Mercredi 7/1
- (+) Synaxe du saint Prophète et Précurseur Jean le Baptiste
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Mercredi 7/1
Comme tout les ans au mois de janvier a lieu la semaine de prière pour l’unité des Chrétiens.
Vous trouverez la liste des manifestations œcuméniques de notre région :
Mardi 6/1
Retrouvez l’ordo de la fête ci-après
Mardi 6 janvier 2009, sainte et glorieuse Théophanie du Christ le Dieu Homme.
Liturgie du jour : antiennes propres de la Théophanie (trad. des Septante)
Antienne 1 en ton occurrent : Quand Israël sortit d’Egypte, et la maison de Jacob d’un peuple barbare. Refrain : Par les prières de la Mère de Dieu, sauve-nous, Dieu sauveur !
La Judée devint son sanctuaire et Israël son domaine. Refrain.
La mer le vit et s’enfuit, le Jourdain retourna en arrière. Refrain
Qu’as-tu, mer, à t’enfuir ? et toi, Jourdain, à retourner en arrière ? Refrain
Gloire… et maintenant… Refrain
Antienne 2 en ton occurrent : J‘ai aimé, car le Seigneur entend la voix de ma prière.
Refrain : Sauve-nous, ô Fils de Dieu, Toi qui fus baptisé par Jean dans le Jourdain, nous qui te chantons : Alléluia
Car Il a incliné vers moi son oreille, et je l’invoquerai tous les jours de ma vie. Refrain
Les douleurs de la mort m’ont environné, et les périls de l’enfer sont venus sur moi. Refrain
Je veux plaire au Seigneur dans la terre des vivants. Refrain.
Gloire… et maintenant… Fils unique et Verbe de Dieu…
Antienne 3 en ton 1 : Confessez le Seigneur, car Il est bon, car éternelle est sa miséricorde !
Refrain : le tropaire Pendant ton baptême dans le Jourdain…
Que la maison d’Israël le dise : Il est bon, car éternelle est sa miséricorde ! Refrain.
Que la maison d’Aaron le dise : Il est bon, car éternelle est sa miséricorde ! Refrain
Que ceux qui craignent le Seigneur le disent : Il est bon, car éternelle est sa miséricorde ! Refrain Gloire… et maintenant… Refrain
Isodikon (chant d’entrée) : Béni soit Celui qui vient au Nom du Seigneur ! Le Seigneur est Dieu, et Il nous est apparu ! Sauve-nous, ô Fils de Dieu, Toi qui fus baptisé par Jean dans le Jourdain, nous qui te chantons : Alléluia !
Tropaire de la Théophanie en ton 1 : Pendant ton baptême dans le Jourdain, ô Christ, fut manifesté l’adoration due à la Trinité. Car la voix du Père te rendit témoignage en te nommant Fils de Dieu ; et l’Esprit, sous forme de colombe, confirmait la vérité de cette parole. Christ Dieu qui es apparu et qui as illuminé le monde : Gloire à toi ! Gloire… et maintenant…
Kondakion de la Théophanie en ton 4 : En ce jour de l’Epiphanie l’univers a vu ta gloire, car, Seigneur, Tu t’es manifesté et sur nous resplendit ta lumière. C’est pourquoi en pleine connaissance nous te chantons : « Tu es venu et t’es manifesté, Lumière inaccessible ! »
Au lieu du trisagion : Vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu le Christ, Alléluia !
Prokimenon en ton 4 : Béni soit Celui qui vient au Nom du Seigneur ! Le Seigneur est Dieu, et Il nous est apparu ! V : Confessez le Seigneur, car Il est bon, car éternelle est sa miséricorde !
Epître : Tite 2, 11-14 ; 3, 4-7.
