut entrer au Royaume de Dieu (Jn 3,5). Le baptême d’Esprit est supérieur au baptême d’eau. Il constitue un don objectif et une autre expérience intérieure. Nous en reparlerons mieux à l’occasion de la Pentecôte.
On pourrait dire que la Théophanie — première manifestation publique de Jésus aux hommes — correspond dans notre vie intérieure à la “première conversion”. Il faut entendre par là la première rencontre consciente de l’âme humaine avec son Sauveur, le moment où nous acceptons Jésus comme Maître et comme ami et où nous prenons la résolution de le suivre. Pâques (à la fois la mort et la résurrection du Seigneur) correspond à une “deuxième conversion” où, confrontés avec le mystère de la croix, nous découvrons quelle mort et quelle vie nouvelle celle-ci implique et nous nous consacrons d’une manière plus profonde — par un changement radical de nous-mêmes — à Jésus Christ. La Pentecôte est le temps de la “troisième conversion”, le temps du baptême et du feu de l’Esprit, l’entrée dans une vie d’union transformante avec Dieu. Il n’est pas donné à tout chrétien de suivre cet itinéraire. Ce sont là cependant les étapes que l’année liturgique propose à notre effort.
En Orient et en Occident
L’Épiphanie est une fête qui a une signification différente pour les chrétiens d’occident et les chrétiens orthodoxes. En occident, l’Épiphanie est l’adoration de Jésus par les mages. Dans les rites orientaux, la fête, nommée Théophanie, a pour objet le baptême du Christ qui au Jourdain a sanctifié les eaux. Le jour de l’Épiphanie, l’ Église orthodoxe ne fait pas mention de l’adoration des Mages; elle a réuni ce mystère à celui de la Naissance du Sauveur dans ses Offices pour le jour de Noël.
La veille de l’Épiphanie, après la liturgie le prêtre bénit l’eau baptismale et asperge d’eau bénite tous le peuple. Le jeûne et l’abstinence sont obligatoires la veille de l’Épiphanie.
Le jour de l’Épiphanie, le prêtre bénit l’eau des fontaines, des fleuves et même de la mer. Aujourd’hui encore, on sort des églises en procession pour accomplir ces rites. Dans la liturgie copte, il y a aussi la grande bénédiction des eaux.
Date de la fête de l’Épiphanie / Théophanie
Les églises grecques et roumaines, qui suivent le calendrier Julien réformé (nouveau calendrier), célèbrent l’Épiphanie /Théophanie le 6 janvier.
Les églises russes, serbes, arméniennes, coptes et éthiopiennes, qui suivent le calendrier julien (ancien calendrier) célèbrent cette fête 13 jours plus tard c’est-à-dire le 19 janvier. Cependant en France, les Églises russes qui font la liturgie en français célèbrent l’Épiphanie le 6 janvier.
Ce n’est pas l’Épiphanie que les russes célèbrent le 7 janvier, mais Noël la naissance de Jésus, 13 jours après le 25 décembre.
Jeudi 1/1
Mercredi 31/12 Ni Jeûne, ni Abstinence
L’icône du baptême du Christ, dite icône de la théophanie, exprime d’abord l’action de la Trinité qui opère en Jésus. Pour le manifester le sommet de l’icône peut prendre des formes diverses. Parfois un demi cercle symbolise les cieux qui sont ouvert par un rayon, parfois on voit la main de Dieu. L’Esprit, sous forme de colombe, est porté par ce rayon de lumière qui vient du ciel. Ce rayon se divise habituellement en trois branches qui signifient les trois personnes de la Trinité.
Le Christ est immergé dans l’eau, il est debout dans le Jourdain. Mais le Jourdain n’est pas représenté sous forme d’une rivière ordinaire, mais comme une sorte de grotte remplie d’eaux. C’est comme un “tombeau liquide” entre des rochers fantastiques. Le Christ descend dans le Jourdain comme si il descendait aux enfers.
Jean baptiste impose la main sur la tête de Jésus pour faire venir sur lui l’Esprit saint. Il reprend le geste de l’officiant d’un baptême qui invoque l’Esprit saint par l’imposition des mains. Les anges, penchés dans une attitude de vénération, tiennent souvent les vêtements pour revêtir Jésus après le baptême.
L’icône exprime aussi l’action du Christ. Celui ci bénit souvent l’eau du Jourdain avec la main droite. Cette bénédiction sanctifie l’eau et les petits poissons qui sont dans le fleuve. Ceux-ci représentent les hommes qui seront baptisés. La bénédiction purifie aussi l’eau et chasse les serpents aquatiques qui s’enfuient. Parfois on voit dans l’eau le génie du fleuve qui verse de l’eau avec une cruche.
L’icône de l’Epiphanie représente symboliquement le baptême du Christ au Jourdain, et illustre également certains textes scripturaires concernant le rôle de l’eau comme instrument et de la création du monde, et du salut de l’humanité.
En la personne de Jésus-Christ, qui n’a pas connu le péché, le baptême n’est évidemment pas octroyé, comme dans notre cas ” pour la repentance “, ” en vue de la rémission des péchés” (Ac 2,38).
Traversant la croûte terrestre, le Christ pénètre dans un “tombeau liquide”, ce trou noir, lieu du “schéol” ou séjour des morts. Son baptême est essentiellement un passage dans la mort et la résurrection, comme le sera, à sa suite, notre propre baptême, ainsi que l’explique saint Paul : “Nous avons donc été ensevelis avec lui dans la mort par le baptême, afin que, comme Christ est ressuscité d’entre les morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie ” (Rom 6,4). De plus, l’entrée du Christ dans le Jourdain a déclenché une véritable Pentecôte personnelle, la première manifestation du Dieu trinitaire.
“Dans ton baptême au Jourdain, Seigneur, s’est manifestée l’adoration de la Trinité… “
On peut faire, de l’icône, d’abord une lecture verticale : la déchirure du ciel, toujours en arc de cercle, annonce le mouvement théophanique, la présence du Père qui désigne le Fils (”Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j’ai mis toute mon affection”, Mat 3, 18), et laisse filtrer le triple rayon, avec la colombe à mi-course, porteuse de l’amour du Père envers le Fils, comme de l’amour du Fils envers le Père. La colombe nous reporte au début de la Genèse, où l’Esprit se mouvait sur les eaux à l’aube de la création, tout comme ici, elle descend à l’aube de la création d’une humanité nouvelle.
