Présentation de la Vierge Marie au Temple
21 novembre
« Aujourd’hui, c’est le prélude de la bienveillance de Dieu
et déjà s’annonce le salut du genre humain.
Dans le Temple de Dieu la Vierge est présentée
pour annoncer à tous les hommes la venue du Christ.
En son honneur, nous aussi, à pleine voix chantons-lui :
Réjouis-toi, ô Vierge en qui se réalise le plan du Créateur. »
(Tropaire t. 4)
« Celle que le chœur des prophètes jadis annonça comme l’urne, le bâton, les tables de la Loi, la montagne inviolée » est mise à part dès son enfance. « Âgée de trois ans selon la chair, mais de bien plus selon l’esprit, voici l’Epouse de notre Dieu, la plus vaste que les cieux, plus élevée que les Puissances d’en haut [...].Transporté de joie pour avoir enfanté la Mère du Créateur », le vénérable couple Joachim et Anne offre la fine fleur de l’humanité dont le sein recevra la semence divine. De son sang croîtra le Dieu incarné. Fils de Dieu, le Christ sera aussi fils de Marie, et à travers elle, frère humain de tous les hommes.
« Le temple, le trône du Roi de l’univers dans la gloire en ce jour est amené par Joachim afin de consacrer au Seigneur celle que pour Mère il s’est choisie. »
Cette présentation fait écho à une hymne de la fête de la Nativité du Christ : « Ô Christ, que pouvons-nous t’offrir en présent pour être apparu sur terre en notre humanité ? Chacune de tes créatures, en effet, exprime son action de grâce en t’apportant : les anges, leur chant ; le ciel, une étoile ; les mages, leurs cadeaux ; les bergers, l’émerveillement ; la terre, une grotte ; le désert, une crèche et nous-mêmes une Mère vierge. » Présent de l’humanité déchue au Créateur en vue de nouvelles épousailles, elle est le lieu de la réconciliation et de la nouvelle alliance entre Dieu et les hommes. Par elle, il endosse notre humanité. Par Lui, elle participe en primeur à sa divinité, modèle pour tout homme à travers les siècles.
Le Temple figure au centre de l’icône, sous forme symbolique, avec son voile et la table du sacrifice. À gauche, un groupe de jeunes vierges avec des cierges allumés - renvoi aux vierges sages de l’Évangile en attente de l’Époux - forment un cortège à celle qui est « l’oracle des prophètes [...], la gloire des apôtres, la fierté des martyrs, le renouveau de tout mortel ». Les trois étoiles sur son vêtement (une sur le front et une sur chaque épaule) signifient déjà sa virginité avant, pendant et après l’enfantement.
« Les vierges, parées de ses vertus, portant au-devant d’elle leurs lampes allumées, la conduisent en présence de Dieu comme un vase sacré [...].
Qu’en ce jour le monde entier fasse cortège à la Mère du Roi »
Avec joie, le grand prêtre Zacharie reçoit dans le Temple « pour qu’elle y soit élevée dans la sainteté [...], celle qui deviendra le temple où Dieu se laisse limiter », Buisson ardent portant le feu de la divinité sans se consumer. À l’encontre de la loi judaïque où seul le grand prêtre entre dans le Saint des saints, elle pénètre dans cet espace réservé.
« Zacharie dans son admiration lui déclare : Porte du Seigneur, je t’ouvre les portes du Temple ; dans l’allégresse tu pourras le parcourir, car je sais et je crois que déjà parmi nous habite la délivrance d’Israël et de toi naîtra le Verbe de Dieu qui accorde au monde la grâce du salut. »
Ce parcours de la Vierge Marie la prépare à accepter l’invitation de l’archange Gabriel le jour de l’Annonciation. En haut, à droite, « celle qu’on peut appeler la chambre nuptiale du Verbe de Dieu reçoit dans le Saint des saints, où elle habite, le pain de la main d’un ange divin ». C’est Gabriel qui la nourrit spirituellement et « toutes les puissances des cieux s’étonnèrent de voir l’Esprit Saint élire en [elle] son logis ».
« T’ayant, comme lampe, allumée dans le Temple de sa gloire, la Lumière au triple feu t’envoie la nourriture des cieux et te magnifie, ô Mère de Dieu. »
« Nourrie du pain du ciel dans le Temple du Seigneur, ô Vierge, tu mis au monde le Verbe, vrai pain de vie. »
Cet événement échappe à toute formulation. Celle dont le corps non soumis à la souillure du péché va devenir tangiblement le temple « du Saint qui sanctifie l’univers » est sans conteste le « sommet de l’entière création ».
« Merveilleusement l’ancienne Loi te désignait, ô Vierge, comme tabernacle divin, arche d’alliance et vase très précieux, voile du Temple et verge d’Aaron, sanctuaire impénétrable et porte de Dieu. »