Tite, mon enfant, elle s’est manifestée, la grâce de Dieu, source de salut pour tous les humains ! Elle nous éduque, afin que nous renoncions à l’impiété et aux convoitises du monde, pour vivre dans le siècle présent avec tempérance, justice et piété, attendant la bienheureuse espérance et l’épiphanie de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur Jésus Christ. Il s’est donné lui-même pour nous afin de nous racheter de toute iniquité et de purifier pour lui-même un peuple élu, zélé pour les œuvres de bien. Et lorsque se sont manifestés la bonté et l’amour pour les humains de Dieu notre Sauveur, Il nous a sauvés, non en vertu des œuvres de justice accomplies par nous, mais selon sa miséricorde, par le bain de la régénération et de la rénovation en l’Esprit saint. Cet Esprit, Il l’a richement répandu sur nous, par Jésus Christ notre Sauveur, afin que, justifiés par la grâce de celui-ci, nous devenions en espérance héritiers de la vie éternelle.
Alléluia en ton 1 : Apportez au Seigneur, fils de Dieu, apportez au Seigneur gloire et honneur ! V : La voix du Seigneur a retenti sur les eaux, le Dieu de gloire a tonné, le Seigneur au-dessus des eaux innombrables!
Evangile : Matthieu 3, 13-17 (n. trad.)
En ce temps-là, (après avoir été annoncé par Jean) Jésus arrive de Galilée au Jourdain vers lui pour être baptisé par lui. Jean voulait l’en empêcher et disait : « Moi, j’ai besoin d’être baptisé par toi, et Toi Tu viens à moi ! » Mais Jésus lui répondit et lui dit : « Permets cela pour le moment : car c’est ainsi qu’il nous convient d’accomplir toute justice. » Alors, il le lui permet. Une fois baptisé, Jésus remonta aussitôt de l’eau. Et voici : les cieux s’ouvrirent pour lui et il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et voici : une voix du haut des cieux disait de lui : « Celui-ci est mon Fils, le Bien-aimé, en qui Je me reconnais. »
În acest timp, a venit Iisus din Galileea la Iordan, càtre Ioan, ca sà se boteze de càtre el. Ioan însà Îl oprea, zicând : « Eu am trebuintà sà fiu botezat de Tine, si Tu vii la mine ? » Si ràspunzând, Iisus a zis càtre el : « Lasà acum, cà asa se cuvine nouà sà împlinim toatà dreptatea. » Atunci L-a làsat. Iar botezându-se Iisus, când iesea din apà, îndatà cerurile s-au deschis si Duhul lui Dumnezeu s-a vàzut pogorându-se ca un porumbel si venind peste El. Si iatà glas din ceruri zicând : « Acesta este Fiul Meu cel iubit, întru care am binevoit ! »
Mégalynaire en ton 2 : Magnifie, ô mon âme, celui qui vient dans le Jourdain pour s’y faire baptiser. Toute langue hésitera à prononcer l’éloge digne de toi, et l’esprit le plus subtil éprouve le vertige à te chanter, Mère de Dieu ; mais dans ta bonté reçois l’hommage de notre foi et l’élan de notre amour qui monte vers toi : car tu es la protectrice du peuple chrétien : nous te magnifions !
Koinonikon de la fête en ton occurrent: La grâce de Dieu s’est manifestée à nos yeux ; pour tous les hommes elle est la source du salut : Alléluia !
Au lieu de Nous avons vu la vraie lumière, le tropaire de la Fête
Catéchèse : l’Epiphanie ou Théophanie, manifestation à Israël et au monde de la divinité de Jésus Christ
En ce jour est révélé à ceux qui, par le saint Esprit, ont la Foi, l’identité de Jésus Christ. Il est le Fils unique engendré du Père et le Fils unique engendré de la Vierge, la Mère de Dieu. Avant les siècles, Il est l’unique Fils de Dieu ; au milieu des siècles, Il se fait le Fils de l’Homme. Avant les siècles, Il est comblé de l’Esprit du Père, Il resplendit de l’Esprit du Père ; au milieu des siècles, Il apparaît transfiguré devant le Père et devant les humains. Devenu homme dans le sein de la Vierge par l’œuvre de l’Esprit en la divine Conception - Annonciation du 25 mars - son humanité a été aussitôt, même embryonnaire, sanctifiée et divinisée par l’Esprit : et c’est telle que, en son âge mûr, elle apparaît sur la rive du Jourdain. Jésus Christ s’est manifesté en ce jour Tel qu’Il est - avant les temps et dans le temps - et Tel qu’Il apparaîtra avec gloire en sa deuxième venue, à la fin des temps. L’Esprit habite sa divinité, déifie son humanité, et transfigure également le cœur des croyants - les anges, le Précurseur, nous-mêmes - pour qu’ils perçoivent cette identité de Jésus et en soient à leur tour les témoins de leur temps. Nous rapprochons cette théophanie du 6 janvier et celle du mont Thabor le 6 août.
