Il
faut que les combattants s'exercent à prendre en haine tous les désirs
irrationnels de l'âme, de manière à faire de cette haine leur disposition
habituelle ; mais, dans le domaine de la nourriture, il faudrait observer
la continence sans jamais tomber dans le dégoût pour un aliment quelconque. En
effet, cette réaction est exécrable et vient tout droit du démon.
Car, si nous nous abstenons des aliments, ce n'est pas qu'ils soient mauvais
en eux-mêmes, loin de là ! mais c'est pour que, en nous arrachant à des
nourritures copieuses et recherchées, nous soyons en mesure de modérer, en les
contenant, les parties bouillantes de la chair, et que par suite, le superflu
que nous avons ainsi épargné, nous permette d'assister les pauvres par des
distributions suffisantes pour leurs besoins, ce qui est la marque d'une
charité sincère.
Saint Diadoque de Photicé : Les propos
ascétiques. Cent chapitres.


