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Publié: 28 juillet 2008, 10:10am PDT
En toi, ô pleine de grâce, se réjouissent la création tout entière, les hiérarchies angéliques et la race humaine. Ô temple sanctifié, ô
jardin spirituel, ô gloire virginale, en toi Dieu a pris chair, en toi il est devenu petit enfant, Lui, notre Dieu d'avant les siècles. De tes entrailles, il a fait un trône. Il l'a rendu plus
vaste que les cieux. Ô comblée de grâce, en toi, toute la création tressaille d'allégresse.
Voici le doxastikon à la Vierge de la Liturgie de saint Basile (qui est chanté à la place de l'Axion estin). Il s'agit également d'un enregistrement amateur réalisé
avec la tenue de l'ison par mes stagiaires... Il a été composé par Maximos Fahmé et figure également (interprété par lui-même) dans son anthologie : "Hymnes Byzantines d'Orient".
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Publié: 28 juillet 2008, 9:23am PDT
Dans le cadre du Festival de Conques (12 320) l'ensemble Organum de Marcel Pérès donnera un concert de chant
Vieux-Romain (liturgie ancienne de l'Eglise de Rome) en l'Abbatiale de Conques, ce mardi 29 juillet 2008 à 21 heures :
"Chant Vieux-Romain - les quatre messes de la nativité"
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Publié: 27 juillet 2008, 7:37am PDT
L'Ange du Seigneur dit à la Vierge comblée de grâce : Vierge sainte réjouis-toi, réjouis-toi et ne pleure plus. Ton Fils est
ressuscité du tombeau le troisième jour !
Illumine-toi, illumine-toi Nouvelle Jérusalem, car la gloire du Seigneur a resplendi sur toi. Exulte, danse dans l'allégresse, Fille de Sion ; réjouis-toi, Mère de Dieu, en ce jour de la
résurrection de ton Fils.
Voici l'hirmos de Pâques : Innal malaka (O Anguelos evoa, en grec) chanté par moi-même en arabe. L'enregistrement a été réalisé avec la tenue
de l'Ison (bourdon vocal) par mes stagiaires à Moissac. C'est un enregistrement amateur.
La composition musicale est l'oeuvre de Maximos Fahmé. Cette pièce figure, enregistrée par lui-même, dans l'Anthologie qui vient de sortir aux éditions Psalmus : Hymnes Byzantines
d'Orient.
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Publié: 26 juillet 2008, 3:17pm PDT
Il nous faut entrer maintenant dans ce regard de contemplation, ce regard de compassion de la Mère de Dieu, posé sur
la blessure du Coeur de l'Agneau. Nous avons donné un enseignement sur Le mystère de l'Agneau dans un précédent article
(17/04/2006). Ceux qui le souhaitent peuvent également aller le consulter en cliquant sur le lien.
Entrons aujourd'hui dans ce mystère de l'Agneau immolé, une nouvelle fois, à la suite de saint Jean le
Théologien. Saint Jean nous rapporte qu'après avoir scellé cette alliance du disciple bien-aimé et de sa Mère, Jésus dans une clameur s'est écrié : "J'ai soif !"
Cette soif de Jésus provient de la fournaise ardente de l'Amour divin, de la plénitude de l'Esprit-Saint, qui habite son âme humaine : son amour infini pour
le Père, son amour infini pour tous les hommes. Cette soif est un abîme, un mystère insondable, un désir infini qui jaillit du coeur du Christ.
Nous voudrions comprendre cette soif, entendre au plus intime de nous-mêmes ce cri de soif de Jésus et qu'il déchire enfin nos coeurs trop durs, trop lents à croire...
Quelle est cette soif du Christ ? De quoi, en cet instant où il va connaître la mort corporelle, Jésus a-t-il soif ? Il nous l'a dit : " Un feu, Je suis venu pour jeter un feu sur la terre et
quelle est mon impatience qu'il soit embrasé ! Un baptême, je suis venu pour recevoir un baptême et combien je suis oppressé d'attendre son accomplissement !" (Lc, 12, 49-50)
Voici que le baptême s'accomplit, voici que le feu va être déversé sur la toute la terre ! Ce cri exprime l'ultime soif, l'ultime attente, l'ultime appel de Jésus et sa dernière prière réduite à
un cri, une prière "monologique" diraient les Pères.
Ceux qui sont autour de Lui ne comprennent évidemment pas le sens de ce cri. Nous-mêmes sommes nous capables de l'entendre dans toute sa profondeur, dans son intensité prodigieuse ? Nous savons
bien que nous ne le pouvons pas. Nous sommes plutôt comme les gardes, ces gardes qui sont là, nous dit saint Jean, et qui entourent une hysope, une branche de
cet arbuste, d'une éponge qu'ils trempent dans un peu de vinaigre pour humecter les lèvres de Jésus. Ils n'ont pas compris le cri de soif, ils l'ont réduit à
une simple soif humaine. Ils n'ont entendu ce cri que dans un sens physique : Jésus a tant souffert, ses lèvres sont sèches. Il voudront le soulager un peu avec ce fiel... Jésus ne dédaigne pas
ce geste des gardes malgré le décalage invraisemblable entre son cri et cette réponse humaine, trop humaine...
Ce cri de soif exprime la jalousie d'amour du Père pour nous. Dieu nous aime d'un amour jaloux. Il veut qu'aucun d'entre nous ne se perde. Il a soif de notre
amour. Dans cette soif s'exprime le don du Feu de l'Esprit-Saint qui met toutes les créatures en mouvement vers le Père ! Le baptême de feu que Jésus est venu recevoir et apporter sur la terre.
Aristote disait déjà, en parlant de l'Être premier qu'il attire à Lui toutes choses, à la manière du désirable et de l'intelligible. C'est à dire en attirant à Lui, en étant cause finale. Or la
cause finale pour Aristote ce n'est pas un concept, une abstraction. C'est bien réel et dans le cas de l'Être premier c'est Celui qui dans son être est le Bien. "Dieu seul est Bon" dira
Jésus. Dieu est cause du mouvement de tous les êtres et particulièrement des créatures intelligentes en les attirant à Lui par sa Bonté infinie et cette attraction du Père passe par le Fils
vers Lequel nous emporte l'Esprit-Saint.
Après avoir pris ce vinaigre, Jésus livre son esprit en inclinant la tête dans un ultime acte d'adoration pour le Père et dit "Tout est accompli".
Mais ce jour de la crucifixion du Sauveur était le jour de la Préparation du grand Sabbat. Il ne fallait pas que les condamnés restent suspendus au bois en ce jour saint... Les juifs demandèrent
à Pilate que les jambes des condamnés soient brisées pour hâter leur mort. Pilate accepte et les soldats brisent les jambes du premier, puis de l'autre larron qui
avaient été mis en croix en même temps que Jésus.
Un soldat, s'approchant de Jésus, voit que Celui-ci est déjà mort. Il ne sait plus que faire. L'ordre qu'il a reçu est de hâter la mort des crucifiés et Jésus est déjà mort ! Il aura
alors ce geste gratuit, absurde, d'envoyer sa lance sur Jésus et de transpercer son coeur. Pour cette ultime blessure, Jésus est déjà mort. Les Pères soulignent que c'est la seule blessure
mortelle que Jésus a reçue. C'est une blessure substantielle. Cette mort devancée de Jésus nous alerte. Pourquoi Jésus dont la constitution physique n'était certes pas plus faible que celle
des larrons serait-il mort avant eux ?
Le théologien catholique Marie-Dominique Philippe soulignait dans ses commentaires de l'Evangile de saint Jean que Jésus a devancé l'heure de sa mort. Il a offert sa vie et n'est pas mort des
conséquences de ses blessures. Certains théologiens s'étonnaient de cette affirmation. Il est vrai que ce n'est pas dit explicitement dans le texte de Jean. Mais un texte doit se lire avec
intelligence et en suppliant l'Esprit-Saint de nous faire comprendre ! Or, Jésus n'a-t-il pas dit : "Ma vie, nul ne la prend mais c'est moi qui la donne" ou encore : "C'est pour cela que le Père m'aime parce que je donne ma vie pour la prendre à nouveau. Personne ne me l'enlève, mais moi je la donne de moi-même. J'ai pouvoir de la donner et
pouvoir de la prendre de nouveau : tel est le commandement que j'ai reçu de mon Père" (Jn 10, 17618)
Mais aujourd'hui, où des exégètes occidentaux remettent en cause la naissance miraculeuse du Christ ou encore la virginité de la Mère de Dieu, peut-on s'étonner que beaucoup ne comprennent
pas que la mort du Christ n'est pas une mort ordinaire ? Du reste, lorsque Jésus a prononcé ces paroles, la division s'est introduite parmi les juifs qui l'écoutaient. Les uns dirent : "Il a un
démon", d'autres "mais non, ces paroles ne sont pas d'un homme démoniaque, un démon peut-il rendre la vue à un aveugle de naissance !" Ils étaient divisés.
Revenons à ce coup de lance du soldat. Il ouvre une blessure mortelle dans le coeur de Jésus et de cette blessure, de cette béance, jaillissent du sang et de l'eau. Jean, qui était présent au
pied de la Croix, nous dira également dans sa première épître qu'Ils sont trois à rendre ce témoignage : l'Esprit, l'eau et le sang. De cette blessure, que seule Marie peut désormais offrir au
Père, jaillissent l'eau et le sang. Et l'Esprit Saint en témoigne. Il y a là pour nous une réalité toute divine qui s'offre à notre contemplation. De ce coeur transpercé jaillissent les eaux
de la vie. L'eau est l'élément indispensable à l'éclosion de la vie. S'il n'y a pas d'eau, ou si l'eau devient tellement polluée, c'est la fin de la vie. Du coeur de Jésus jaillissent des fleuves
d'eau vive ! Rappelez-vous le dialogue de Jésus et de la Samaritaine ! Et puis il y a le sang, le sang de la Nouvelle Alliance, le Vin nouveau. Lorsque le coeur de Jésus est transpercé par la
lance, l'Esprit-Saint est donné à Marie et à Jean.
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Publié: 24 juillet 2008, 7:23am PDT
"Au pied de la Croix de Jésus se tenaient sa Mère, la soeur de sa Mère, Marie femme de Cléophas et Marie Madeleine.