Le baptême a des répercussions cosmiques : ” Le Christ est baptisé ; il sort de l’eau, et avec lui il relève le monde ” (hymne liturgique). Ce jour-là, se fait dans l’Eglise la grande bénédiction des eaux : mer, rivières, lacs, sans parler de l’eau que les fidèles emporteront chez eux pour la consommer à des occasions particulières.
Une lecture horizontale de l’icône est également possible. Elle part de la tête de saint Jean, qui résume à lui seul la présence de l’humanité. Le ” dernier des prophètes ” dut se faire violence (Mat 3, 14) pour accepter de baptiser celui dont il n’était pas digne de délier la courroie des souliers. A droite, le monde céleste et angélique, les trois anges aux mains voilées en signe d’adoration. Au milieu, enfin, le Christ, qui, d’un geste, bénit l’univers aquatique, au point de croisement, sur un plan horizontal, des mondes humain et angélique, et, vertical, du ciel, de la terre et de l’enfer. Tous les éléments de la création sont ainsi rassemblés, réunis, en vue de l’œuvre du salut.
D’après ” Lumière d’Orient ” Michel Evdokimov, Ed. Droguet et Ardant, Paris 1981
Les icônes de la Théophanie sont la reproduction fidèle des textes évangéliques relatant le baptême du Christ dans le Jourdain. Tout le dogme y est présent, évident.
L’Occident connaît la fête de l’Epiphanie, c’est-à-dire la manifestation, l’apparition de Dieu au monde dans la personne des rois mages. Pour l’Orthodoxie, l’Epiphanie serait plutôt la Nativité. Jusqu’au 4°siècle d’ailleurs, la Nativité et la Théophanie se célébraient en même temps (ce qui est encore le cas dans l’Eglise arménienne grégorienne). Ce témoignage de l’Eglise primitive est toujours présent dans l’Orthodoxie, car les douze jours séparant les deux fêtes apparaissent liturgiquement comme une seule solennité, une sorte d’extension du temps que les Russes nomment d’ailleurs sviatki - “les saints jours”. Pendant toute la durée de cette période, fait unique dans l’année liturgique, toute forme de jeûne ou de pénitence est abolie, y compris les mercredis et les vendredis. Cette unité est encore soulignée par la totale similitude de la structure liturgique des deux offices. Par Son baptême, c’est véritablement Dieu qui Se manifeste au monde, Dieu dans Sa plénitude, Un et Trine. « Dans Sa Nativité, le Fils de Dieu vint au monde de façon cachée, dans Son Baptême, Il apparaît de façon manifeste » (saint Jérôme). Ailleurs, saint Jean Chrysostome explique : « L’apparition n’est pas la fête de la Nativité, mais celle du Baptême. C’est par Son Baptême et non par Sa naissance qu’Il S’est manifesté au monde. Avant le Baptême, Il était inconnu du peuple ».
Décrivons cette icône : En haut, un demi-cercle symbolisant les cieux percés par un rayon par lequel descend la colombe et trois éclairs qui tombent en pluie sur la tête du Christ, nu, debout dans une rivière - le Jourdain - qui n’est, généralement, pas représenté sous forme de fleuve, mais comme une grotte. A gauche, sur la rive, le Précurseur et Baptiste Jean, vêtu de peaux de bêtes, impose la main sur la tête du Sauveur. A droite des anges, dont le nombre varie selon les icônes, dans les eaux du Jourdain deux personnages sont souvent représentés, le tout sur un fond de montagnes escarpées.
La signification en est double car, comme tout récit évangélique, comme toute parabole, cette icône présente une double lecture. Tout d’abord, et très simplement, c’est la figuration de la réalité du baptême comme condition essentielle du salut. Ce nouveau sacrement de l’Eglise néo-testamentaire est, en quelque sorte, “inauguré” par le Christ qui, en tant que Dieu, n’en avait, évidemment, pas besoin. Mais étant vrai Dieu et vrai Homme, Il assume Son humanité dans sa totalité et, en tant qu’Homme, Il nous montre - de façon quasi cathéchétique - par où l’homme doit passer pour obtenir le salut. Il est le salut et Il nous montre la voie du salut.
Inaugurant Sa mission sur terre par le mystère du Baptême, Il nous introduit dans le mystère de l’Eglise et nous montre la façon dont nous devons entrer dans la vie. Son exemple est un enseignement qu’Il nous lègue : par le mystère du Baptême, l’homme devient membre de l’Eglise et reçoit donc la possibilité du salut. Point de christianisme, point de vraie vie ni de salut en dehors de l’Eglise, et donc point de salut sans baptême. Mais tout “baptême” n’est pas pour autant salutaire : dès le III° siècle, Saint Cyprien de Carthage, un des plus grands Pères de l’Eglise et chantre de l’unité de l’Eglise, affirmait que “le baptême des hérétiques n’est que de l’eau vide”.
Notons qu’au début du christianisme, l’âge des chrétiens était souvent calculé, non à partir de leur naissance dans la chair, mais à partir du moment où ils naissaient à la grâce. A cette époque, le baptême s’effectuait à un âge adulte, il s’agissait de conversion. Ce fait explique que, dans certaines catacombes romaines, des tombes de chrétiens portent des âges enfantins qui ne correspondent pas aux dimensions du sarcophage : l’âge indiqué est leur âge dans l’Eglise et non celui dans la chair.
La deuxième signification est dogmatique : c’est la manifestation néo-testamentaire du dogme trinitaire tel que le confesse le tropaire de la fête qui suit fidèlement le texte évangélique. “Pendant Ton Baptême dans le Jourdain, O Christ, fut manifestée l’adoration due à la Trinité : car la voix du Père Te rendit témoignage en Te nommant le Fils bien-aimé et l’Esprit, sous forme de colombe, confirmait la vérité de cette parole. Christ-Dieu, qui es apparu et qui as illuminé le monde, gloire à Toi!”.
Cette fête est une manifestation néo-testamentaire de la Trinité, ce qu’illustre l’icône : du haut des cieux, le Père nomme Celui qui Se baptise dans le Jourdain Son Fils bien-aimé, et l’Esprit-Saint, sous forme de colombe, authentifie cette parole. C’est donc la participation distincte des trois hypostases du Dieu Unique à une scène donnée, d’où l’appellation de Théophanie attribuée à cette fête. C’est non seulement le Christ qui apparaît comme Dieu, mais la manifestation de la Trinité Divine.
La matérialisation de l’Esprit-Saint sous forme de colombe, est interprétée par les saints Pères comme une analogie avec l’apparition de la colombe portant un rameau d’olivier à la fin du déluge. L’analogie entre les deux événements est amplifiée du fait que, dans les deux cas, c’est l’élément aquatique qui lave les péchés du monde : l’eau est image de la mort-déluge d’une part, et source de vie d’autre part. La préfiguration vétéro-testamentaire trouve son explication et son aboutissement dans le baptême néo-testamentaire.