Cette semaine sur l’agenda de notre recteur p. Georges:
La liturgie sera suivie d’un Café.
Merci de venir nombreux !
Lundi 5/1 Jeûne Total
Dimanche 4/1
Samedi 3/1
Cette semaine notre recteur père Georges célèbrera :
dimanche 4 à Sucy-en-Brie (Notre-Dame des Bois)
La liturgie sera suivi d’un café
Retrouvez l’ordo de dimanche ci-après :
Dimanche 4 janvier 2009 : dimanche avant la Théophanie,
synaxe des 70 disciples ; ton 4.
Tropaire de la Résurrection, t. 4 : Recevant de l’ange la joyeuse nouvelle de la Résurrection de leur Seigneur+ et détournant l’ancestrale condamnation,/ les saintes Femmes se firent gloire d’annoncer aux apôtres:// le Christ a triomphé de la mort !/ Il est ressuscité, notre Dieu, pour donner au monde la grâce du salut.//
Tropar Învierii, glas 4: Propovăduirea Învierii cea luminată înţelegând-o de la înger uceniţele Domnului şi lepădând osândirea cea strămoşească, Apostolilor lăudându-se au zis: Jefuitu-s-a moartea, sculatu-S-a Hristos Dumnezeu, dăruind lumii mare milă.
Tropaire de l’avant-fête en ton 4 : Prépare-toi, Zabulon !+ Pare-toi, Nephtali !+ Fleuve du Jourdain, arrête-toi !/ Accueille avec allégresse le Maître qui vient se faire baptiser.// Adam et Eve, exultez !+ Ne vous cachez plus comme jadis au Paradis ; / car, vous voyant nus, le Seigneur s’est montré pour vous revêtir du vêtement d’origine.// Le Christ se manifeste/ pour renouveler l’entière création.//
Tropaire (s) de l’église ou du monastère …
Tropaire des Soixante dix disciples, t. 3 : Saints apôtres du Seigneur, intercédez auprès du Dieu de miséricorde pour qu’à nos âme Il accorde le pardon de nos péchés.
Kondakion de la Résurrection, t. 4 : Mon Sauveur et mon Libérateur a ressuscité tous les mortels, + les arrachant par sa force divine aux chaînes du tombeau. / Il a brisé les portes de l’enfer et en Maître souverain Il est ressuscité le troisième jour. //
Kondakion des Soixante dix, t. 2 : Fidèles, célébrons en ce jour le chœur des soixante-dix disciples du Christ. Par eux nous avons tous appris en effet le culte de l’indivisible Trinité : ils sont les chandeliers de la divine Foi. Gloire au Père et au Fils et au saint Esprit…
Kondakion du patronage de l’église. Et maintenant et toujours…
Kondakion de l’avant-fête en ton 4 : Descendu en ce jour dans les flots du Jourdain, + le Seigneur dit à Jean : « Ne crains pas de me baptiser !/ Je suis venu, en effet, sauver Adam le première Père. //
Prokiménon dominical, t. 4 : Que tes œuvres sont admirables, Seigneur !/ Tu as fait toutes choses dans ta sagesse !// V/ : Bénis le Seigneur, ô mon âme ! Seigneur mon Dieu, Tu as été grandement magnifié ! Et des Soixante-dix, t. 8 : Leur son a retenti par toute la terre, et leurs paroles jusqu’aux extrémités du monde ! V/ : Les cieux racontent la gloire de Dieu, et l’œuvre de ses mains, le firmament l’annonce.
Epîtres : 2 Tim 4, 5-8 et Col 3, 4-11.