Jésus voyant sa Mère et auprès d'elle le disciple qu'Il aimait dit à sa Mère "Femme, voici ton fils" ; puis Il dit au disciple "voici ta Mère" et à partir de cette heure-là, le disciple la
prit chez lui" (Jn.19, 25-27)
La tradition Orthodoxe a conservé avec ferveur le culte des icônes et, parmi elles, l'icône de l'Hospitalité d'Abraham, appelée
également icône de la Trinité, tient une place privilégiée. La plus belle de ces icônes de la Trinité a été peinte par le moine Andreï Roublev, une pure contemplation de l'Unité dans la
Trinité, de la Trinité dans l'Unité.
Toutefois c'est une autre icône de la Trinité que nous contemplerons aujourd'hui dans la suite de notre méditation théologique du mystère de la Croix : l'icône de la Trinité qui nous
est donnée en Jésus crucifié, sa Mère (la Théotokos) et son disciple bien-aimé, saint Jean le Théologien.
Saint Jean, présent au pied de la Croix, se tient auprès de Marie. Tous deux sont tournés vers Jésus qui les regarde et les donne l'un à l'autre en cette Heure où tout le sacrifice est
consommé : "Femme, voici ton fils", puis à Jean : "voici ta Mère".
Comprenons bien qu'en cet instant s'accomplit de manière ineffable la parole de Jésus : "Qui me voit, voit le Père." Nous pourrions croire que Jésus, qui quitte la terre, ne veut pas laisser
Marie seule, ou encore qu'il veut protéger son disciple en le confiant à sa Mère... C'est un aspect qui est certes présent dans l'intention de Jésus mais qui demande d'être radicalement dépassé
pour comprendre ce qui se réalise divinement, à ce moment, pour Marie, pour Jean et pour toute l'Eglise...
Jésus, à la Croix, est la Source de la Vie. Il est Celui qui, en donnant sa vie pour nous, nous donne la Vie, la Vie éternelle. Celui qui donne la vie, celui qui engendre, est père.
Le Père céleste donne à Jésus d'être réellement père pour nous à la Croix. S'il est vrai, comme je l'ai entendu dire parfois, que le Père a tout donné à son Fils unique sauf d'être le Père,
c'est-à-dire le Principe sans-principe dans la Très Sainte Trinité, le Père a donné à son Fils tout ce qui était communicable de cette paternité. A la Croix, Jésus crucifié est véritablement
l'icône du Père et Il exprime réellement le don éternel que le Père fait de Lui-même à son Fils dans le mystère de la Sainte Trinité.
Comme le Père s'est totalement donné en son Fils dans la Génération éternelle du Logos, le Fils s'est totalement donné au Père, à Marie, à Jean et, à travers eux, à tous les hommes dans le
Sacrifice unique de la Croix.
La fécondité divine de ce don d'Amour divin, don de toute sa Personne humano-divine, est d'être Source de Vie éternelle pour tous ceux qui élèvent leur regard vers Lui : "Quand Je serai
élevé de terre, j'attirerai tous les hommes à Moi".
En attirant tous les hommes à Lui, Jésus les unit mystiquement à son propre mystère, à sa propre Personne, et les prend en Lui de telle sorte que tous ne font plus qu'un dans son mystère de
Fils bien-aimé du Père.
"Le Père et Moi nous sommes Un" a dit Jésus. L'unité qui se réalise divinement entre Jésus, Marie et Jean est une unité de Vie et une unité de Vie divine. Ils constituent un seul Corps mystique,
une Personne mystique, Marie et Jean ne vivant plus que par Jésus.
Regardons maintenant Celle qui est au pied de la Croix. La Théotokos n'a jamais été aussi Mère qu'en cet instant où Elle offre son enfant bien-aimé au Père. Marie vit le mystère de la passion,
avec Jésus, dans une intériorité toute divine, toute d'Amour. Elle meurt avec Lui mystiquement.
Tout ce que Jésus vit, Marie le vit également, sous un autre mode, en ce mystère de Compassion. Elle le vit sous le souffle de l'Esprit-Saint. De telle sorte que c'est en cet instant que nous
découvrons de manière unique le mystère de la Compassion de la Mère de Dieu.
Marie est au pied de la Croix, plus que jamais, l'icône créée de l'Esprit-Saint qui est le Souffle Incréé du Père. En sa présence aimante, silencieuse, adorante et en sa mort dans
son coeur de Mère, Elle nous révèle l'unité ineffable de l'Esprit-Saint et de Jésus dans ce Sacrifice éternel de la Croix.
Croyez-vous que l'on puisse contempler le mystère de la Croix en séparant Jésus de l'Esprit-Saint ? Bien sûr, nous ne le pouvons pas. L'Esprit-Saint est là, un avec Jésus dans les Saintes
Passions, un avec Lui dans sa mort glorieuse. L'Esprit-Saint est présent, agissant dans le coeur de Jésus, offrant Jésus au Père. L'Esprit-Saint se donne totalement avec Jésus, se donne
totalement dans le don même de Jésus. Nous découvrons ce mystère de l'Esprit-Saint à travers la Mère de Dieu, à travers le mystère de la Compassion de Marie.
C'est à Marie que Jésus, comme père, va donner Jean : "Femme, voici ton fils". Il faut souligner la
manière dont Jésus s'adresse à Marie. Il l'appelle "Femme". Cela s'était déjà produit à Cana. A la Croix, Marie est pour Jésus "la Femme". Celle qui est intimement associée à son Sacrifice. Les
commentateurs se sont souvent cassé les dents sur la phrase que Jésus adresse à Marie à Cana : "Qu'y-a-t-il à toi et à moi, Femme, mon heure n'est pas encore venue" C'est à la Croix que
Marie est "la Femme" et qu'elle fait oeuvre commune avec Jésus dans l'offrande du Sacrifice. C'est à la Croix qu'il y a quelque chose de divin, d'unique, qui appartient à Jésus et à Marie. C'est
à la Croix que Marie est l'icône visible de l'Esprit-Saint qui opère le Sacrifice avec Jésus, l'Esprit-Saint qui complète le Sacrifice de Jésus en offrant au Père le cadavre de Jésus. Et
Marie, nous le verrons dans notre prochain article offre au Père le cadavre de Jésus.
Jean est l'icône du Fils bien-aimé, de l'enfant qui reçoit tout du père, de l'enfant parfaitement fidèle. Jean a toujours regardé Jésus comme un père, un père dont on est avide de recevoir
les trésors de sagesse, les trésors de lumière et d'amour. Aucun disciple n'a été si attentif à toutes les paroles de Jésus, aucun n'a été plus attentif à tous les gestes de Jésus. Aucun n'a reçu
avec une telle intensité l'héritage que Jésus nous a donné. Jean, le disciple vierge, est l'icône du Fils de Dieu qui a tout reçu de son Père.
Jésus va donc réaliser une unité toute nouvelle entre Jean et Marie. Cette unité qui est l'image de l'unité du Fils et de l'Esprit-Saint. Marie va désormais habiter
chez Jean et Jean vivra dans cette unité d'amour avec la Mère de Jésus. Marie va vivre en Jean et Jean vivra en Marie. En donnant Marie à Jean, Jésus offre à Jean celle qui est l'icône de
l'Esprit. Comme le Père a donné à son Fils son Esprit, son Souffle divin, qui repose en Lui.
Dans notre prochain article nous achèverons notre regard sur le mystère de la Croix par le Coup de lance et la blessure du Coeur du Christ...
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Publié: 24 juillet 2008, 9:06am PDT
Dans les chapitres trois et quatre de son Traité d'éthique, Maïmonide expose le fruit, dans l'activité humaine, de
l'acquisition des vices et des vertus. On juge un arbre à ses fruits, on découvre la qualité et la santé de l'âme aux actions qu'elle accomplit. Ainsi la sagesse des anciens, reprise à son
compte par Maïmonide, affirme que la santé de l'âme se mesure au fait qu'elle accomplit toujours et avec facilité des actions bonnes, des actes héroïques parfois, des actions nobles. Inversement,
la maladie de l'âme se manifeste dans le fait qu'elle accomplit des actions mauvaises, des forfaits et qu'elle n'est jamais ou rarement source de belles actions.
Comme le corps peut être atteint de maladie, l'âme peut également être viciée, malade. Ses
dispositions et celles de ses parties peuvent ne produire qu'un agir mauvais : l'arbre est alors stérile en bonnes actions. Il n'est plus fécond. Mais si l'homme agit de cette manière, c'est
toujours en étant à la recherche de quelque bien. Maïmonide utilisera une analogie avec les maladies du corps (Il ne faut pas oublier que Maïmonide vivra de la médecine !) : comme le goût
peut se pervertir et provoquer chez le malade une appréciation faussée de la saveur des aliments, l'âme peut apprécier des actions qui pour l'homme sain d'esprit sont tout-à-fait
détestables. L'homme méchant, à cause de son goût perverti, s'imagine que des maux sont des biens et inversement.
Je ne sais pas ce que dirait Maïmonide aujourd'hui, tant la confusion est généralisée dans nos sociétés. Nous avons construit une éthique moderne dans un parfait oubli de la finalité humaine. Cet
oubli de la finalité provient, dans sa version théorique et systématique, de la pensée d'Emmanuel Kant (héritier, avec Descartes, de la décadence de la théologie scolastique).
Kant a réduit, de manière terrible et durable, l'horizon de la vie intellectuelle en proclamant la mort de la philosophie première et le primat de la critique de la connaissance. Kant a enfermé
des générations de penseurs dans le conditionnement de la vie intellectuelle, la raison, et fermé pour longtemps l'accès des intelligences à ce qui les nourrit et les fait respirer : la
connaissance de ce qui est.
Dans nos sociétés, après l'avènement de la puissante idéologie de Nietzsche, nous voulons nous situer au-delà de la distinction du bien et du mal. Ces termes appauvris, pour ne pas dire
vidés de leur sens, ont perdu leur enracinement premier, métaphysique, dans la bonté même des réalités existantes.
Nous avons oublié que le bien existe premièrement dans les réalités existantes : une bonne pomme, une bonne vache à lait, un bon vin, un bon chien de garde et surtout dans les personnes
humaines, un bon ami, de bons parents, un bon professeur etc. Nous avons oublié que le bien c'est : ce qui est face à notre capacité d'aimer, face à notre volonté. Le bien c'est ce que
tous désirent, disait le vieux sage grec Aristote. Cela reste d'actualité !
Nietzsche, quant-à-lui, a absorbé la philosophie première dans une idéologie de l'art en transformant le jugement porté sur ce qui est en un jugement esthétique, un jugement de
valeur dont le créateur, l'artiste, est la seule mesure.