Cet Esprit-Saint qui descend sur le Christ, c’est aussi le mouvement du Père vers Son Fils, c’est aussi Dieu qui descend, qui couvre chaque homme de Sa protection. Ce que les théologiens nomment la “kénose” : l’abaissement, l’amoindrissement volontaire de Celui qui, étant Créateur, prend forme de créature, de Celui qui étant infini se circonscrit. Le Baptême, consécutif à la Nativité, est une étape de cette kénose qui se poursuivra par la mort en Croix, la descente en vainqueur dans les enfers et trouvera son aboutissement dans la Résurrection. Mourir avec le Christ pour ressusciter avec Lui, tel est le symbolisme de la triple immersion baptismale.
Sur certaines icônes, ce mouvement descendant peut être amplifié par le Christ qui incline Sa tête en signe d’humilité et d’acceptation, dans une attitude rappelant celle de la Vierge dans l’icône de l’Annonciation. Ce même mouvement descendant est également figuré par le saint Baptiste Jean - tout à la fois témoin, symbole et instrument - qui se penche sur Celui qu’il baptise, en reproduisant le geste sacramentel de l’officiant à chaque fois que celui-ci invoque l’Esprit par l’imposition des mains. Il s’agit là d’un procédé iconographique fréquent où l’on voit tout se plier, se conformer au souffle, au mouvement contenu et représenté par l’icône. Cela peut être observé, par exemple, dans l’icône de la Trinité de Roublev où l’on voit tout se plier, se conformer au souffle, au mouvement imprimé par la signification même du dogme exprimé : les personnages, les éléments, la nature, les montagnes même sont infléchis dans le sens de la composition.
Dieu étant entré dans les eaux du Jourdain, celles-ci se sont immédiatement sanctifiées. Mais si le Christ est vrai Dieu, Il est aussi vrai Homme et Son acte est avant tout didactique, comme à chaque fois où Il “inaugure” pour nous un sacrement. En effet, cette sanctification des eaux du Jourdain, et des eaux en général, s’effectue chaque année pour la Théophanie par le prêtre qui, invoquant l’Esprit-Saint procède à la grande bénédiction des eaux. Sur l’icône, le Christ-Dieu, Grand-Prêtre, bénit Lui-même de Sa main droite les eaux du Jourdain.
Le Baptême a été pour le Christ le premier acte de Sa vie publique, la naissance à une nouvelle vie, tout comme l’est le baptême pour tout chrétien qui reçoit ce sacrement.
L’icône de la Théophanie montre généralement un Jourdain très particulier. Ce n’est pas une rivière qui traverserait l’icône de part en part, mais une sorte de grotte, de caverne emplie d’eau, à l’intérieur de laquelle semble se tenir le Christ. A cela, deux significations :
Il existe une analogie frappante entre ce “Jourdain-grotte”, la grotte de Bethléem et le “trou noir” de l’enfer représenté sur l’icône pascale de la descente du Christ dans les enfers. Les eaux dans lesquelles entre le Christ lors de Son Baptême sont appelées “tombeau liquide” dans les écrits patristiques. Ce Baptême est donc une préfiguration de la mise au tombeau.
Ce procédé iconographique a, en outre, l’avantage de montrer que le Baptême doit s’effectuer par immersion (ce que signifie d’ailleurs étymologiquement le mot “baptême”) totale, ce qui est évidemment la seule pratique admise et reconnue par l’Eglise orthodoxe, quant à la validité de ce sacrement. Par cette immersion préfigurant la mise au tombeau, chaque chrétien recevant le baptême est appelé à la résurrection : “Ensevelis avec Lui dans le baptême, vous avez été dans le même baptême ressuscités avec Lui par votre foi en la puissance de Dieu, qui L’a ressuscité d’entre les morts” (Col 2, 12).
De plus, la triple immersion suivie de l’émersion lors du rite du baptême, symbolise tout à la fois les trois jours passés par le Christ au tombeau ainsi que cette descente aux enfers avec le Christ-vainqueur et la remontée avec Lui. La mort à l’ancienne vie et la naissance à une Vie nouvelle. Se dépouiller du vieil-homme pour revêtir l’Homme-Nouveau. Ce même symbolisme se retrouve dans les métanies si fréquemment pratiquées dans l’Orthodoxie, par lesquelles nous inclinons notre corps jusqu’à terre pour le relever vivement en signe de résurrection. Cela permet d’expliquer que la position à genoux, forme de piété traditionnelle en Occident, ne l’est pas dans l’Orthodoxie, et n’est pratiquée que dans des circonstances très précises.
Des poissons sont parfois représentés dans l’eau afin d’attester qu’il s’agit bien d’un élément aquatique. Certaines icônes représentent un ou deux petits personnages, dans l’eau, aux pieds du Christ. Des deux, l’homme, qui semble reculer sur lui-même, symbolise le Jourdain et la femme s’enfuyant symbolise la mer. Ces détails sont là en réponse à la préfiguration vétéro- testamentaire: La mer le vit et s’enfuit, le Jourdain retourna en arrière ! (Ps 114, 3). Ce verset est d’ailleurs repris en guise de prokimenon dans la célébration des matines de la fête. La traversée de la Mer Rouge était elle aussi une préfiguration du baptême.
Enfin, sur la rive se tiennent des anges, dont le nombre varie selon les icônes. Les évangiles n’en parlent pas, les textes liturgiques les mentionnent sans préciser leur rôle. Sans doute est-ce d’assister le Christ dans leur fonction habituelle de prière et de doxologie. Sur certaines icônes, ils ont un rôle qui pourrait s’apparenter à celui des diacres. Ils tiennent dans leurs mains les vêtements qui serviront à habiller le baptisé. Plus souvent, ils tiennent simplement leurs mains tendues couvertes par leur propre vêtement.
Cette coutume de se couvrir les mains devant un objet sacré, de ne jamais le toucher avec les mains nues, est une constante en iconographie. Ainsi, un des attibuts d’un saint évêque est de tenir sur sa poitrine le livre des Evangiles, qu’il tient de ses mains toujours couvertes par son étole. C’est ainsi, d’ailleurs, que le prêtre porte lui-même une icône ou le livre des Evangiles. Pour cette même raison, lors d’une procession, les fidèles ne doivent jamais porter une icône les mains nues, mais toujours couvertes d’un linge. Suivant le professeur Léonid Ouspensky, assurément le plus grand iconologue contemporain, cette tradition proviendrait d’une coutume existant à la cour de Byzance, selon laquelle les objets transmis à, ou par, l’empereur devaient l’être, en signe de respect, les mains couvertes, … à moins que l’étiquette impériale n’ait imité la norme liturgique.
