Lorsque
notre âme commence à ne plus désirer les agréments de la terre, alors le plus
souvent, il arrive que s'insinue en elle un esprit d'acédie qui l'empêche de
trouver du goût au service de la parole et qui émousse son désir des biens à
venir, mais cette vie passagère lui apparaît comme complètement dépourvue
d'intérêt dans la mesure où elle n'offre aucune œuvre de vertu qui en soit
digne ; la science elle-même, elle la méprise, sous prétexte qu'elle a
déjà été le partage de beaucoup d'autres ou qu'elle ne s'offre pas à nous
donner un enseignement parfait.
Nous échapperons à ce malaise fait de torpeur et de tiédeur, si nous
imposons à notre pensée des limites étroites, en tenant notre regard fixé
uniquement sur le souvenir de Dieu. Ainsi seulement, l'esprit pourra revenir
sans tarder à sa ferveur et sortir de ce trouble irraisonné.
Saint Diadoque de Photicé : Les propos
ascétiques. Cent chapitres.