La véritable grandeur, pour lui, est dans l'auto-dépassement de l'homme (jugé trop misérable à ses yeux) par le point de vue de la forme, l'exaltation de l'homme comme créateur de nouvelles
formes, comme créateur d'un nouvel homme "le sur-homme".
Notre culture est profondément marquée par cette idéologie de Nietzsche (dont je ne conteste pas la grandeur) au-delà même de ce que les hommes sont capables de reconnaître ! Nous ne sommes pas
pleinement lucides sur l'emprise des idéologies sur nos vies, sur la transformation de nos modes de vie, sur nos jugements de valeur et sur notre athéisme pratique... Nous vivons bien souvent
comme des païens et la sagesse ne transforme plus suffisamment nos activités, notre agir.
Le méchant désire des fins qui, en réalité, sont des maux dira Maïmonide à la suite de Farabi. Si l'âme humaine est malade, elle doit trouver la médecine qui lui convient et qui sera capable
de rétablir en elle la santé. Cette médecine est l'art de corriger les caractères de l'âme. Cette médecine, vous l'avez compris, s'apparente à l'éducation.
Parlons un peu de ces caractères de l'âme humaine. Le terme grec èthos, à partir duquel a été formé le mot éthique signifie précisément caractère. On parle de l'èthos également
dans la musique. Cela signifie le caractère d'une musique, de son mode musical, de son rythme, de son style etc. Ce caractère est un fruit et non un donné inné. L'acquisition des vertus forme le
caractère. Ces vertus sont acquises par la répétition d'actes bons : des actes de tempérance, des actes de courage, des actes de justice, des actes de prudence, des actes de la vertu de
religion etc.
C'est dans le chapitre quatre que Maïmonide va regarder de plus près ce qui caractérise un acte vertueux. Ici, il introduit un élément très important : un acte vertueux est un acte équilibré. La
tempérance, par exemple, est un intermédiaire entre la lascivité et l'insensibilité au plaisir. Un acte tempérant implique donc une mesure, une règle. Nous comprenons alors comment la Tora va
jouer ce rôle de régulateur, ce rôle d'éducateur, dans l'activité de l'homme. La Tora donne le sens de la mesure, le sens de l'équilibre, dans l'acte humain.
Le courage sera également un juste milieu entre l'audace et la lâcheté. La libéralité un juste milieu entre l'avarice (l'accaparement) et la prodigalité etc. En considérant les vertus, Maïmonide
reprend la connaissance des vertus des anciens philosophes. Je ne regarde pas ici l'ordre entre ces différentes vertus, ordre qui diffère chez les philosophes, mais ce sens de l'équilibre, du
juste milieu, de la mesure qui se retrouve chez la majorité des anciens philosophes et même les plus divers : le Bouddha, Confucius, Platon, Aristote etc.
Le milieu éducatif dans lequel l'homme va se développer va jouer un rôle très important dans les acquisitions des vertus et des vices. Maïmonide le souligne fortement. Mais, si l'homme n'a pas
acquis ces vertus dans son enfance et qu'il veut se corriger, il le pourra avec le conseil des sages. Il lui faudra alors agir contre ses tendances et pratiquer une auto-éducation avec l'aide
d'hommes avisés. Celui qui est lascif, par exemple, devra s'entraîner à l'insensibilité pour progressivement retrouver les actes tempérants. Celui qui est lâche devra s'entraîner à l'audace pour
retrouver un agir courageux etc. C'est ce que Maïmonide appelle le traitement par les contraires. Cette méthode constitue à ses yeux l'astuce de cette auto-éducation.
La formation du caractère de l'âme apparaît donc ici comme une nécessité impérative si l'on ne veut pas parvenir à l'étouffement et la mort spirituelle.
Dans une perspective chrétienne, le Christ vient nous apporter un remède divin qui, sans remettre en question cette nécessité de l'acquisition des vertus, vient au secours de nos maladies.
Le Christ, dans son enseignement, nous dit qu'il est venu non pour les bien-portants mais pour les malades. La vie divine est donnée à l'homme, alors qu'il est encore pécheur. Il nous a aimés
alors que nous étions encore pécheurs... Il est très important pour nous de comprendre que le don de l'Esprit-Saint ne corrige pas immédiatement nos défauts, il ne purifie pas immédiatement notre
psychologie humaine.
Tout cela constitue notre croix : "Celui qui veut être mon disciple, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive" dira Jésus. Nous tourner vers Jésus c'est, à la fois, recevoir le secours dont nous
avons besoin (et bien plus que le secours puisqu'il s'agit de la vie divine) et entrer en lutte avec nous-mêmes, avec le péché qui a provoqué des dégâts dans le caractère de notre âme
spirituelle. C'est pourquoi la conversion va être un chemin et les progrès se feront, selon les personnes à un rythme plus ou moins rapide, plus ou moins lent.
Mais n'oublions jamais la plainte de saint Paul : le Christ a laissé subsister en lui un écharde dans sa chair pour que sa grandeur ne devienne pas en lui l'occasion de chuter dans
l'orgueil.
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Publié: 23 juillet 2008, 11:09am PDT
Voici la troisième Antienne de l'Office des Typiques. Elle est constituée de la récitation des Béatitudes et de tropaires de la résurrection intercalés dans cette récitation. Il s'agit également
d'une composition du moine Syméon, dans le premier mode.
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Publié: 23 juillet 2008, 9:06am PDT
Voici le deuxième psaume des typiques, le psaume 145 qui s'achève sur le tropaire : « Fils Unique et Verbe de
Dieu ». Composition du moine Syméon du monastère de Cantauque (le lien vers le site du monastère est accessible dans notre rubrique Liens) dans le mode plagal du 3ème, mode appelé Varys
(Lourd) parce que sa fondamentale est le Si grave.
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Publié: 22 juillet 2008, 12:26pm PDT
Après l'Office de la Préparation, la Sainte et Divine Liturgie de saint Jean Chrysostome s'ouvre avec la Grande Litanie.
Celle-ci est immédiatement suivie d'un petit office : l'office des Typiques constitué par le psaume 102, puis le psaume 145 et enfin le chant des Béatitudes.
Le chant de la Sainte et Divine Liturgie dans les langues vernaculaires est une tradition dans l'Eglise Orthodoxe et cette tradition remonte aux premiers temps de l'Eglise. Il va de soi qu'en
France, les chrétiens orthodoxes utilisent ainsi fréquemment le français dans leur liturgie. La composition de chants byzantins en français n'est pas simple. La langue française n'a pas d'accent
tonique ce qui rend la rythmique beaucoup plus arbitraire. C'est généralement la dernière syllabe qui est appuyée et allongée sauf lorsque celle-ci est constituée par un e muet...
Cela n'a pas découragé des orthodoxes de chanter dans cette langue et, de fait, en dehors de la musique sacrée, tant en musique classique qu'en musique populaire, il existe de nombreux chants
en français.
J'ai connu, il y a quelques années le travail de Nicolas Baralis et son ami Frédéric Pichias (devenu prêtre orthodoxe à Rhodes) qui, à Marseille, ont été des pionniers dans cet effort de composer
les textes liturgiques byzantins en français.
Il y a également le travail patient et continuel d'Andrea Atlanti et de son groupe Stoudion qui nourrit le chant quotidien de nombreuses communautés monastiques.
En Belgique, un prêtre orthodoxe a également édité des livres de musique byzantine en français. Son groupe a pour nom les "saints Anargyres".
J'aimerais vous présenter, peu à peu, le travail de mon ami, le moine Syméon du Monastère de Cantauque (près de Carcassonne) qui a été, comme moi-même, disciple de Lycourgos Angelopoulos.
Je me suis longtemps interdit de chanter en français, c'est si difficile. Je préfère chanter en grec ou en arabe... Mais je comprends que l'usage du français est une nécessité ecclésiale, c'est
pourquoi j'aimerais mettre en valeur le travail du moine Syméon. C'est un travail de qualité que, je l'espère, je ne trahirai pas trop...
Je vous présente aujourd'hui le psaume 102 dans le plagal du premier mode. C'est un enregistrement fait à la maison... sans ison. Peut-être un jour, sera-t-il possible de vous en présenter une
version plus parfaite et accompagnée par les isons ! Je l'espère de tout coeur.
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Publié: 21 juillet 2008, 8:36am PDT
Pilate a livré Jésus pour être crucifié. Commence le long chemin de croix. Jésus, chargé du bois du supplice, s'avance vers
le lieu dit du Crâne, ce lieu qui, en hébreux, se dit Golgotha.
Saint Jean le Théologien reste très sobre dans son récit, alors que les autres évangélistes donneront davantage de détails sur ce parcours dont nous ne pouvons imaginer la pénibilité. La croix est
si lourde, et Jésus tellement épuisé, qu'il faudra faire appel à un certain Simon de Cyrène pour aider Jésus à grimper avec son fardeau jusqu'au lieu où Il doit être mis en croix avec deux
brigands, l'un à sa droite et l'autre à sa gauche.
Luc nous révèle aussi la présence de femmes qui l'accompagnaient et pleuraient et se lamentaient sur Lui. Jésus s'adresse à elles avec ces paroles énigmatiques : "Filles de Jérusalem, ne pleurez
pas sur moi. Pleurez plutôt sur vous-mêmes et sur votre progéniture. Voici venir des jours où l'on s'écriera : bienheureuses les femmes stériles, les ventres qui n'ont pas engendré et les seins qui
n'ont pas allaité." Quelle terrible béatitude !
Puis, Jésus poursuit avec ces paroles prophétiques : "Alors on commencera à dire aux montagnes : tombez sur nous ! et aux collines : cachez nous... Parce que si l'on traite ainsi le bois vert,
qu'en adviendra-t-il du sec ?" (Lc 23, 26-32)
Il ne s'agit pas de croire que Jésus fasse ici l'apologie de la stérilité ou bien encore qu'il maudisse la fécondité ! Jésus est Amour et ses paroles ne sont mûes que par sa compassion infinie
envers notre pauvre humanité. Pourquoi donc Jésus prononce-t-il en cet instant de si douloureuses et terribles paroles ? Pourquoi, alors qu'Il est en train d'opérer le salut de l'homme, semble-t-il
n'exprimer qu'une vision d'apocalypse et de terreur ?
Jésus voit venir le temps où l'humanité s'enfoncera de plus en plus profondément dans le péché, dans la violence, les guerres, le mensonge, le matérialisme qui, en épuisant les ressources de la
terre, la rendra de plus en plus inhospitalière, un temps où les hommes préfèreront les idéologies à la Sagesse, les mythes les plus invraisemblables à la recherche de la vérité.