Certaines icônes, enfin, représentent une hache posée au pied d’un arbre sur la rive.«Déjà la cognée est à la racine des arbres;tout arbre qui ne porte pas de bon fruit sera coupé et jeté au feu »(Mat 3,10 et Luc 3,9). Ce thème est repris dans les offices de l’avant-fête de la Théophanie.
En résumé, cette icône, de même que celles de toutes les grandes fêtes de l’année liturgique, est d’une insondable richesse d’enseignements dogmatique et pratique. Lors de la fête de la Théophanie, ainsi qu’à chaque baptême, l’Eglise chante avec allégresse : “Vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu le Christ”. Le baptême confère la nature d’incorruptibilité du Christ, il lave l’homme de son iniquité afin de lui permettre de revêtir cette nouvelle nature.
“Dieu s’est fait homme, afin que l’homme puisse devenir dieu”, formule fréquemment employée par de nombreux saints Pères. Cela est suggéré de façon manifeste sur l’icône : les cieux s’ouvrent car la désobéissance d’Adam les avaient fermés, pour lui et pour toute l’humanité. La venue du Christ et tout Son ministère ont pour finalité de “réouvrir” pour l’homme l’accès au Royaume de Dieu. Dorénavant, l’homme peut réintégrer sa patrie céleste. Iconographiquement, cette “réouverture” est exprimée par le demi-cercle (les cieux, le Paradis) en haut de l’icône percé par un rayon unique (Dieu Un) qui se scinde en trois rayons (Dieu Trine). Similitude totale avec l’icône de la Nativité, sauf que dans un cas c’est une étoile, dans l’autre une colombe, qui sont à l’origine du triple rayon. Ces cieux qui se déchirent sont comme une digue qui cède : il n’y a plus de barrière entre le Ciel et la Terre. C’est ce même symbolisme que confesse l’Eglise en ouvrant les portes royales de l’iconostase à certains moments de la célébration, et tout spécialement lors de la nuit pascale où toutes les portes sont ouvertes et le restent durant toute la semaine lumineuse, permettant, en quelque sorte, une osmose totale entre le Ciel (sanctuaire) et la Terre (nef).
«L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’Il m’a oint pour annoncer la bonne nouvelle, pour annoncer aux captifs la délivrance» (Luc 4, 18 et Is 61,1-2 et Is 63,6). Pour commencer Son ministère, le Christ a attendu que l’Esprit soit sur Lui. C’est Sa “pentecôte personnelle” : de même que les apôtres n’ont réellement entamé leur ministère apostolique qu’après que l’Esprit-Saint, sous forme de langues de feu, fut descendu sur eux. Ce symbolisme est loin de n’avoir qu’un aspect historique: c’est également la préfiguration de l’imposition des mains et l’invocation de l’Esprit sur toute personne recevant le ministère du sacerdoce pour qui c’est, de même, une “pentecôte personnelle”. De façon encore plus large, toute fonction à l’intérieur de l’Eglise ne peut se réaliser qu’après l’obtention de la grâce de l’Esprit par la bénédiction.
Enfin, saint Jean Damascène note que l’onction ou chrismation (le Christ est l’Oint du Seigneur) fait suite au baptême proprement dit, c’est-à-dire à la triple immersion. Le grand héraut de l’icône fait remarquer qu’à la fin du déluge c’est une colombe (Saint-Esprit) qui portait un rameau d’olivier, d’où est tirée l’huile pour l’onction (Exposé précis de la Foi orthodoxe, Livre IV, chap. 9). Nous avons donc là, une préfiguration vétéro-testamentaire de plus qui trouve sa signification dans le Nouveau Testament.
Protodiacre Germain Ivanoff-Trinadtzaty
Mardi 30/12
Lundi 29/12
Dimanche 28/12
Plusieurs messages pour la Nativité ont été mis en ligne : celui de Mgr Joseph (pdf), de Mgr Emmanuel, de Mgr Gabriel , de Mgr Jean, de Mgr Innocent.
Joignez vous tous à moi pour souhaiter un très bon anniversaire et de très longues années à notre recteur p. Georges.
Chant de Noël interprété par p. Iulian (Nistea), traduit du roumain par Bogdan Zaman, Constantin Zaman et Mariana Morariu, adapté par la suite par le diacre Jean Boboc.
A Bethléem, saint endroit,
Le ciel s’illumina.
La Vierge
Met au monde le Divin Roi.
Dans l’étable Il naquit
Notre Christ, l’Enfant béni.
Ô, Vierge,
Doucement elle pleure ainsi.
Ni couffin pour Le border,
Ou tenue pour L’habiller,
La Vierge
N’a pour le bon Prince sacré.
Notre Mère, ne pleure plus,
D’un trousseau en toile, doux,
Ô, Vierge,
Le Christ sera vêtu.
Le ciel est son berceau,
L’amour l’habit le plus beau,
Ô, Vierge,
Pour le Christ, Epoux-Dieu.
“La Betleem” (”La Vifleem”) - chant de Noël roumain, interpreté par Marian Moise, moine du Mont Athos.
Samedi 27/12
Dimanche 28 décembre 2008, notre recteur p. Georges célèbrera à Sucy-en-Brie :
Après la liturgie nous nous retrouverons pour un café.
Retrouvez l’ordo du dimanche ci-après :
Dimanche 28 décembre 2008, dimanche après la Nativité,
saint Joseph le Juste, saint prophète et roi David, saint Jacques, Frère du Seigneur,
les 20000 martyrs de Nicomédie. Ton 3.
Typiques et Béatitudes avec versets des odes 4 et 5 de la Fête
Tropaire de la Résurrection, t. 3 : Que les cieux se réjouissent !+ Que la terre exulte d’allégresse !+ Car le Seigneur a fait merveille par la force de son bras,/ terrassant la mort par sa propre mort et devenant d’entre les morts le Premier-né !// Du sein de l’Enfer, Il nous a tous sauvés,/ accordant au monde la grâce du salut.//
Tropar Învierii, glas 3: Să se veselească cele cereşti şi să se bucure cele pământeşti! Că a făcut biruinţă cu braţul Său Domnul, călcat-a cu moartea pe moarte, Cel Întâi-născut din morţi S-a făcut; din pântecele iadului ne-a mântuit pe noi şi a dat lumii mare milă.