Mon enfant, Timothée, en toute occasion sois vigilant, supporte les épreuves, accomplis ton devoir en prêchant l’Evangile, acquitte-toi de ton ministère au service de Dieu. Quant à moi, je crois que mon sang va bientôt se répandre en libation, que le moment de mon départ est venu. Jusqu’au bout j’ai combattu le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi. Il ne me reste qu’à recevoir la couronne de justice qu’en ce jour-là me donnera le Seigneur, le juste Juge, et non seulement à moi, mais à tous ceux qui attendent avec amour le moment où Il sera manifesté.
Frères, quand le Christ…
Alléluia dominical, t. 4 : Chevauche dans l’éclat de ta royale splendeur ! Défends la vérité, la bonté, la justice ! - Tu aimes la justice ; Tu détestes l’iniquité. Et des Soixante-dix, t. 1 : Les cieux confessent tes merveilles, Seigneur ! V/ : Dieu est glorifié dans le conseil des saints
Evangiles : Mc 1, 1-8 et Luc 17, 12-19.
Principe de l’Evangile de Jésus Christ, Fils de Dieu. Ainsi est-il écrit en Malachie et Isaïe les prophètes : « Voici, J’envoie, Moi, mon ange devant ta face, pour préparer ton chemin devant toi. Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur ! Redressez les sentiers de notre Dieu ! » Et il y eut Jean, qui baptisait dans le désert, proclamant un baptême de conversion pour la rémission des péchés. Et sortait vers lui tout le pays de Judée, ainsi que tous les habitants de Jérusalem, et ils étaient baptisés par lui dans le fleuve du Jourdain, en reconnaissant leurs péchés. Et Jean était vêtu de poil de chameau, une ceinture de cuir autour des reins. Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. Et il proclamait ceci : « Il vient après moi, Celui qui est plus fort que moi ! De ses sandales je ne suis pas digne, même prosterné, de délier la courroie. Moi, je vous ai baptisés dans l’eau : Lui, Il vous baptisera dans le saint Esprit ! »
Începutul Evangheliei lui Iisus Hristos, Fiul lui Dumnezeu. Precum e scris la proorocii Maleahi si Isaia : Iatà Eu trimit îngerul Meu înaintea fetei Tale care va pregàti calea Ta. Glasul celui ce strigà în pustie : Gàtiti calea Domnului, drepte faceti càràrile Lui. Ioan boteza în pustie, propovàduind botezul pocàintei întru iertarea pàcatelor. Si ieseau la el tot tinutul Iudeii si toti cei din Ierusalim si se botezau de càtre el, în râul Iordan, màrturisindu-si pàcatele. Si Ioan era îmbràcat în hainà de pàr de càmilà, avea cingàtoare de piele împrejurul mijlocului si mâncà làcuste si miere sàlbàticà. Si propovàduia, zicând : Vine în urma mea Cel ce este mai tare decât mine, Càruia nu sînt vrednic, plecându-mà, sà-I dezleg cureaua încàltàmintelor. Eu v-am botezat pe voi cu apà, El însà và va boteza cu Duh Sfânt !
Chant de communion du dimanche (« Louez… ») et des Soixante-dix, t.4 : Leur son a retenti par toute la terre, et leurs paroles jusqu’aux extrémités du monde ! Alléluia !
Catéchèse : la prédication de saint Jean Baptiste d’après Origène (Homélies sur saint Luc)
« La signification est plus profonde si l’on comprend « désert » au sens spirituel, et non au sens matériel. Celui qui prêche dans le désert y fait entendre sa voix en pure perte… Le précurseur du Christ, la voix qui crie dans le désert, prêche donc dans le désert de l’âme, privée de paix… La parole de Dieu est proclamée dans le désert et dans toute la région du Jourdain. Quels lieux le Baptiste devait-il parcourir, sinon les environs du Jourdain, afin que quiconque voulait faire pénitence fût sur place pour recevoir l’ablution d’eau ? Jourdain signifie ‘descente’. Le fleuve de Dieu, qui descend avec un large courant, c’est notre Seigneur, le Sauveur, en qui nous sommes baptisés dans l’eau véritable, l’eau du Salut. C’est aussi pour la rémission des péchés qu’il prêche le baptême : Venez, catéchumènes, faites pénitence afin de recevoir le baptême pour la rémission des péchés ! Il reçoit le baptême pour la rémission des péchés, celui qui cesse de pécher. Mais si quelqu’un vient au baptême en continuant à pécher, il n’y a pas pour lui de rémission des péchés. Aussi, je vous en supplie, ne venez pas au baptême sans précaution ni réflexion attentive, mais montrez d’abord des fruits qui soient dignes du repentir.