Il voit toutes les souffrances auxquelles les enfants des femmes seront condamnés. Il voit la douleur des futures mères, impuissantes à soulager la détresse et la souffrance terrible de leurs
enfants. Y-a-t-il plus grande douleur que de voir son enfant souffrir ? N'est-ce pas ce que vit en cet instant la Mère de Dieu qui accompagne son enfant au lieu sordide de son sacrifice ? Nous
avons dans notre histoire récente des périodes où les idéologies en Europe et sur toute la planète ont conduit à des atrocités dont nous préfèrerions qu'elles n'aient jamais existé ! Combien de
mères auraient alors voulu épargner leurs enfants ?
Jésus voudrait nous éviter toutes ces souffrances, mais il voit ce qui va advenir : "si l'on traite ainsi le bois vert, qu'en adviendra-t-il du sec ?"
Le comportement des hommes, s'ils rejettent la Vérité, deviendra inéluctablement la source d'un monde profondément inhumain, un monde dur et implacable, un monde où l'efficacité et la volonté
de puissance vont imposer un mode de vie étouffant et une culture mortifère, un monde où la puissance de l'Argent s'imposera de manière tyrannique et absolue : "Nul ne pourra plus ni acheter,
ni vendre, s'il ne porte pas la marque de la bête" dira saint Jean le Théologien dans son Apocalypse.
Le mystère de la Croix réalise le salut mais il n'ôte pas la liberté des hommes. Ceux-ci devront choisir, en face de la Vérité crucifiée, le chemin qu'ils veulent parcourir. Entrer dans l'Economie
de la grâce et s'ouvrir au chemin de la miséricorde et de la conversion ou bien se durcir davantage en rejetant la main tendue par leur Créateur et Père, comme le démon qui s'est fermé à tout
jamais à la Vie divine en s'exaltant lui-même dans son intelligence orgueilleuse et métallique.
La Croix de Jésus nous appelle à entrer dans le chemin de la Vérité.
Cette Vérité réclame la reconnaissance et l'aveu de nos péchés. Saint Jean le Théologien a exprimé cette nécessité vitale pour nous dans sa première épître : "Celui qui prétend n'avoir pas de péché
fait de Dieu un menteur".
Le mystère de la Croix serait un mensonge si l'homme n'avait pas besoin de rédemption. Si nous sommes sans péché, la Croix du Fils est une illusion et un mensonge. Si nous n'avons pas besoin de
Sauveur, Jésus le Fils de Dieu est un menteur. En mourant sur la Croix pour nous, Jésus porte nos péchés et les révèle en même temps. Ceux qui reconnaissent leurs péchés se précipitent dans ses
bras en implorant son secours comme le lépreux de l'évangile : "Si tu le veux, Seigneur, tu peux me purifier". Jésus, du haut de la Croix, nous répond : "Je le veux, sois purifié". La tradition de
la prière du coeur dans la tradition mystique de l'Eglise Orthodoxe nous met face à cette réalité impérative : "Seigneur Jésus-Christ, Fils du Dieu Vivant, aie pitié de moi, pécheur". Mais si nous
n'acceptons pas de reconnaître nos péchés, nous disons : "montagnes tombez sur nous, collines cachez-nous" car alors, il n'y a plus d'espérance.
Saint Jean le Théologien nous révèle également un évènement qui l'a profondément marqué. N'oublions pas que, dans la déroute des disciples, Jean est le seul témoin oculaire des Saintes Passions du
Christ. N'est-ce pas terrible de penser que les apôtres ont manqué ce rendez-vous, ils n'étaient pas auprès du Seigneur lorsque Celui-ci est mort sur la Croix. Tous ont été dispersés, terrorisés
par ce qui venait de se produire. Seul saint Jean le Théologien sera présent, avec les saintes femmes, auprès de Jésus, bien en vue, au pied de la Croix.
Saint Jean nous fait le récit du partage des vêtements de Jésus, le tirage au sort de sa tunique sans couture... C'est ce qui revient aux soldats, à ceux qui ont fait la besogne, leur butin. Ils
partagent entre eux les vêtements de Jésus ; mais il y a cette tunique, cette robe sacerdotale sans couture. Elle sera tirée au sort. Saint Jean, comme Théologien, y voit avant tout la
réalisation de la prophétie. Les Pères de l'Eglise verront dans cette tunique une icône du mystère de l'unité de l'Eglise. Une bien belle icône ! Mais la tunique part dans les mains d'un simple
soldat, elle est tirée au sort...
Nous poursuivrons, dans notre prochain chapitre, cet approfondissement du mystère de la Croix à travers ces deux grands enseignements de saint Jean le Théologien sur le don de Marie, la Mère de
Dieu, à Jean et sur le coup de lance.
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Publié: 16 juillet 2008, 8:26am PDT
Il nous faut entrer maintenant dans le grand mystère de la gloire éternelle du Christ réalisée, en sa
nature humaine, à travers le sacrifice de la Croix. Pilate a condamné Jésus à être crucifié. L'heure annoncée par Jésus est arrivée : "Père
glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie".
Dans la tradition johannique de la théologie mystique de l'Eglise Orthodoxe, le sacrifice de la Croix, l'offrande de sa vie et la mort du Christ, ont toujours été liés de manière essentielle -
absolument indissociables - au mystère de sa gloire : la gloire du Fils unique, la gloire éternelle que Jésus, Logos divin, possédait auprès du Père avant même la création du Cosmos.
Jésus est glorifié par le Père en glorifiant le Père par son adoration et son sacrifice : la vertu de religion en Jésus vrai Dieu, mais également vrai homme, est radicalement transformée. En
son âme et en son corps humains, Jésus adore le Père, Jésus offre au Père sa propre vie humaine en sacrifice, il prie le Père avec une intensité ineffable, il accomplit pleinement et totalement la
volonté du Père : "J'ai accompli l'oeuvre que tu m'as donnée à faire" dira-t-il dans la prière sacerdotale.
La vertu de religion en Jésus est absolument parfaite. Mais qu'est-ce que cette vertu de religion ? Cette vertu (εξις en grec) qui n'apparaît, au plan philosophique, qu'au niveau de l'éthique
religieuse, est la source des actes produits par l'homme religieux, celui qui reconnaît l'existence de son Créateur comme Source de son être, de sa vie, de son esprit.
Ces actes de la vertu de religion sont : l'adoration, le sacrifice, la prière et la dévotion. Ces quatre actes sont réalisés dans l'humanité sainte de Jésus avec une plénitude
humano-divine ineffable ; en effet, ils sont réalisés, sous le souffle de l'Esprit-Saint, dans un acte d'Amour infini pour le Père.
L'Amour divin s'empare de la vertu de religion, qui est une vertu humaine, religieuse, et lui donne une dimension divine qui excède la capacité de la vertu de religion. L'acte d'Amour divin
qui est à la source de la réalisation du mystère de la Croix n'est pas proportionné à la puissance de la vertu de religion. C'est un acte produit par une autre vertu, une vertu divine : la charité,
l'Amour divin. (Je tiens à souligner ici que ce terme de charité a perdu terriblement de sa signification dans le langage courant. Il est bien difficile de l'employer aujourd'hui).
En son humanité, Jésus accomplit un acte d'Amour (un acte de charité) pour le Père qui rejoint l'Amour avec lequel le Verbe aime éternellement le Père, s'offre éternellement à Lui, ne vit
que pour Lui.
Saint Grégoire Palamas, dans son homélie sur la Croix (pour la fête de la vénérable et vivifiante Croix), insiste sur ce lien de la Croix
et de la gloire de Jésus, rappelant que Jésus a appelé la Croix son élévation et sa gloire avant même d'y monter. Mais il nous donne également une vision contemplative de ce mystère en montrant
comment ce mystère de la Croix réalisé dans le temps, enveloppe le temps et exerce son efficacité divine non seulement après sa réalisation mais également dès les origines de l'humanité.
Nous sommes réellement face au sommet de toute l'histoire humaine, sommet qui domine tous les temps et tous les lieux de l'histoire des hommes. Saint Grégoire Palamas montre comment cette
Source de la grâce divine a été divinement agissante en nos pères de l'Ancien Testament : tout en rappelant Abel, Seth, Enos, Enoch, Noé, il commence par Abraham, puis Moïse, David etc. Nos Pères
ont vécu de cette grâce qui, agissant en eux, les a rendus agréables à Dieu, bien que de la descendance d'Adam en qui tous les hommes ont péché et ont été enfermés dans la désobéissance et livrés à
la tyrannie du démon.
La grâce, répandue sur le monde par le sacrifice de Jésus, est éternelle et nul homme n'échappe à son opération salvifique et divinisante. Cette grâce est liée à la victoire de Jésus sur le
péché, sur le Malin, sur la mort.
Cette victoire est réalisée en son humanité et donne son sens plénier au mystère de l'Incarnation. C'est pour cette victoire que le Verbe, le Logos divin, est devenu chair. Mais quelle est cette
victoire ? Quelle est cette gloire ? Si le Christ, comme vrai Dieu, n'avait voulu que montrer sa supériorité sur le mal, sa toute-puissance de Verbe de Dieu aurait suffit. Le mystère de
l'Incarnation aurait été totalement inutile. Le Verbe a la puissance de dominer le Mal, de supprimer la mort, d'abolir la souffrance. Le mal ne peut rivaliser avec Dieu. Mais il fallait que
cette gloire du Fils soit pleinement vécue dans l'humanité sainte de Jésus. Il fallait qu'en Jésus l'homme soit glorifié de la gloire du Verbe éternel. Nous n'insisterons jamais assez sur cette
manifestation de l'Amour du Père pour l'homme, pour sa pauvre créature si fragile, composée de chair et d'esprit ! Le Père nous a donné son Fils et Celui-ci est devenu l'un d'entre nous pour que la
gloire du Fils devienne par Lui et en Lui la gloire de l'homme. Cette gloire est manifestée en plénitude à la Croix.
Cette gloire, en son humanité sainte apparaît comme la victoire de son Amour pour le Père. Jésus est victorieux de tout car rien n'est capable de venir limiter son Amour pour le Père. Cet Amour,
alors que Jésus est suspendu au bois, connaît une liberté absolue. Le Sacrifice ira jusqu'au bout, jusqu'à la consommation totale de la victime. Le Feu divin opère le Sacrifice éternel avec une
intensité divine que rien ne peut limiter : tout est donné, offert, brûlé.
Nous reviendrons sur ce mystère de la Croix dans notre prochain article.