Tropaire de la Nativité en ton 4 : Ta naissance, ô Christ notre Dieu, a fait resplendir dans le monde la lumière de l’intelligence. Ceux qui servaient les astres sont instruis par l’astre de t’adorer Soleil de justice, et te contempler, Orient venant des hauteurs : Seigneur, gloire à toi !
Tropaire des saints en ton 2 : Annonce, Joseph, la bonne nouvelle à David,+ à l’ancêtre de Dieu les merveilles dont tu fus le témoin:/ sous tes yeux une vierge a enfanté ;// avec les mages tu t’es prosterné ;+ avec les pâtres tu as rendu gloire au Seigneur,/ et par l’ange tu fus averti. Prie le Christ notre Dieu de sauver nos âmes !// Gloire…
Kondakion des saints en ton 3 : Le saint roi David est comblé d’allégresse en ce jour,/ et Jacques offre sa louange avec Joseph.// Ayant reçu couronne dans la parenté avec le Christ,+ ils se réjouissent et chantent celui qui sur terre est né de merveilleuse façon,/ et s’écrient : Sauve dans ton amour ceux qui célèbrent ton Nom !// Et maintenant…
Kondakion de la Nativité en ton 3 : La Vierge aujourd’hui met au monde l’Eternel, / et la terre offre une grotte à l’Inaccessible!// Les anges et les pasteurs le louent, / et les mages avec l’étoile s’avancent.// Car Tu es né pour nous, Enfant nouvelet, Dieu pré éternel !
Prokiménon dominical, t. 3: Chantez pour notre Dieu, chantez !/ chantez pour notre roi, chantez !// V/ : Tous les peuples, battez des mains ! Acclamez Dieu en éclats de joie !, et des saints, t. 4 : Le Seigneur est admirable dans ses saints, Lui, le Dieu d’Israël ! V : Bénissez Dieu dans les assemblées ! Bénissez le Seigneur Dieu en puisant aux sources d’Israël !
Epître : Gal 1, 11-19.
Frères, la Bonne nouvelle (l’Evangile) que j’annonce n’est pas une invention humaine. Je ne l’ai pas reçue d’un homme et personne ne me l’a enseignée, mais c’est Jésus-Christ qui me l’a révélée.
Vous avez entendu parler de la façon dont je me conduisais quand j’étais attaché à la religion juive. Vous savez comment je persécutais avec violence l’Eglise de Dieu et m’efforçais de la détruire. Je surpassais bien des compatriotes juifs de mon âge dans la pratique de la religion juive ; j’étais beaucoup plus zélé qu’eux pour les traditions de nos ancêtres.
Mais Dieu, dans sa grâce, m’a choisi avant même que je ne naisse et m’a appelé à le servir. Et quand Il décida de me révéler son Fils pour que j’annonce aux non-Juifs la Bonne nouvelle qui le concerne, je ne suis allé demander conseil à personne et je ne me suis pas non plus rendu à Jérusalem pour voir ceux qui furent apôtres avant moi ; mais je suis parti aussitôt pour l’Arabie, puis je suis retourné à Damas. C’est trois ans plus tard que je me suis rendu à Jérusalem pour faire la connaissance de Pierre, et je suis resté deux semaines avec lui. Je n’ai vu aucun autre apôtre, mais seulement Jacques, le frère du Seigneur.
Alléluia dominical, t. 4 : Souviens-Toi, Seigneur, de David et de toute sa douceur. V/ : A David, le Seigneur l’a promis en vérité, jamais Il ne s’écartera de son serment : C’est le fruit de tes entrailles que Je mettrai sur ton trône.
Evangile :Matt 2, 13-23
En ce temps-là, après le départ des mages, voici que l’Ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : « Lève-toi ! Prends avec toi l’enfant et sa mère, et fuis en Egypte ; restes-y jusqu’à nouvel ordre, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr. » Joseph se leva, prit avec lui l’enfant et sa mère, de nuit, et se retira en Egypte. Il y resta jusqu’à la mort d’Hérode, pour que s’accomplît ce qu’avait dit le Seigneur par le prophète : D’Egypte, J’ai appelé mon fils. Alors Hérode, se voyant joué par les mages, entra dans une grande fureur et envoya tuer, dans Bethléem et tout son territoire, tous les enfants jusqu’à deux ans, d’après l’époque qu’il s’était fait préciser par les mages. Alors s’accomplit ce qui avait été dit par le prophète Jérémie : Une voix dans Rama s’est fait entendre, des pleurs et une longue plainte : c’est Rachel qui pleure ses enfants et ne veut pas être consolée, parce qu’ils ne sont plus. Après la mort d’Hérode, l’Ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph en Egypte, et lui dit : « Lève-toi ! Prends avec toi l’enfant et sa mère, et mets-toi en route pour la terre d’Israël ; car ils sont morts, ceux qui en voulaient à la vie de l’enfant. » Joseph se leva, prit avec lui l’enfant et sa mère, et il entra dans la terre d’Israël. Mais, apprenant qu’Archélaüs régnait sur la Judée à la place de son père, il eut peur de s’y rendre ; et divinement averti en songe, il se retira dans la région de Galilée et vint habiter une ville appelée Nazareth, pour que s’accomplît ce qui avait été dit par les prophètes : Il sera appelé Nazôréen.
In vremea aceea, dupà plecarea magilor, iatà îngerul Domnului se aràtà în vis lui Iosif, zicând : « Scoalà-te, ia Pruncul si mama Lui si fugi în Egipt si stai acolo pânà ce-ti voi spune, fiindcà Irod are sà caute Pruncul ca sà-L ucidà. » Si sculându-se, a luat, noaptea, Pruncul si pe mama Lui si a plecat în Egipt. Si au stat acolo pânà la moartea lui Irod, ca sà împlineascà cuvântul spus de Domnul, prin proorocul : « Din Egipt am chemat pe Fiul Meu ». Iar când Irod a vàzut cà a fost amàgit de magi, s-a mâniat foarte si, trimitând a ucis pe toti pruncii care erau în Betleem si în toate hotarele lui, de doi ani si mai în jos, dupà timpul pe care îl aflase de la magi. Atunci s-a împlinit ceea ce se spusese prin Ieremia proorocul : « Glas în Rama s-a auzit, plângere si tânguire multà ; Rahela îsi plânge copii si nu voieste sà fie mângîiatà pentru cà nu sînt ». Dupà moartea lui Irod, iatà cà îngerul Domnului s-a aràtat în vis lui Iosif, în Egipt, si i-a zis : « Scoalà-te, ia Pruncul si pe mama Lui si mergi în pàmântul lui Israel, càci au murit cei ce càutau sà ia sufletul Pruncului ». Iosif, sculându-se, a luat Pruncul si pe mama Lui si a venit în pàmântul lui Israel. Si auzind cà domneste Arhelau în Iudeea, în locul lui Irod, tatàl sàu, s-a temut sà meargà acolo si, luând poruncà, în vis, s-a dus în pàrtile Galileii. Si venind a locuit în orasul numit Nazaret, ca sà împlineascà ceea ce s-a spus prin prooroci, cà Nazarinean se va chema.