Quant au passage de l’Ancien Testament cité maintenant, nous le lisons dans le prophète Isaïe : Une voix crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez ses sentiers. Le Seigneur veut trouver en vous un chemin pour pouvoir entrer dans vos âmes … C’est là le chemin par lequel est entrée la Parole de Dieu qui s’installe dans le cœur humain capable de l’accueillir…. Prépare le chemin du Seigneur par une conduite honnête ; aplanis le sentier du Seigneur par des actions parfaites, pour que le Verbe marche en toi… et te fasse connaître ses mystères et sa venue… »
Vendredi 2/1, ni jeûne, ni abstinence
Le 6 janvier, jour de la Théophanie ou de l’Épiphanie, est – après Pâques et la Pentecôte – la plus grande fête du calendrier des Églises de rit byzantin. Elle est même supérieure à la fête de la Nativité du Christ. Elle commémore le baptême notre Seigneur par Jean dans les eaux du Jourdain et, plus généralement, la manifestation publique du Verbe incarné au monde.
La Théophanie est la première manifestation publique du Christ. Lors de sa naissance à Bethléem, notre Seigneur avait été révélé à quelques privilégiés. Aujourd’hui, tous ceux qui entourent Jean, c’est-à-dire ses propres disciples et la foule venue aux bords du Jourdain, sont témoins d’une manifestation plus solennelle de Jésus Christ. En quoi consiste cette manifestation ? Elle comporte deux aspects. D’une part, il y a l’aspect d’humilité représenté par le baptême auquel Notre Seigneur se soumet. D’autre part, il y a un aspect de gloire représenté par le témoignage humain que le Précurseur rend à Jésus et, sur un plan infiniment plus élevé, le témoignage divin que le Père et l’Esprit rendent au Fils. Nous considérerons de plus près ces deux aspects. Mais retenons immédiatement ceci : toute manifestation de Jésus Christ, aussi bien dans l’histoire que dans la vie intérieure de chaque homme, est une manifestation d’humilité et de gloire tout à la fois. Quiconque sépare ces deux aspects du Christ commet une erreur qui fausse toute la vie spirituelle. Je ne puis m’approcher du Christ glorifié sans m’approcher en même temps du Christ humilié, ni du Christ humilié sans m’approcher du Christ glorifié. Si je désire que le Christ soit manifesté en moi, dans ma vie, ce ne peut être qu’en étreignant celui qu’Augustin appelait avec prédilection Christus humilis et en adorant d’un même élan celui qui est aussi un Dieu, un Roi, un Vainqueur. Tel est le premier enseignement de la Théophanie.
L’aspect d’humilité de la Théophanie consiste dans le fait que Notre Seigneur se soumet au baptême de pénitence de Jean. Celui-ci refuse tout d’abord, mais Jésus insiste : Laisse. Il faut que toute justice s’accomplisse (Mt 3, 13-15). Sans doute Jésus n’avait pas à être purifié par Jean, mais le baptême que conférait le Précurseur, ce baptême de repentance pour la rémission des péchés, préparait au royaume messianique ; et Jésus, avant de proclamer l’avènement de ce royaume, a voulu passer lui-même par toutes les phases préparatoires dont il devait être le “consommateur”. Étant la plénitude, il a voulu assumer en lui-même tout ce qui était encore incomplet et inachevé. Mais, en recevant le baptême johannique, Jésus a fait plus qu’approuver et confirmer solennellement un rite avant de le transformer, plus que consommer l’imparfait dans le parfait. Lui qui était sans péché, il s’est fait porteur de nos péchés, du péché du monde ; et c’est au nom de tous les pécheurs que Jésus a fait un geste public de repentance. D’autre part, Jésus a voulu nous enseigner la nécessité de la pénitence et de la conversion ; avant même de nous approcher du baptême chrétien, nous devons recevoir le baptême de Jean, c’est-à-dire passer par un changement d’esprit, par une catastrophe intérieure. Nous devons éprouver une vraie contrition de nos péchés. La repentance est, en ce qui nous concerne, l’aspect d’humilité de la Théophanie.