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Publié: 12 juillet 2008, 11:53am PDT
Monseigneur Joseph est le Métropolite de l'Eglise Orthodoxe Roumaine d'Europe Occidentale et Méridionale. Il est également représentant de
l'Eglise Orthodoxe Roumaine auprès des Institutions Européennes.
Cet interview est déjà un peu ancienne (14 octobre 2006), mais elle est très intéressante et permet de découvrir le Métropolite Joseph et de découvrir la présence active de l'Orthodoxie auprès des
Institutions Européennes.
La vidéo provient de Youtube.
http://fr.youtube.com/watch?v=xf0fcKwTfK4
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Publié: 11 juillet 2008, 11:20am PDT
Cet article inaugure une nouvelle catégorie dont le but est de diffuser la pensée et l'enseignement du Patriarche
Oecuménique de Constantinople.
Aujourd'hui je vous propose une vidéo en deux parties au sujet de l'environnement. Ces vidéos sont en anglais. Elles proviennent de Youtube
Première partie :
Deuxième partie :
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Publié: 10 juillet 2008, 8:58am PDT
Jésus est emmené de chez Caïphe au prétoire, le matin, pour être présenté à Pilate. Le face à face de
Jésus et de Pilate va s'orienter vers une question dont l'actualité n'a fait que se renforcer aujourd'hui : "Qu'est-ce que la vérité ?"
Cette question, nous ne pouvons pas l'éluder car Jésus nous a fait cette promesse : "la vérité vous rendra libre", et qui d'entre nous n'aspire pas à cette liberté des enfants de Dieu ? Mais
lorsqu'il s'agit de la vérité, il ne faut pas nous égarer et nous verrons que cette question, qui a préoccupé les plus grands philosophes (les philosophes grecs notamment), est aujourd'hui
terriblement embrouillée.
Mais revenons pour le moment à la rencontre de Jésus et de Pilate. Lorsque Jésus arrive au prétoire, conduit par les grands prêtres, Pilate vient
à leur rencontre. Il sait sans doute que les grands prêtres n'entreront pas dans le prétoire pour ne pas se souiller et pouvoir ainsi participer au repas de la pâque.
Il les interroge ainsi : "Quelles accusations portez-vous contre cet homme ?" La réponse des grands prêtres est laconique et évasive : "si cet homme n'était pas un malfrat nous ne te
l'aurions pas livré".
Pilate attend une réponse claire, une explication qui lui permette de former son jugement sur Jésus. Il n'obtient pas la réponse qu'il désire. C'est pour cette raison qu'il rejette, dans un
premier temps, la requête des accusateurs de Jésus : "Prenez-le, vous, et jugez-le selon votre Loi" leur dira-t-il. Il espère sans doute ainsi se débarrasser d'une sale histoire à laquelle
il voudrait bien ne pas être mêlé. Sa femme, nous raconte saint Matthieu dans son évangile, le mettra même en garde : "Qu'il n'y ait rien entre toi et ce juste car j'ai beaucoup souffert,
aujourd'hui, en rêve, à cause de Lui".
Pilate est convaincu que la vérité est que le Christ est innocent et qu'il n'y a rien en lui qui
justifie la peine que les grands prêtres réclament qu'il exécute contre Lui.
Comme nous allons le voir Pilate va entrer de plus en plus profondément en conflit avec lui-même car il ne
parviendra pas à faire accepter à la foule son jugement favorable sur Jésus et il va agir contre sa conscience.
Nous avons là un aspect très important de la vérité pratique : agir selon sa conscience (éclairée si possible !), c'est à dire selon le jugement prudentiel de notre intelligence, nous libère
du conflit intérieur engendré par le mensonge ou la lâcheté. Pilate, n'aura pas ce courage jusqu'au bout. Il faut avouer que ceux qui sont en face de lui sont extrêmement déterminés à aller, eux,
jusqu'au bout. Ils tiennent enfin Jésus !
Pilate interrogera Jésus : "Tu es le Roi des juifs ?" La réponse de Jésus le remet immédiatement dans une recherche de vérité : "dis-tu cela de toi-même, ou bien parce que d'autres l'ont dit de
moi ?" Cette question de Jésus nous rappelle l'interrogation qu'Il a posée aux disciples et qui provoquera la confession de foi de Pierre : "Qu'est-ce que les hommes disent de moi ?" Les réponses
seront diverses. Certains pensent qu'Il est un prophète, d'autre qu'Il est Elie qui doit revenir... mais Pierre, dépassant les opinions des autres formulera son propre jugement commandé par la
foi en Jésus : "Tu es le Messie, le Fils du Dieu Vivant" La foi est un jugement personnel, elle apporte une conviction qui ne provient pas des opinions des autres mais, comme le lui révèlera
Jésus, elle provient d'un enseignement intime, de l'enseignement du Père Lui-même.
Jésus n'a-t-il pas dit à Pierre : "Bienheureux es-tu Pierre, car ce ne sont pas la chair et le sang qui t'ont enseigné cela, mais c'est mon Père" ? C'est parce que la foi est
l'enseignement du Père qu'il n'y a pas d'opposition entre le jugement personnel du croyant et l'enseignement public de l'Eglise car le Père est la source unique de la lumière de la vérité pour
tous et pour chacun.
Il n'y a là aucun relativisme, aucune place laissée aux opinions malsaines de ceux qui pervertissent la doctrine du Père en en faisant une opinion fabriquée, une illusion.
"Ma doctrine n'est pas de moi, dira Jésus, mais du Père qui m'a envoyé" et dans la prière sacerdotale n'a-t-il pas dit : "Consacre-les dans la Vérité, ta Parole est Vérité" ?
Jésus donc, répondant à cette question de Pilate sur sa royauté, lui dira : "Tu le dis, je suis Roi. Moi, c'est pour cette fin que je suis né, je suis venu dans le monde pour rendre
témoignage à la Vérité. Qui appartient à la Vérité entend ma voix". Pilate est comme dépassé par cet enseignement du Christ. Il connaît vraisemblablement la sagesse des grecs, il est un homme
cultivé... il répondra simplement : "qu'est-ce que la vérité ?" Pour Pilate, comme pour beaucoup d'entre nous, aujourd'hui, la vérité est un problème philosophique, une aporie au sujet de
laquelle circulent de nombreuses opinions souvent contradictoires. Le sujet est trop complexe pour être débattu au cours d'un jugement. Pilate abandonne.
Mais pour nous, qu'est-ce que la vérité ? Oui, la question est complexe et elle mérite d'être considérée avec attention. Prenons un exemple quotidien : si vous commandez un objet, le payez, et si
cet objet que vous recevez ne correspond pas à ce qui vous a été promis par le vendeur, vous direz : "il y a une publicité mensongère, ce pour quoi j'ai payé et ce que j'ai reçu ne sont pas
conformes"... Voici un aspect très simple de la vérité : Il y a un jugement de conformité entre une affirmation sur un objet et la réalité de cet objet. Vous êtes déçus, voire en colère
parce qu'on vous a trompé. La vérité est fondamentalement la conformité de notre jugement avec ce qui est réellement dira le philosophe Aristote. La vérité et l'erreur se trouvent dans nos
jugements. Mais il y a bien des sortes de jugements : un jugement artistique, un jugement affectif, un jugement scientifique, un jugement prudentiel au niveau politique, un jugement dans
l'éducation etc. Nous ne cessons de former des jugements et ces jugements expriment notre connaissance du monde qui nous entoure, de nous-mêmes et ces jugements orientent notre manière d'agir et
nos choix. La vérité est donc une réalité "analogique" car les critères de vérité ne sont pas les mêmes dans l'activité du travail, dans l'amitié, dans la vie politique, dans l'éducation, dans
les sciences... Beaucoup de vérités sont accessibles à tous les hommes mais il en est une qui excède radicalement les capacités de l'intelligence humaine : cette vérité est la connaissance de
Celui qui a dit de Lui : "Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie." Cette Vérité est une personne et une Personne divine. C'est le Logos, la Sagesse de Dieu, qui s'est fait chair. C'est la
Source cachée depuis les origines de tout ce qui est. C'est la Source cachée qui, par son incarnation ineffable, s'est rendue visible à nos yeux en assumant notre chair.
Nous ne pouvons découvrir et connaître cette Vérité qu'en accueillant l'enseignement de notre Père, qu'en nous laissant guider par l'Esprit Saint qui veut nous conduire à la Vérité
tout-entière. Cette Vérité est le Soleil de Justice, la Lampe éternelle qui éclaire tous les élus, la Source de toute Lumière et de tout Amour dans la Jérusalem céleste.
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Publié: 9 juillet 2008, 1:31pm PDT
Voici la suite du cycle de mini-conférences sur l'Apocalypse de saint Jean le Théologien. Dans
cette mini-conférence vous trouverez un commentaire sur l'adresse de saint Jean aux sept églises d'Asie mineure et la bénédiction qui l'accompagne...
Première partie :
Deuxième partie :
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Publié: 8 juillet 2008, 5:58pm PDT
Le deuxième chapitre du Traité d'éthique de Moïse Maïmonide, assez bref, considère l'âme dans ses actes
d'opposition ou de synergie avec la Loi divine. Il situe dans l'âme les parties qui entrent en jeu dans la transgression ou la coopération de l'homme avec la Tora.
Pour lui, deux parties sont immédiatement concernées. Il s'agit de la partie sensible et de la partie appétitive. Il exclue catégoriquement du champ d'investigation la partie nutritive et la
partie imaginative, dans la mesure où elles agissent d'elles-mêmes et sans intervention immédiate du jugement de l'intelligence ou du choix qui implique un ordre préférentiel.
Toutefois, Maïmonide laisse la question de l'intelligence en aporie. Il considère qu'en cette partie de l'âme il peut également y avoir une forme de rebellion ou d'obéissance dans la mesure où
l'intelligence peut se convaincre d'une opinion erronée ou au contraire d'une opinion saine.
Cette perspective de Maïmonide est extrêmement intéressante dans la mesure où il révèle trois aspects de la conduite humaine à la lumière de l'ordre de la sagesse divine telle qu'elle s'est
exprimée dans la Tora de Moïse :
Premièrement, la transgression causé par l'attrait désordonné du bien sensible. Deuxièmement, la transgression causée par une orientation désordonnée de la faculté du désir.
Troisièmement, la transgression causée indirectement par la déformation du jugement de l'intelligence dans une conviction erronée à cause de l'affectivité.
Nous retrouvons ici les trois concupiscences dont parle saint Jean le Théologien dans sa première épître : concupiscence de la chair, concupiscence des yeux, orgueil de la richesse.
