Il est indispensable d'instaurer une journée à la mémoire des victimes de la grande famine des années 1930, considère-t-on au Patriarcat de Moscou. « J'estime que la Russie, en tant que pays ayant le plus souffert, doit prendre en main l'interprétation précise de ces évènements. Le plus sage serait de fixer la date de commémoration de toutes les victimes de la famine au 22 novembre », a déclaré jeudi à Interfax-Religia le prêtre Georges Rjabykh, secrétaire du département des relations entre l'Église et la société, du département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou.
Il a remarqué que, à Moscou par exemple, « un office des défunts (pannikhide) à la mémoire de tous défunts qui ont souffert de la famine à l'époque soviétique est célébré depuis quelques années à cette date, dans la cathédrale de la Théophanie ». Le prêtre a également rappelé les paroles du patriarche Alexis II, prononcées lors du concile des évêques de cette année : « Notre Église garde aussi la mémoire de tous ses enfants qui on été les victimes obligées de la politique du pouvoir athée, en particulier à l'égard de la paysannerie. » « L'instauration d'une telle journée commémorative est un devoir de souvenir pour nos compatriotes qui étaient des gens travailleurs, aimant leur patrie et fidèles à leur foi. Il ne faut pas s'infliger de flagellation et rédiger des déclarations pénitentielles. Il nous faut simplement nous souvenir de leur mémoire et l'honorer », — est la conviction du prêtre. Selon lui, soutenir une telle initiative est « le meilleur moyen de supprimer les embûches contre l'amitié russo-ukrainienne». « En son temps par exemple, la date de la Nativité du Christ a été déplacée au jour consacré au soleil, le dieu païen. Qui se souvient aujourd'hui de la fête païenne ? En revanche, tous fêtent la Nativité. » Il considère également que, dans la situation actuelle, il est important de soutenir toute initiative tendant à faire avancer les relations fraternelles entre Russes et Ukrainiens.
« Le noyau de l'univers russe sont la Russie, l'Ukraine et la Biélorussie, qui sont issues d'une Rous' historique unique. Il est nécessaire de le souligner, car on observe aujourd'hui des tentatives des instances politiques de Kiev de "privatiser" notre histoire commune en ne reconnaissant qu'à l'Ukraine actuelle l'héritage de la Rous' de Kiev. Pourtant, ces trois pays en sont les héritiers à un niveau équivalent. Ils ont une histoire commune, une foi, une culture, malgré des langues différentes. Toute cette richesse est un patrimoine et une valeur communs », — a déclaré l'interlocuteur de l'agence. Après avoir précisé que la langue russe occupait tout de même une « place particulière », puisqu'elle était devenue la langue de communication plurinationale, le prêtre a déclaré qu'il fallait défendre « un statut digne de la langue et de la culture russes en Ukraine, mais cela devait se passer de telle manière qu'on n'ait pas la sensation que, en Russie, l'on soit hostile à la langue et à la culture ukrainiennes».
« Il serait bien d'accompagner chaque entreprise pour la défense de la langue russe d'actions ou de déclarations sur le rapport bienveillant à l'égard de la culture ukrainienne, car, en fait, celle-ci est très aimée et estimée en Russie, et il faut savoir le montrer. On pourrait organiser des expositions, des concerts, des conférences qui présenteraient la culture ukrainienne et son lien avec la culture russe », — considère le père Georges.
Il est convaincu que ces actions « aideraient à conserver la disposition amicale du peuple ukrainien envers la Russie, malgré le cours antirusse de la direction politique ».
Source : Blagovest-info.ru