Et ici nous devons dépasser l’horizon limité du baptême johannique pour nous rappeler que nous avons été baptisés en Christ. Le baptême chrétien nous a lavés et purifiés. Il a aboli en nous le péché originel et fait de nous une nouvelle créature. Nous étions probablement enfant lorsque nous avons reçu le baptême ; la grâce baptismale a été une réponse divine donnée, non à notre demande personnelle, mais à la foi de ceux qui nous présentaient au baptême et â la foi de toute l’Église qui nous accueillait. Cette grâce baptismale a été alors en quelque sorte provisoire et conditionnelle : il fallait que, grandissant et devenus conscients, nous confirmions par un libre choix l’acte de notre baptême. La Théophanie est, par excellence, la fête du baptême, non seulement du baptême de Jésus, mais de notre propre baptême. Elle est une merveilleuse occasion pour nous de renouveler en esprit le baptême que nous avons reçu et de raviver la grâce qu’il nous a conférée. Car les grâces sacramentelles, même interrompues et suspendues par le péché, peuvent revivre en nous si nous nous tournons sincèrement vers Dieu. En cette fête de la Théophanie, demandons à Dieu de nous laver de nouveau — spirituellement, non d’une manière matérielle — dans les eaux du baptême ; noyons-y l’ancienne créature pécheresse, car le baptême est une mort mystique ; traversons la Mer Rouge qui sépare la captivité de la liberté et plongeons-nous avec Jésus dans le Jourdain pour y être lavés, non par le Précurseur, mais par Jésus lui-même.
L’aspect de gloire de la Théophanie consiste dans les deux témoignages qui furent alors rendus solennellement à Jésus. Il y eut le témoignage de Jean. Nous n’en parlerons pas maintenant ; nous y reviendrons le lendemain de la Théophanie. Et il y eut le témoignage divin du Père et de l’Esprit. Le témoignage du Père était la voix venue du ciel et disant : Tu es mon Fils bien-aimé en qui j’ai mis toute ma complaisance (Lc 3,22). Le témoignage de l’Esprit était la descente de la colombe : Et l’Esprit Saint descendit sur lui sous une forme corporelle, tel une colombe (Lc 3,22). Voilà le véritable baptême de Jésus. La parole prononcée par le Père et la descente de la colombe sont plus importants que le baptême d’eau que Jean donne à Jésus. Le baptême d’eau n’était qu’une introduction à cette manifestation divine. C’est avec raison que, dans l’ancienne liturgie chrétienne, la fête du 6 janvier est appelée, non pas “Théophanie”, mais “Théophanies”, au pluriel, car il ne s’agit pas d’une seule manifestation divine : il s’agit de trois manifestations.
Le Père, le Fils, l’Esprit sont tous trois révélés au monde lors du baptême de Jésus ; le Père et l’Esprit se révèlent dans la relation d’amour qui les unit au Fils. Nous touchons ici à ce qu’il y a de plus profond et de plus intime dans le mystère de Jésus. Si grand que soit le ministère rédempteur du Christ en faveur des hommes, la vie d’intimité du Fils avec le Père et l’Esprit est une réalité plus grande encore. Jésus ne nous est vraiment manifesté que si nous entrevoyons quelque chose de cette intimité divine, et si nous entendons intérieurement la voix du Père : Voici mon Fils bien-aimé…, et si nous voyons le vol de la colombe sur la tête du Sauveur. La fête de la Théophanie ne sera vraiment une épiphanie, une manifestation du Christ, qu’à cette condition. Il faut que notre piété atteigne, dans le Fils, le Père et l’Esprit. Il faut que, comme Jean-Baptiste, nous puissions nous souvenir et témoigner : J’ai vu l’Esprit descendre… (Jn 1,32). C’est là la gloire de la Théophanie. Et c’est pourquoi la Théophanie n’est pas seulement la fête des eaux. L’ancienne tradition grecque l’appelle “la fête des lumières”. Cette fête nous apporte, non seulement une grâce de purification, mais aussi une grâce d’illumination (ce nom même d’illumination était jadis donné à l’acte du baptême). La lumière du Christ n’était, à Noël, qu’une étoile dans la nuit obscure ; à la Théophanie, elle nous apparaît comme le soleil levant ; elle va croître et, après l’éclipse du Vendredi Saint, elle éclatera, plus splendide encore, le matin de Pâques ; et enfin, à la Pentecôte, elle atteindra le plein midi. II ne s’agit pas seulement de la lumière divine objective manifestée dans la personne de Jésus Christ et dans la flamme pentecostale. Il s’agit aussi, pour nous, de la lumière intérieure, sans une absolue fidélité à laquelle la vie spirituelle ne serait qu’illusion ou mensonge.