Notons ici, que l'intelligence n'est pas en elle-même un lieu d'obéissance ou de transgression : elle est, et elle demeure, capable de rechercher la vérité mais elle peut se corrompre à cause de
son lien avec l'affectivité volontaire.
L'orgueil n'est-il pas l'expression limite de cette corruption de l'intelligence, cherchant à s'exalter elle-même dans son jugement propre, à cause de son lien avec une affectivité qui la replie
sur l'exaltation de soi et la détourne ainsi d'une recherche humble et sincère de la vérité ?
Maïmonide, toutefois, précise que dans les actes de l'intelligence, il n' y a rien qui s'apparente à la rebellion ou à l'obéissance. De fait, l'acte parfait de l'intelligence est le jugement. La
dimension du commandement, de l'imperium ou du choix relève d'une intelligence pratique toujours reliée à l'affectivité volontaire.
Maïmonide va ensuite diviser les vertus (qui perfectionnent l'activité humaine) en deux catégories : les vertus éthiques et les vertus
rationnelles.
Il commence par la vertu principale : la Sagesse. Dans une perspective d'éthique humaine, nous n'aurions évidemment pas commencé par cette vertu qui a un caractère ultime. Mais Maïmonide se
situe immédiatement au niveau de la sagesse puisqu'il fait un court traité d'éthique religieuse.
Cette sagesse (qui est une vertu) consiste pour lui dans le connaissance des causes lointaines. Être sage c'est connaître les causes et connaître les causes les plus difficiles à atteindre. Saint
Thomas d'Aquin dira un peu plus tard : "le propre du sage c'est d'ordonner" et la connaissance de l'ordre des choses est en dépendance directe de la connaissance des causes des réalités que nous
connaissons.
La connaissance de la Cause des causes, la découverte de l'existence d'un Être premier sera donc le point de départ de la véritable sagesse. Ce n'est qu'à partir de là que le sage est capable de
saisir l'ordre ultime de toutes choses. Maïmonide consacrera de très vastes chapitres à cette question dans son Guide des égarés.
La deuxième et la troisième vertus affectent également l'intelligence : c'est l'habitus de science et une capacité qui semble relever pour lui de l'intuition : l'intellect.
L'intelligence se forme dans cette recherche de vérité et acquiert une pénétration qui lui permet de progresser plus rapidement, plus facilement. Cet intellect acquis, Maïmonide considère
que ce traité n'est pas le lieu d'en parler plus longuement.
Nous passons donc maintenant avec lui aux vertus éthiques. Celles-ci concernent la partie appétitive de l'âme. La partie sensible est relative à la partie appétitive, comme une
servante, dira-t-il.
Il nomme un certain nombre de vertus : la tempérance, la générosité, la justice, la longanimité, l'humilité, le contentement, le courage, le zèle etc. Cette présentation est fort différente
de l'approche de l'éthique humaine d'Aristote pour lequel les vertus premières et fondamentales sont les vertus que l'on a appelées cardinales : tempérance, force, justice et prudence. Nous
sommes chez Maïmonide dans une éthique religieuse et l'on ne s'attarde pas sur ce qui est sensé être connu.
Regardons maintenant rapidement les vices, il le faut bien... Pour les vertus intellectuelles (sagesse, intellect acquis, intuition-célérité dans la découverte de la vérité) Maïmonide se contente
de dire que les vices sont tout simplement les opposés à savoir la non connaissance des causes et l'incapacité de saisir l'ordre de sagesse des choses, le jugement erroné (l'intelligence se
développe à partir de principes qui sont faux, des a-priori pourrait-on dire).
Pour les vertus éthiques, les vices sont caractérisés par la négligence ou l'excès à l'égard des vertus qui leur sont relatives.
Nous voyons donc se dessiner une éthique religieuse dans laquelle nous allons progressivement comprendre le rôle essentiel que va jouer l'enseignement de la Tora : conduire à la connaissance de
la Cause des causes, la connaissance de Celui qui est premier, l'Archè, et la mise en lumière de l'ordre de sagesse voulu par Dieu dans sa création. La Tora sera l'expression de cet ordre de
sagesse. L'homme va se positionner par rapport à cet ordre de la sagesse divine en posant des actes d'obéissance ou de trangression. Nous verrons cela dans nos prochains
articles.
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Publié: 8 juillet 2008, 9:03am PDT
Après le départ de Judas Iscariote, Jésus se rend au Mont des Oliviers pour prier. C'est un lieu que Jésus
avait l'habitude de fréquenter pour se livrer à la prière. Jésus est accompagné par ses disciples. Pensez à la journée qu'ils viennent de vivre avec Jésus ; pensez à ce que saint Jean le
Théologien porte dans son coeur à ce moment-là, lui qui a été le témoin privilégié de la trahison de Judas.
Les disciples ne sont pas seulement fatigués, ils sont troublés dans leur coeur et la tristesse les envahit. Ils sentent que la gravité de Jésus, l'annonce de la trahison, sont pour des
évènements imminents.
Pierre lui-même, avant de partir s'est muni d'un glaive. Il semble même qu'un autre disciple ait pris une arme car les disciples, avant de partir, disent à Jésus : "Seigneur, voici, là, deux
épées". Et Jésus, qui sait qu'ils n'ont pas encore compris la nature du combat qui se prépare, ne les rabroue pas. Il leur dit simplement : "cela suffira".
Toutefois, arrivé au Mont des Oliviers, il les met en garde. Priez, afin de ne pas entrer en tentation. Le démon rôde autour de la petite communauté des apôtres car il veut profiter de leur
fragilité, de leur fatigue, de leur grande tristesse pour les faire chuter. Pensez également que c'est ainsi que s'achève le premier repas d'action de grâce, la première eucharistie ! Comme nous
sommes loin de l'idée que nous nous faisons d'un repas de fête habituel !
Jésus donc s'éloigne "d'un jet de pierre" nous précise l'évangile de saint Luc et se prosternant devant le Père, Il commence une prière singulière. Cette prière est l'écho de la prière
sacerdotale que nous a transmise saint Jean le Théologien dans son évangile mais sous la forme d'une prière du coeur, une prière simplifiée à l'extrême.
Lorsque la pression de la lutte est à son comble la prière se simplifie d'elle-même. Lorsque le combat et le danger sont imminents, il ne reste que le "Seigneur aie-pitié". Jésus s'adresse au
Père en cet instant en se remettant totalement entre ses mains. Jésus adore le Père et s'abandonne pleinement à sa volonté mystérieuse : "Père, si telle est ta volonté, éloigne de moi cette
coupe, cependant non pas ma volonté, mais la tienne".
Jésus est seul, seul en face du Père, seul en face de la Sagesse éternelle du Père. Pourtant saint Luc nous précise qu'un ange lui est envoyé pour le réconforter. Le nom de cet ange ne nous est
pas donné. Qui pourrait mieux que Marie, la Mère de Dieu, réconforter son coeur ? Est-ce la présence de Marie, sa Mère, qui lui est donnée à cet instant de manière mystérieuse ? Nous ne le
saurons qu'au Ciel, mais rien n'est impossible à Dieu.
Jésus donc entre en agonie. Quel mystère ! Un agonisant est normalement un homme malade, proche de la mort, qui n'a plus qu'un léger souffle de vie... L'agonie de Jésus est celle d'un homme en
parfaite santé, en pleine force de l'âge, un homme en qui la psychologie humaine n'entrave en rien l'exercice parfait de l'intelligence et de la volonté. C'est l'agonie de celui qui possède en
plénitude l'Esprit-Saint.
Il faut écarter de notre imagination toute pensée psychologique ou doloriste. Jésus ne s'est jamais replié sur lui-même, sur sa propre souffrance.
Jésus vit une existence humano-divine qui ne peut être entravée par des conditionnements psychologiques comme cela nous arrive à nous, trop souvent, hélas.
Jésus entre en agonie et sa sueur se transforme en caillots de sang qui s'écoulent vers la terre. Jésus prie de plus en plus intensément. Quelle est la signification de cette sueur répandue sur
la terre sous la forme de caillots de sang ? Quelques heures auparavant, Jésus ne vient-il pas de dire en bénissant la coupe : ceci est la nouvelle alliance en mon sang répandu pour vous ?
Le mystère de l'Agonie de Jésus anticipe le mystère de la Croix dans le face à face solitaire de Jésus et du Père. Il manifeste le caractère divin de cette offrande du sang de Jésus pour une
nouvelle alliance avec la Terre, avec les hommes, avec son peuple, avec toute l'humanité.
Sur la Croix, le Sang de Jésus sera versé en conséquence des violences qu'Il va subir de la part des autres hommes (le fouet, les clous, la couronne d'épines, le coup de lance...) ici, le
sang provient d'un Sacrifice totalement intériorisé, d'une offrande réalisée dans le silence de l'adoration et de la prière du coeur.
Jésus se relève et va vers les disciples qui se sont endormis.
La tristesse, lorsqu'elle accable le coeur, étouffe notre vitalité. Les disciples n'en peuvent plus et se réfugient dans le sommeil pour y trouver un peu de repos, un peu de paix. Ce sera de
courte durée. Judas pénètre dans le jardin des Oliviers et par un baiser désigne Jésus aux serviteurs du grand prêtre, venus armés pour l'emmener de force. Jésus se laissera prendre, tout en leur
montrant qu'Il les suit de son plein gré. Voulant le saisir ils tomberont à la renverse comme nous le rapporte saint Jean le Théologien dans son récit de l'arrestation de Jésus.
Ainsi, de plein gré Jésus entre dans les Saintes Passions et il sera emmené tout d'abord chez Hanne, le beau-père de Caïphe, puis chez Caïphe et enfin chez Pilate pour y être condamné à la
crucifixion.
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Publié: 7 juillet 2008, 5:43pm PDT
Le chemin de Jésus vers l'accomplissement de l'heure pour laquelle Il est venu sur la
terre est marqué par tous les tourments humains les plus lourds à supporter. Nous avons vu comment les grands-prêtres et les scribes se sont unis contre Lui, comment ils ont voulu sa mort.
La jalousie est homicide dira simplement saint Jean le Théologien. C'est par la jalousie du diable que la mort est entrée dans le monde ajoutera-t-il. Il est clair que Jésus est l'objet de très
nombreuses jalousies et que tous ceux qui sont attentifs à Lui ne sont pas toujours mûs par un intérêt limpide : la quête de la vérité, la foi ou l'amour... Cette jalousie s'explique parce
que ceux-ci ne croient pas en Lui. Pour eux, il n'est qu'un homme... mais Dieu semble être avec Lui, semble l'exaucer dans ses demandes et le peuple va vers Lui avec liesse !
