Autre
est la joie initiale, autre celle de l'accomplissement parfait. La première, en
effet, n'est pas exempte d'imagination, la deuxième a toute la force de
l'humilité ; entre les deux, il y a place pour une tristesse selon Dieu et pour
des larmes sans douleur. Car Beaucoup de sagesse, beaucoup de chagrin ;
surcroît de science, surcroît de douleur (Qo 1, 18).
C'est pourquoi il faut d'abord que, par la joie initiale, l'âme soit appelée
aux combats, mais qu'ensuite, elle soit passée au crible par la vérité de
l'Esprit Saint et examinée sur le mal qu'elle a commis, ou aussi sur les
enflures de vanité qui peuvent être encore de son fait. Tu corriges l'homme
en châtiant la faute et tu détruis comme l'araignée son âme (Ps 38, 12),
est-il dit. Ainsi, lorsque les reproches divins l'ont éprouvé comme dans le
creuset d'une fournaise ardente, elle peut alors accueillir l'action d'une joie
exemple d'imagination, dans le fervent souvenir de Dieu.
Saint Diadoque de Photicé : Les propos
ascétiques. Cent chapitres.