Mégalynaire de la Fête en ton 1 : Magnifie, ô mon âme, celle qui est plus glorieuse et plus vénérable que toutes les puissances des cieux ! Je vois un mystère étonnant qui dépasse l’entendement : une grotte est devenue le ciel et la Vierge remplace le trône des chérubins ; la crèche est la demeure où repose le Christ, notre Dieu infini que nous chantons et magnifions !
Koinonikon du dimanche (« Louez le Seigneur… ») et des saints, t. 3 : Justes, réjouissez-vous dans le Seigneur ! Aux cœurs droits convient la louange ! Alléluia !
Au lieu de « Nous avons vu la vraie lumière », on chante le tropaire de la Fête.
Vendredi 26/12 Ni jeûne, ni abstinence
No. 338/2008
† Le Métropolite Joseph
Le cœur pur, crêche où naît aujourd’hui le Christ
Révérends Pères,
Chers fidèles,
«Nous avons vu, en effet, son astre à son lever et sommes venus lui rendre hommage.» (Matt 2, 2)
C’est avec ces paroles que les trois rois mages venant de l’Orient ont accueilli le roi Hérode, contrarié par leur présence dans cette Judée si éloignée de leurs lieux d’origine. Même loin du peuple qui L’accueillait, au sein duquel allait naître le Fils de Dieu, le Messie tant attendu, le Sauveur du monde, voici que nombreux étaient ceux qui de par le monde connaissaient et attendaient un Sauveur de l’humanité. Le Mystère de la naissance du Messie d’une Vierge, du «devenir homme» du Fils de Dieu dans le Bethléem de Judée, était dévoilé à ces hommes si étrangers à Sa loi. Etrangers et non initiés aux choses du Vrai Dieu, il s’est avéré que les rois de l’Orient ont cherché la vérité avec un cœur pur durant toute leur vie, et Dieu les a récompensés, parce qu’Il leur a donné non seulement de savoir la Vérité, mais de La rencontrer, de L’adorer. Même s’ils venaient de loin aussi dans leur recherche de la vérité, le Christ, le Verbe de Dieu, Se révèle à eux et éclaire leur voie jusqu’à la crèche de Bethléem, parce que dans leur recherche ils désiraient d’un cœur pur trouver et connaître Dieu tel qu’Il est en vérité. C’est pourquoi leurs actions sont inscrites dans l’Evangile: ainsi, les rois de l’Orient nous conduisent à présent nous aussi à la crèche de Bethléem, et de là à la crèche qui se trouve au-dedans de nous, là où le Christ veut être accueilli, pour naître et nous donner naissance, dans le cœur pur! Ils nous encouragent à ne pas oublier que, tout éloignés que nous soyons du Christ, si nous Le cherchons avec un cœur pur, nous Le trouverons, parce que c’est Lui-même qui nous guide.
Voici comment les rois mages eux-mêmes, écoutant la voix de leur conscience et ne considérant pas leur vie plus importante que la Vérité devant les menaces d’Hérode, témoignent de la vraie Lumière du monde, «… qui éclaire tout homme qui vient dans le monde» (Jean 1, 7-9). En toute confiance, ils se sont mis au service de la Lumière qui est venue dans le monde et vers laquelle en toute confiance ils se dirigeaient. Voici la Lumière du monde, dont parle le saint Evangéliste Jean, Qui vient en toute douceur, sous le visage d’un Enfant né dans la crèche, vu et accueilli mystérieusement par les ordres des anges, par les bergers, les rois mages de l’Orient et par les bêtes, et qui aujourd’hui cherche aussi sa demeure dans notre cœur. L’étoile éclaire, cherchant la voie vers chaque cœur qui veut accueillir le Fils d’en haut, le Sauveur. Pour chaque âme c’est à nouveau l’accomplissement des temps, lorsque «Dieu envoie son Fils né d’une femme…» (Gal 4, 4-5) afin que par Lui nous devenions aussi des fils, «… nous recevions l’adoption» (Gal 4, 5). Maintenant le Christ attend qu’Il soit aussi accueilli dans notre cœur par le Saint Esprit, qui nous aide à reconnaître le Fils, appeler Dieu Père. Il fait de nous des fils adoptifs, Il prépare nos cœurs pour L’accueillir et pour que le Fils puisse naître en nous. «A l’Eternel appartient la terre et ce qu’elle renferme, le monde et ceux qui l’habitent», tout Lui appartient, le ciel et la terre, mais le Seigneur veut Se reposer, Il veut une crèche, il veut la chaleur du cœur de celui pour qui aujourd’hui un Enfant naît. Dans le cœur de l’homme Dieu peut et veut demeurer, par le Saint Esprit. Par le Saint Esprit le Christ cherche à présent dans nos cœurs une demeure pour naître. C’est Sa véritable demeure, le cœur pur, le cœur immaculé.
Notre cœur ne peut pas rester vide, il se remplit toujours de quelque chose: «d’enfer, de monde ou de Dieu». Lorsqu’Adam et Eve ont détourné leurs cœurs de Dieu par la désobéissance, ils se sont remplis d’enfer et de monde, ils sont devenus esclaves du péché et des faiblesses humaines et de la mort. Cependant Dieu ne nous a pas abandonné dans cet état, mais nous a donné un signe de son amour sans bornes, Sa venue parmi nous. Sur le cœur de la Vierge Marie, Sa Mère, la Nouvelle Eve, le Fils d’en haut, le Seigneur Dieu, le Créateur du ciel et de la terre a incliné Sa tête, pour écouter les battements du cœur de toute l’humanité qui criait pour être sauvée; pour dire à l’homme terrassé par le péché et par la mort qu’Il veut être accueilli dans son cœur pour le sauver. Le Fils de Dieu veut notre cœur qui n’a pas oublié que jadis il reflétait le Ciel, qui était le miroir de la splendeur de Dieu, «qui était jadis dans le Paradis entre Ses mains, en dehors de tout danger» de la mort.