Dieu qui avait envoyé le Précurseur baptiser avec de l’eau lui avait dit : Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, baptisera dans l’Esprit Saint (Jn 1,33). Le baptême d’eau n’est qu’un aspect du baptême total. Jésus lui-même dira à Nicodème : À moins de naître d’eau et d’Esprit, nul ne peut entrer au Royaume de Dieu (Jn 3,5). Le baptême d’Esprit est supérieur au baptême d’eau. Il constitue un don objectif et une autre expérience intérieure. Nous en reparlerons mieux à l’occasion de la Pentecôte.
On pourrait dire que la Théophanie — première manifestation publique de Jésus aux hommes — correspond dans notre vie intérieure à la “première conversion”. Il faut entendre par là la première rencontre consciente de l’âme humaine avec son Sauveur, le moment où nous acceptons Jésus comme Maître et comme ami et où nous prenons la résolution de le suivre. Pâques (à la fois la mort et la résurrection du Seigneur) correspond à une “deuxième conversion” où, confrontés avec le mystère de la croix, nous découvrons quelle mort et quelle vie nouvelle celle-ci implique et nous nous consacrons d’une manière plus profonde — par un changement radical de nous-mêmes — à Jésus Christ. La Pentecôte est le temps de la “troisième conversion”, le temps du baptême et du feu de l’Esprit, l’entrée dans une vie d’union transformante avec Dieu. Il n’est pas donné à tout chrétien de suivre cet itinéraire. Ce sont là cependant les étapes que l’année liturgique propose à notre effort.
En Orient et en Occident
L’Épiphanie est une fête qui a une signification différente pour les chrétiens d’occident et les chrétiens orthodoxes. En occident, l’Épiphanie est l’adoration de Jésus par les mages. Dans les rites orientaux, la fête, nommée Théophanie, a pour objet le baptême du Christ qui au Jourdain a sanctifié les eaux. Le jour de l’Épiphanie, l’ Église orthodoxe ne fait pas mention de l’adoration des Mages; elle a réuni ce mystère à celui de la Naissance du Sauveur dans ses Offices pour le jour de Noël.
La veille de l’Épiphanie, après la liturgie le prêtre bénit l’eau baptismale et asperge d’eau bénite tous le peuple. Le jeûne et l’abstinence sont obligatoires la veille de l’Épiphanie.
Le jour de l’Épiphanie, le prêtre bénit l’eau des fontaines, des fleuves et même de la mer. Aujourd’hui encore, on sort des églises en procession pour accomplir ces rites. Dans la liturgie copte, il y a aussi la grande bénédiction des eaux.
Date de la fête de l’Épiphanie / Théophanie
Les églises grecques et roumaines, qui suivent le calendrier Julien réformé (nouveau calendrier), célèbrent l’Épiphanie /Théophanie le 6 janvier.
Les églises russes, serbes, arméniennes, coptes et éthiopiennes, qui suivent le calendrier julien (ancien calendrier) célèbrent cette fête 13 jours plus tard c’est-à-dire le 19 janvier. Cependant en France, les Églises russes qui font la liturgie en français célèbrent l’Épiphanie le 6 janvier.
Ce n’est pas l’Épiphanie que les russes célèbrent le 7 janvier, mais Noël la naissance de Jésus, 13 jours après le 25 décembre.