La jalousie est une chose terrible surtout lorsqu'elle est religieuse (si l'on peut s'exprimer ainsi). N'est-ce pas ce que nous voyons dès les commencements de l'humanité avec Caïn et Abel. Abel,
dont le coeur est pur et sans détour, est entendu de Dieu, son sacrifice est agréé par le Seigneur. Caïn, lui qui n'offre qu'un sacrifice extérieur, n'est pas reçu, son sacrifice ne touche pas le
coeur de Dieu et il le sait. Caîn tue son frère parce qu'il ne peut supporter de voir de quel amour il est aimé.
"Ce peuple m'honore des lèvres mais son coeur est loin de moi" dira le prophète Isaïe. Jésus fait l'objet de terribles jalousies de la part du clergé, de la part des savants (les scribes), de la
part des pharisiens.
Parmi eux, il en est qui ne s'intéressent à Jésus que pour chercher le moyen de Lui nuire et le temps opportun pour Le détruire. C'est la haine noire, spirituelle, qui est la marque du
diable dans l'âme de ceux qui se laissent prendre par son idéologie mysanthrope et s'enferment orgueilleusement dans cette haine en la justifiant intellectuellement. Le péché du diable est un
péché d'intelligence, un péché d'orgueil, il ne faut pas l'oublier.
Il y a ceux également qui, sans partager cette haine, n'ont pas le courage de s'y opposer, qui ont peur qu'on leur tienne rigueur de ne pas participer au consensus contre Jésus. Ils craignent
d'être exclus, persécutés pour avoir soutenu Jésus. Ce n'est pas facile de supporter la persécution ou l'exclusion surtout lorsqu'elle vient des grands-prêtres qui sont reconnus unanimement comme
les autorités religieuses qu'il faut écouter et respecter.
Caïphe porte une terrible responsabilité dans cette coalition contre le Seigneur. Il n'ont pas reconnu le Seigneur, pas plus qu'Hérode. Ils craignaient pour leur pouvoir, pour leur gloire
personnelle. "Comment pourriez-vous croire, vous qui tirez votre gloire les uns des autres ? leur avait demandé Jésus"
La recherche de la gloire humaine constitue, selon les Pères, un terrible obstacle à la contemplation. Cette haine des grands prêtres, des pharisiens et des scribes, est très lourde pour Jésus
qui aime son peuple, sa religion, la Tora. N'a-t-il pas dit : nous parlons, nous, de ce que nous connaissons, car le Salut vient des Juifs" ? Il vient apporter à son peuple
l'accomplissement de toutes les promesses annoncées dans la Loi et les Prophètes.
Mais il est également une colère très sourde qui a envahi peu à peu le coeur d'un des disciples les plus proches de Jésus, une colère qui va éclater au grand jour, celle de Judas Iscariote.
Celui-ci a voulu suivre Jésus, Il est resté, jusqu'à la veille des Saintes Passions, un membre de la petite communauté des apôtres malgré les oppositions qu'Il portait dans son coeur. Il a
participé à la vie des apôtres et vu les miracles opérés par Jésus. Il a participé à l'annonce de l'évangile avec les autres apôtres et il a reçu, comme eux, le pouvoir de guérir les malades, de
chasser les démons. Pourtant son coeur s'est retourné contre Jésus.
Nous avons vu comment Jésus l'avait averti lors de la discussion qui a suivi la multiplication des pains. Jésus avait dit alors : "ne vous ai-je pas choisis, vous les douze ? Pourtant l'un
d'entre vous est un démon !" Judas aurait dû alors dévoiler à Jésus les pensées de son coeur. Il aurait dû dévoiler son incrédulité. Mais il s'est enfermé dans le mensonge. C'est ce mensonge qui
va le conduire peu à peu à sa perte. Le mensonge est également le signe de la présence du démon, il est le père du mensonge, il n'y a pas de vérité en lui. Judas va ainsi devenir l'instrument du
démon, malgré la conscience qu'il a de l'innocence de Jésus.
Dans la prière sacerdotale, au chapitre 17 de l'évangile de saint Jean le Théologien, Jésus, dans sa prière, s'adresse au Père en lui disant que de ceux que le Père lui a donnés, Jésus n'en a pas
perdu un seul, hormis le fils de la perdition afin que la prophétie soit accomplie. Jésus demeure dans une très grande discrétion à l'égard de Judas. Il exerce sa miséricorde envers lui
jusqu'au bout.
Le moment où le chemin de Judas et des autres disciples se divise définitivement est l'institution de l'Eucharistie qui a été précédée par le lavement des pieds des disciples. Jésus a donné
là son testament aux apôtres. Accomplissant le geste du serviteur, Jésus leur apprend l'attitude qui devra être celle de ses disciples, celle par laquelle on les reconnaîtra comme des disciples
de Jésus. "C'est à l'amour que vous aurez les uns pour les autres que tous vous reconnaîtront comme mes disciples". C'est un amour qui va jusqu'à laver les pieds de Judas. C'est un amour qui ira
jusqu'à lui donner la bouchée... celle de son corps eucharistique. "Celui qui partageait mon pain a levé contre moi le talon." avait dit la prophétie.
Judas sortira alors, de nuit, et ira livrer Jésus au grands prêtres pour trente deniers.
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Publié: 6 juillet 2008, 8:33am PDT
Après avoir mis en lumière l'unité radicale et la spécificité de l'âme humaine, Maïmonide poursuit son exposé en
rappelant les divers degrés de vie que l'on peut découvrir en considérant les diverses activités de celle-ci.
Comme nous l'avons vu dans notre précédent article Maïmonide, Huit Chapitres, l'âme humaine. l'âme est saisie comme source (principe et cause) immanente du mouvement du vivant (des différents mouvements du vivant) à partir d'une induction très
qualitative fondée sur l'expérience de ces divers mouvements, de ces diverses activités vitales, et sur l'existence d'un ordre immanent et d'une unité radicale présente au plus intime du vivant,
au plus intime de l'homme comme vivant.
C'est la perfection de l'âme qui permet au vivant de se mouvoir, au corps d'être un organisme, au sens fort, à la différence des corps physiques inanimés.
Il n'est pas inutile de rappeler ici que l'âme confère au vivant une dimension qui le place déjà au-dessus des simples réalités en devenir, une supériorité à l'égard de l'être-mû.
1. Le premier degré de vie pour Maïmonide est la partie nutritive de l'âme. Il recense sept facultés qui constituent la vie végétative dans l'homme. Mais il ne s'y attarde pas, considérant que le
propos de l'étude de ces facultés relève davantage de la médecine que de la théologie ou de l'éthique religieuse... Rappelons simplement que parmi ces facultés nous trouvons la capacité de
s'alimenter et tout ce qui s'y rapporte, la dimension de la reproduction, également les mouvements qui concernent la croissance biologique du vivant...
L'importance de ce premier degré de vie apparaîtra plus tard, lorsque Maïmonide considérera la dimension humaine de la nutrition et celle de la reproduction, c'est à dire la dimension humaine de
la sexualité.
2. Le deuxième degré de vie est la sensation. Maïmonide rappelle simplement et sans s'y attarder les sens bien connus de tous : le toucher, la vue, l'odorat, le goût et l'ouïe. Aristote
dans son étude sur les sensations accordera, au contraire, une place très importante à l'étude des sensations et particulièrement en ce qui concerne le sens du toucher. Mais le propos de
Maïmonide dans cet ouvrage n'est pas d'élaborer une philosophie du vivant mais d'utiliser les éléments essentiels de cette philosophie en vue de l'éthique religieuse. Rappelons toutefois que pour
Aristote, ce sens du toucher tient une place capitale, il est le seul qui soit absolument indispensable au vivant de vie sensible. Il lie de manière essentielle le sens du toucher et l'activité
de la nutrition. La privation du toucher est, pour lui, synonyme de la privation de la vie animale.
3. Le troisième degré de vie pour Maïmonide est l'imagination. A ce sujet, Maïmonide va développer davantage sa pensée. Il est face à l'erreur des Mutakallimun, ces personnages qui ont émis
l'opinion que tout ce qui est imaginé est possible. Or l'imagination est directement reliée à la sensation dont elle permet de garder le souvenir, elle permet également la mise en relations des
diverses connaissances sensibles (sensibles propres et sensibles communs).
Nos sensations trouvent leur prolongement dans notre imagination. Celle-ci représente ainsi un nouveau type de connaissance qui, tout en restant dans l'ordre du sensible, n'a pas le caractère
immédiat de la connaissance par les cinq sens. Cette connaissance réalise une synthèse de nos connaissances sensibles antérieures. Elles ne sont plus des connaissances sensibles mais des
représentations sensibles. Elles ne peuvent donc conserver la même objectivité.
La source de ces représentations étant en nous, elle peut même composer de nouvelles images qui ne sont plus directement liées à une connaissance objective, à une expérience sensible... On
peut "créer" de nouvelles images, associer des éléments de connaissances qui n'existent pas dans la réalité actuelle. C'est alors l'imaginaire qui fabrique des réalités impossibles, ou
l'imagination créatrice de l'artiste qui travaille sur des possibles à réaliser.
Il est évidemment faux de dire comme les Mutakallimun que tout ce qui est imaginé est possible. Mais aujourd'hui, le développement prodigieux des sciences et de la technique, le développement de
l'informatique, peut nous donner une sorte d'illusion communautaire que tout ce qui est imaginé est ou sera un jour possible... car la réalisation d'objets, de situations imaginées dans un monde
virtuel a pris une extension phénoménale. D'autre part les réalisations scientifiques ont rendu possibles des productions qui à l'époque de Maïmonide aurait pu sembler de la pure
science-fiction... Maïmonide prend pour exemple un vaisseau de fer qui voyagerait dans les airs. On ne peut s'empêcher de penser à cette conquête de l'espace que nous avons réalisée... mais le
danger reste le même, tout n'est pas possible et si certaines choses deviennent possibles, est-ce un critère suffisant pour penser qu'elles soient utiles et bonnes ?
4. Le quatrième degré de vie pour Maïmonide est le domaine de l'appétit, la faculté désirante de l'âme humaine. Cette dimension est le domaine des passions : amour, fuite, joie, colère, dureté,
clémence etc. Ce domaine des passions est effectivement des plus importants dans la compréhension du vivant et particulièrement de l'homme. Nous verrons combien cette dimension va jouer un rôle
dans l'éthique religieuse de Maïmonide, comme elle joue un rôle de premier plan dans l'éthique humaine d'Aristote.