En ce jour, le Christ fait Sa demeure dans nos cœurs à chaque fois que nous L’accueillons, en les éclairant, en les purifiant, en les remplissant de la gloire divine. C’est pourquoi nous Le désirons et nous L’appelons à incliner Sa tête sur les battements de nos cœurs souillés, éloignés et dissipés dans les désirs des choses de ce monde, afin d’arriver à Le voir tel qu’Il est.
Bien aimés frères dans le Seigneur,
Dans notre vie de tous les jours nous avons aussi besoin d’un cœur pur où le Christ Se reflète afin d’accueillir et d’aimer notre frère. «Lorsqu’un cœur impur parle à un autre cœur impur, c’est la division… Mais lorsque deux cœurs purs se parlent, c’est la joie, la paix, c’est un grand miracle.» N’oublions pas que le Christ nous aime par-dessus tout et nous demande la même chose, d’aimer. Mais comment y arriverons-nous sans Son aide?
Remercions le Père céleste pour le don qu’Il a fait au monde par la Naissance de la Vierge de son Fils dans la cité de Bethléem, rendons grâce pour l’amour dont Il nous assiste et prions-Le de nous aider à Le CHERCHER AVEC UN CŒUR ENTIER et à dire avec le bienheureux Augustin: «Par Lui Seigneur Tu nous as cherchés lorsque nous ne Te cherchions pas, mais Tu nous as cherchés pour que nous puissions aussi commencer à Te chercher».
Que le Fils de Dieu aujourd’hui né dans la crèche vous donne des Fêtes pleines de joie, de dons célestes que vous puissiez partager avec ceux que vous aimez, à la gloire de Dieu.
† Le Métropolite Joseph
Paris, La Nativité du Seigneur 2008
Vidéo trouvée grâce à l’excellent blog Vox Terrae - Vox Angelorum.
Mercredi 24/12
C’est une Fête :
Tropaire de Noël :
Kondakion :
C’est un mystère de Dieu fait homme :
Les Mages :
A la Nativité :
A la Nativité :
Dans les Evangiles
Deux évangélistes seulement firent la narration de la Nativité de Jésus :
Matthieu (2, 1-12)
2 et dirent: Où est le roi des Juifs qui vient de naître? car nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus pour l’adorer.
3 Le roi Hérode, ayant appris cela, fut troublé, et tout Jérusalem avec lui.
4 Il assembla tous les principaux sacrificateurs et les scribes du peuple, et il s’informa auprès d’eux où devait naître le Christ.
5 Ils lui dirent: A Bethléhem en Judée; car voici ce qui a été écrit par le prophète:
6 Et toi, Bethléhem, terre de Juda, Tu n’es certes pas la moindre entre les principales villes de Juda, Car de toi sortira un chef Qui paîtra Israël, mon peuple.
7 Alors Hérode fit appeler en secret les mages, et s’enquit soigneusement auprès d’eux depuis combien de temps l’étoile brillait.
8 Puis il les envoya à Bethléhem, en disant: Allez, et prenez des informations exactes sur le petit enfant; quand vous l’aurez trouvé, faites-le-moi savoir, afin que j’aille aussi moi-même l’adorer.
9 Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici, l’étoile qu’ils avaient vue en Orient marchait devant eux jusqu’à ce qu’étant arrivée au-dessus du lieu où était le petit enfant, elle s’arrêta.
10 Quand ils aperçurent l’étoile, ils furent saisis d’une très grande joie.
11 Ils entrèrent dans la maison, virent le petit enfant avec Marie, sa mère, se prosternèrent et l’adorèrent; ils ouvrirent ensuite leurs trésors, et lui offrirent en présent de l’or, de l’encens et de la myrrhe.
12 Puis, divinement avertis en songe de ne pas retourner vers Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.
Luc (2, 1-20)
2 Ce premier recensement eut lieu pendant que Quirinius était gouverneur de Syrie.
3 Tous allaient se faire inscrire, chacun dans sa ville.
4 Joseph aussi monta de la Galilée, de la ville de Nazareth, pour se rendre en Judée, dans la ville de David, appelée Bethléhem, parce qu’il était de la maison et de la famille de David,
5 afin de se faire inscrire avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte.
6 Pendant qu’ils étaient là, le temps où Marie devait accoucher arriva,
7 et elle enfanta son fils premier-né. Elle l’emmaillota, et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie.
8 Il y avait, dans cette même contrée, des bergers qui passaient dans les champs les veilles de la nuit pour garder leurs troupeaux.
9 Et voici, un ange du Seigneur leur apparut, et la gloire du Seigneur resplendit autour d’eux. Ils furent saisis d’une grande frayeur.
10 Mais l’ange leur dit: Ne craignez point; car je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera pour tout le peuple le sujet d’une grande joie:
11 c’est qu’aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur.
12 Et voici à quel signe vous le reconnaîtrez: vous trouverez un enfant emmailloté et couché dans une crèche.
13 Et soudain il se joignit à l’ange une multitude de l’armée céleste, louant Dieu et disant:
14 Gloire à Dieu dans les lieux très hauts, Et paix sur la terre parmi les hommes qu’il agrée!
15 Lorsque les anges les eurent quittés pour retourner au ciel, les bergers se dirent les uns aux autres: Allons jusqu’à Bethléhem, et voyons ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître.
16 Ils y allèrent en hâte, et ils trouvèrent Marie et Joseph, et le petit enfant couché dans la crèche.
17 Après l’avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été dit au sujet de ce petit enfant.
18 Tous ceux qui les entendirent furent dans l’étonnement de ce que leur disaient les bergers.
19 Marie gardait toutes ces choses, et les repassait dans son cÏur.
20 Et les bergers s’en retournèrent, glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, et qui était conforme à ce qui leur avait été annoncé.
SECONDE CENTURIE SUR LA THEOLOGIE ET L’ECONOMIE DU FILS DE DIEU INCARNE
Saint Maxime le Confesseur
St Maxime, un moine du VI ème siècle, fêté le 13 août, illustre par la profondeur de son expérience spirituelle et les oeuvres théologiques qu’il en tira (la Mystagogie, le Livre ascétique, etc…), lutta avec énergie contre l’hérésie du monothélisme , et fut pour cela persécuté, succombant en exil après avoir eu la langue et la main droite tranchées.Mais ce que sa main a écrit, ce que sa langue a prononcé, l’Eglise l’a précieusement conservé, et les textes qui suivent en témoignent: ils sont tirés d’une Centurie (groupe de cent paragraphes) consacrée au salut de l’homme par le Verbe et éclairent d’une façon particulière certains passages des Ecritures. Les sous-titres ont été ajoutés.
XI Le grain de senevé. Le grain de senevé est le Seigneur, par la foi en l’Esprit semé dans les coeurs de ceux qui Le reçoivent et celui qui Le cultive avec application par les vertus déplace la montagne du sentiment terrestre en repoussant son habitude, difficile à mouvoir, de vie dans le mal, et il fait venir se reposer en lui les principes des commandements et leurs modes, ou aussi bien les puissances divines, comme des oiseaux du ciel (Mat.XIII, 31) .
XXVII Crucifixion et Résurrection. Si le Verbe de Dieu a été crucifié pour nous à cause de notre faiblesse et s’est redressé par la puissance de Dieu, continuellement sans doute il accomplit et souffre cela pour nous, devenant tout pour tous, afin de sauver tous. C’est donc à bon escient que le divin apôtre , pour les Corinthiens , compte tenu de leur faiblesse, juge bon ne rien savoir si ce n’est le Christ, et celui-ci crucifié (1Cor.II, 2).Mais il écrit aux Ephesiens, compte tenu de leur perfection , que Dieu nous a ressuscités et placés ensemble dans les cieux en Jésus-Christ (Eph.II, 6), disant qu’à chacun, selon la puissance correspondante, se donne le Verbe de Dieu. Il est crucifié certes pour ceux qui débutent encore dans la vie pratique pour acquérir la piété, en clouant leurs activités soumises aux passions au moyen de la crainte de Dieu.Il se redresse et s’élève aux cieux pour ceux qui ont complètement dépouillé le vieil homme corrompu par le désir de la faute (Eph, IV, 22-24), qui ont complètement revêtu le nouvel homme créé par l’Esprit à l’image de Dieu, et qui sont auprès du Père de la grâce présente en eux, au-dessus de toute domination, de toute autorité, de toute puissance, de toute dignité, de tout nom qui se peut nommer, non seulement dans le siècle présent, mais encore dans le siècle à venir (Eph.I, 21). Car tout ce qui est après Dieu, choses, noms et dignités, sera soumis à celui qui sera en Dieu par la grâce.
XXX Membre du Christ. Tant que je suis, moi, imparfait et insoumis, n’obéïssant pas à Dieu par la pratique des commandements et ne devenant pas parfait en esprit par la connaissance, le Christ aussi sera, selon ma condition, considéré comme imparfait et insoumis à cause de moi.Car je l’amoindris et je le mutile en ne croissant pas avec Lui en esprit , alors que je suis en partie corps et membre du Christ.
LVI Communion. Celui qui prie de recevoir le pain substantiel , ne le prend pas tout entier totalement tel qu’est le pain mais tel que, le recevant, il le puisse recevoir.Car le Pain de vie se donne lui-même à tous, comme ami de l’homme, mais non de la même façon à tous.A ceux qui ont accompli de grandes oeuvres de justice, il se donne davantage.A ceux qui leur sont inférieurs, moins. A chacun selon ce que sa dignité en intelligence permet de recevoir.
XCI Le Royaume proche. La phrase le royaume des cieux est proche (Mt.III, 3) ne désigne pas, je pense, un rétrécissement temporel.Car il ne vient pas de manière à se faire observer; on ne dira point “il est ici” ou “il est là” (LucXVII, 20).Mais elle désigne la relation elle-même qu’ont par tempérament ceux qui en sont jugés dignes.Le royaume des cieux, dit-il en effet, est au milieu de vous.(Ibid.21)
XCII Vie en Christ. Le royaume de Dieu le Père est en puissance dans tous les croyants, et en acte dans ceux qui ont totalement écarté de leur tempérament toute vie selon la nature de l’âme et du corps, qui ne possèdent plus que celle de l’esprit et peuvent dire:Si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi. (Ga.II, 20)
XCVII Garde des pensées.Il nous faut être non seulement les meutriers de nos passions corporelles, mais aussi les destructeurs des réflexions passionnées dans l’âme, selon celui qui dit saintement : Dès le matin je faisais périr tous les pécheurs de la terre, afin d’exterminer de la cité du Seigneur tous ceux qui commettent l’iniquité(Ps.C, 8), c’est à dire les passions du corps et les réflexions de l’âme qui sont iniques.
Premier commentaire sur l’icône de la Nativité
Le Christ naît – glorifiez-Le !
Voici, tu as terminé le puzzle et reconstitué l’image. Cette image, tu le sais, illustre la naissance de Jésus. C’est l’Icône de la Nativité. A sa
manière elle raconte tout ce qui s’est passé au moment où Jésus est né. C’est pourquoi nous allons bien la regarder et la lire comme on lirait un livre. Commençons par le centre. On voit un petit enfant immobile, un nouveau-né, emmailloté et couché dans une mangeoire. Cette mangeoire évoque ici un tombeau. Pourquoi ? C’est une question à laquelle nous tacherons de répondre. Mais continuons notre découverte. Autour de la tête du nouveau né il y a une auréole et sur cette auréole, en regardant bien, tu verras trois marques : l’une en haut et deux de chaque côté qui forment avec l’axe du visage de l’enfant l’image de la Croix. On dit que c’est une auréole « crucifère » et c’est à cette auréole que l’on reconnaît Jésus. Le petit enfant couché dans la mangeoire n’est donc pas n’importe quel petit bébé. C’est Jésus le Fils de Dieu qui s’est fait homme, celui qu’on appelle aussi Emmanuel ce quoi veut dire en hébreu « Dieu est avec nous ». « Voici : la jeune fille est enceinte Et va enfanter un fils Qu’elle appellera Emmanuel » !
C’est avec ces mots que le prophète Isaïe a annoncé le mystère de la naissance de Jésus. Tout près de la mangeoire se tiennent deux animaux : le boeuf et l’âne. Il est normal qu’il y ait des animaux puisque Jésus a été couché dans une crèche. Néanmoins, depuis les temps les plus anciens on représente toujours ces deux animaux comme étant le boeuf et l’âne car il est écrit dans Isaïe : « le boeuf reconnaît son bouvier et l’âne la crèche de son maître ». Cela signifie que ces animaux reconnaissent l’enfant Dieu dans le petit bébé couché dans la crèche et par leur attitude humble et attentive ils se soumettent à lui.
La crèche se trouve à l’intérieur de la grotte, c’est à dire en fait près du bord de l’anfractuosité des rochers, plongée dans le noir absolu. Cette représentation n’est pas fortuite. Elle est symbolique, c’est à dire qu’elle a une signification au-delà de ce qui est visible. Le noir signifie évidemment les ténèbres. Et les ténèbres c’est aussi le mal, l’enfer. Mais ces ténèbr