5. Enfin le cinquième degré est la dimension de l'intelligence. C'est la faculté par laquelle l'homme connaît les réalités, acquiert les sciences, oriente sa vie et fait des choix, opère le
discernement entre ce qui est bon et ce qui ne l'est pas etc.
Cette faculté s'oriente vers la connaissance pour elle-même, une connaissance contemplative et vers une connaissance ordonnée à régler les actions humaines, la praxis. Elle utilise
comme instrument la réflexion ou "cogitative", ce que l'on a appelé la raison.
Pour Maïmonide cette dimension de l'intelligence donne toute sa noblesse à l'âme humaine. Pour lui, l'intellect est la forme même de l'âme humaine et de ses diverses parties car sans la
connaissance, dit-il, l'âme n'est pas bonne...
Dans notre prochain article nous entrerons dans l'éthique religieuse de Maïmonide proprement dite en regardant l'âme humaine face à la Tora.
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Publié: 4 juillet 2008, 6:10pm PDT
Le discours présenté dans cette vidéo a été donné à l'ONU par une jeune fille, une adolescente de 13 ans. En la regardant,
je n'ai pas pu ne pas songer au "cri de l'enfant dans le désert" lorsque la servante d'Abraham, chassée par la femme légitime Sarah, se retrouve sans eau et s'éloigne pour ne plus entendre le cri
de son bébé... Dieu lui donnera alors la réponse, lui qui entend le cri de l'enfant dans le désert et ne s'éloigne pas de celui qui pleure.
Mais ce n'est pas facile d'entendre les cris et de regarder les larmes des enfants, dont nous sommes la cause par nos modes de vie qui ont épuisé et corrompu les ressources de la "terre-mère"
en deux siècles et demi. Les chrétiens ne peuvent pas ne pas être sensibles à un tel cri.
La justesse du ton, la pertinence du discours, l'authenticité de la colère et la correction aux adultes sont autant d'appels à une plus grande responsabilité, à un plus grand amour, à un sens
renouvelé de ce que nous transmettons comme héritage aux générations futures.
Cette vidéo provient du site Youtube et vous pouvez la consulter directement sur ce site et y rechercher des vidéos sur le même sujet, celui de l'écologie à cette adresse : http://www.youtube.com/watch?v=5JvVf1piHXg
J'espère que la vidéo est lisible sur le Blog, j'avoue ne pas vraiment maîtriser ces techniques... autrement, il reste la possibilité d'aller sur Youtube... Si cela ne marchait pas sur le Blog,
veuillez m'en excuser...
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Publié: 2 juillet 2008, 8:15am PDT
Comme nous l'avons expliqué dans notre premier article sur Moïse Maïmonide, le dialogue avec ce maître
de la sagesse du judaïsme est rempli de promesses au plan de la recherche philosophique et théologique.
Nous commencerons ce dialogue par un regard approfondi sur les "Huit Chapitres", une oeuvre à laquelle Rémi Brague a donné le titre bien choisi de "Traité d'éthique". (rappel : Maïmonide,
Traité d'éthique, traduction, présentation et notes par Rémi Brague, coll. Midrash, Desclée de Brouwer, Paris 2001)
C'est sur la traduction de ce dernier que nous lisons cette oeuvre courte mais majeure du théologien Maïmonide.
Nous ne pouvons que vous conseiller d'acquérir ce petit ouvrage dont la traduction semble avoir été réalisée avec un très grand souci de fidélité au texte original (écrit en arabe, avec des
caractères hébraïques, ce texte est donné intégralement dans le petit livre après la traduction) et dont les notes et explications apportent le plus souvent une lumière nécessaire dans la
compréhension du discours de l'auteur médiéval.
Le premier chapitre est consacré à l'âme de l'homme. Nous pourrions être étonnés qu'un traité d'éthique se fonde sur une réflexion qui appartient plutôt à une philosophie du vivant. La
connaissance de l'âme est même l'objectif principal de cette partie de la philosophie qu'Aristote place à la fin de sa réflexion sur la philosophie de la nature. Mais notre étonnement s'atténue
si nous comprenons la place si particulière de cette philosophie du vivant à l'intérieur des sciences théorétiques de la philosophie. La philosophie du vivant est comme le trait d'union entre la
philosophie de la nature (la Physique, une réflexion sur l'être-mû) et la philosophie première (connue sous le nom, aujourd'hui, hélas !, totalement galvaudé de métaphysique, qui est la
connaissance de "ce qui est, en tant qu'il est, to on i on en grec).
La philosophie du vivant est une réflexion philosophique sur ce qui se meut, ce qui a en soi-même le principe de son mouvement, l'âme est ce principe comme nous le verrons.
Il est très difficile aujourd'hui de parler de l'âme. Un discours sur l'âme se heurte à une autre conception de la connaissance du vivant, celle élaborée par les sciences biologiques. Celles-ci
sont beaucoup plus efficaces en terme de "domination" sur le vivant et elles ont supplanté la connaissance philosophique du vivant, plus contemplative et gratuite, puisque celle-ci est
ordonnée avant tout à une connaissance théorétique.
Pour Aristote, la philosophie du vivant est d'une grande noblesse, elle s'achève dans la philosophie première et permet également l'éclosion d'une autre partie de la philosophie, la philosophie
de l'activité humaine : l'éthique.
L'éthique aristotélicienne est essentiellement une éthique humaine mais qui ouvre déjà la porte à une éthique religieuse : il n'est qu'à regarder les deux grandes finalités mises en lumière par
le grand philosophe grec : l'amitié qui est la finalité la plus proportionnée à notre nature humaine, pourrait-on dire, puis la contemplation liée à la découverte d'un Être premier, la dimension
la plus "divine" de l'activité humaine, l'activité du "Noûs" (terme grec décidément très difficile à traduire car toute traduction ici implique un certain parti pris : esprit, intellect,
intelligence...)
Maïmonide va donc commencer son traité par expliciter sa conception de l'âme humaine. Celle-ci se caractérise par son unité foncière et par la diversité de ses actions. Les divers degrés de vie
: nutritif, sensible, imaginatif, désirant et rationnel ne constituent pas des âmes, mais des parties de l'âme. Pour comprendre cela, il nous faut revenir rapidement à cette
connaissance philosophique de l'âme. Comment la découvre-t-on ?
Ce que nous observons en premier lieu ce sont les activités diverses du vivant. Celui-ci exerce ses activités selon différentes directions. Il respire, se nourrit, se reproduit, grandit,
exerce des activités de connaissance sensible (il voit, touche, sent, entend, goûte), il imagine, désire, réfléchit, décide etc. Ce sont les multiples activités du vivant que nous connaissons
premièrement. Comment, à partir de là, en vient-on à découvrir une âme ? Ici, il faut éveiller notre attention car il ne suffit pas d'observer et de décrire le vivant. Il faut analyser ces
expériences avec ce regard posé sur le vivant dans son existence très concrète et dans l'unité radicale de vie et l'ordre intime qui existe en lui (cet ordre apparaît clairement dans la
constitution de l'organisme, l'organisation interne de toutes les parties du corps).
Toutes les activités du vivant sont des mouvements, des mouvements que le vivant produit par lui-même et non des mouvements qui lui seraient intimés par un autre, à la différence de l'être-mu,
des corps non-vivants considérés dans la philosophie de la nature.
Quelle est la source de ces mouvements, de ces mouvements réels et ordonnés au plus intime de ce vivant ? Quelle est la fin de ces activités pour le vivant ? Ce n'est pas la complexité du corps
qui peut répondre à cette question. Ce n'est pas non plus la multiplicité des activités vitales du vivant. Ce n'est pas non plus l'une ou l'autre de ces activités considérée de manière isolée.
Ici, l'intelligence s'appuyant fortement sur l'existence de ces activités, sur l'unité radicale existant dans le vivant et sur la présence d'un mouvement réel dans le vivant dont la source ne
peut lui être extérieure, effectue une "induction" très qualitative et découvre l'âme comme principe et fin du vivant, comme cause propre du vivant.
Maïmonide va préciser que l'âme humaine est ce qui l'intéresse dans ce traité. Celle-ci est radicalement différente de l'âme des autres "animaux". Son réalisme le pousse à préciser immédiatement
que même des activités communes à l'homme et aux autres vivants comme la nutrition, ne sont appelées de la même manière que de façon équivoque. La nutrition de l'homme n'est pas semblable à la
nutrition de l'âne ou du palmier ! Chaque espèce a une âme unique et différente de celle des autres espèces. Ainsi pour la sensation : l'agent de la sensation pour l'homme est l'âme
humaine, l'agent de la sensation pour l'aigle est l'âme de l'aigle...
Nous regarderons dans un prochain article les diverses dimensions de l'âme dans le traité de Maïmonide. A suivre donc...
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Publié: 2 juillet 2008, 3:56pm PDT
Voici les Kekragaria, tropaires de la résurrection et le Doxastikon dans le troisième mode. Ces
tropaires ne sont pas chantés fréquemment, on leur préfère le plus souvent la version rapide que l'on trouve également dans l'Anastasimatarion publié chez Zoï.
Kyrie Ekekraxa
Katefthynthito
Thou Kyrie
Exagage To So Stavro
Eme ypomenousi Pefotistai
Ek vatheon ekekraxa Doxazo
Genithito Ton Stavron sou
Ean anomias Ymnoumen
Eneken Tis en Adhi
Apo fylakis I anaxios estotes
Doxa kai nyn Pos mi thavmasomen
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Publié: 2 juillet 2008, 12:25pm PDT
Nous inaugurons des mini-conférences enregistrées au format mp3 sur l'Apocalypse de saint Jean le Théologien. La première conférence est
divisée en deux parties, pour une durée totale d'environ 12 minutes... Bonne écoute !
Le texte du prologue de l"Apocalypse est lu en grec au début de la conférence... Ne soyez pas surpris, le commentaire est évidemment en français...
Première partie :
Deuxième partie :
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Publié: 1 juillet 2008, 4:25pm PDT
Un stage de sera proposé dans le cadre de l'Abbaye de Sylvanès
Du mardi 19 au samedi 23 août
Hymnes Byzantines &
Chants traditionnels grecs.
Contact, renseignements :
Abbaye de Sylvanès
12360 SYLVANES
courriel : abbaye@sylvanes.com
site internet : http://www.sylvanes.com
tel : +33 (0)565982025