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Celui donc
qui passe sa vie à répandre des larmes constamment agréables à Dieu, célèbre
tous les jours de nouvelles fêtes spirituelles; tandis que celui qui coule ses
jours dans les plaisirs et dans les joies profanes, pleurera dans les siècles
infinis de l'éternité.
saint Jean
Climaque : L'Échelle sainte
«De la tristesse
qui produit la Joie» (RU)
En
cette cinquième semaine du Grand Carême, à l'occasion de la lecture intégrale
du Grand Canon de Saint André de Crète, les Feuillets liturgiques de la
Cathédrale de l'Exaltation de la Sainte Croix à Genève publient la version
bilingue (slavon/français) du Canon sur le site du diocèse de
Genève.
On peut télécharger le fichier PDF à
cette page.
Merci à Bernard Le Caro !
Personne ne
doute que les larmes produites par la grâce de Dieu ne nous soient
souverainement utiles et salutaires; mais ce ne sera qu'à la mort que nous en
connaîtrons parfaitement l'utilité et les avantages précieux.
saint Jean
Climaque : L'Échelle sainte
«De la tristesse
qui produit la Joie» (RU)
Nous poursuivons la publication
quotidienne, en russe, du Prologue sous forme de prédications
(Пролог в поучениях) de l'archiprêtre
Victor Gouriev, qui fut édité en 1888. Les textes sont lus par le hiérodiacre
Aristocle
(un ancien de chez nous).
Les dates sont celles de l'ancien calendrier (julien) qui ont donc 13 jours de
décalage par rapport au calendrier civil.
durée : 3 mn 20 Против тех, которые любят переходить с
места на место
On peut télécharger le fichier en cliquant sur le «podcast».
J'espère que l'éditeur ne m'en voudra pas de lui emprunter un extrait des Lettres et carnets de Hans (et Sophie) Scholl, Tallandier, 2008. Car c'est une occasion supplémentaire de recommander ce livre qui contient la moitié de la correspondance de deux membres de «La Rose blanche», rassemblée par leur sœur aînée Inge. On trouve peu de choses compromettantes (mais en lisant entre les lignes, on découvrira de nombreuses allusions au régime hitlérien), car les lettres compromettantes ont, la plupart du temps, été détruites par leurs destinataires. L'extrait ci-dessous est très intéressant, car il donne une idée de la mentalité d'un soldat-étudiant allemand réfléchissant sur sa culture.
Journal de Russie
Dimanche, 22 août 1942
C'est tout.
Nous autres Allemands n'avons ni Dostoïevski ni Gogol. Ni Pouchkine ni
Tourgueniev. Et Goethe, et Schiller ? répond quelqu'un. Qui ? Un homme de
culture. Quand as-tu lu Goethe pour la dernière fois ? Je ne m'en souviens
plus, à l'école, ou quelque part ailleurs. J'interroge un Russe. Qui sont vos
écrivains ? Oh, répond-il, tous, nous les avons tous, il n'y en a pas d'autres
sous le soleil à part eux. Qui est donc ce Russe ? Un paysan, une
blanchisseuse, un facteur.
Mais je vous en prie, mon très honorable universitaire, je vous vois froncer le
nez, pas un mot contre Goethe, rien contre Schiller, Hölderlin ou Stifter, vous
ne connaissez pas j'imagine? À quoi bon? On peut vivre sans eux. On peut se
passer de tout, sauf de vitamines, de calories, de divertissements et de
plaisirs.
Vous n'avez aucune idée de qui a fondé votre université, espèce de gros
lard, portemanteau et sac de riz, comme disent les Japonais? Oh oui, vous
représentez la civilisation occidentale, mon cher, même si par culture vous
entendez la lime à ongles et les water-closets. Et peut-être aussi votre petite
supériorité sur les autres et votre collection de timbres. Et Goethe et
Schiller, ces deux étoiles fixes du firmament allemand que vous défendez aussi
de l'orage d'Asie? Après avoir fait de Goethe une putain (chacun peut en user à
sa guise), vous comptez en faire autant avec Schiller? Ne crains rien, brave
Souabe, ils ne peuvent pas toucher à un seul cheveu de ta tête, même s'ils
prononcent ton nom dans le même souffle que le mot le plus vulgaire et choquant
qui se puisse imaginer et que je ne saurais utiliser ici. Nous avons le droit,
si nous avons lu Dostoïevski, de critiquer Goethe, mais nous devons commencer
par le défendre. Nous devons le protéger en nous protégeant. Si nous avons un
couteau plongé dans le corps, ne le retirons pas, sans quoi nous perdrons tout
notre sang.
L'abeille survivrait même si les poètes de tous les temps n'avaient pas chanté
ses louanges. Le monde ne périrait pas si les poètes étaient morts. Et le vent
continuerait de chanter ses chants. Mais qu'est-ce que l'abeille, qu'est-ce que
le vent, sans l'homme pour voir et écouter? Si l'œil de l'homme ne s'élève vers
la cime des arbres, si son esprit ne s'envole vers les nuages, si son amour
n'atteint le soleil. L'esprit est menacé, pas le nom des poètes. Et si l'esprit
est en danger, l'existence humaine l'est aussi, en pure perte. ll ne suffit pas
à l'homme de faire tout simplement son travail. Se contenter d'accomplir son
devoir est absurde et fallacieux. L'homme est né pour penser, dit Pascal, pour
penser, mon honorable universitaire : ce mot sonne pour toi comme un reproche.
Tu t'étonnes, représentant de l'esprit? Mais c'est un esprit malfaisant que tu
sers en cette heure désespérée. Tu es riche, mais tu ne vois pas la pauvreté.
Ton âme se flétrit, parce que tu as refusé d'entendre son appel. Tu médites sur
les derniers perfectionnements d'une mitrailleuse, mais tu as étouffé la
question la plus élémentaire de la jeunesse. La question : pourquoi? et où
allons-nous?
Faut-il qu'une nation soit petite pour appeler Frédéric II «le grand» ?! Cette
nation a combattu contre Napoléon et pour la liberté à seule fin de choisir
l'esclavage prussien. Je sais combien la liberté de l'homme est limitée. Mais
l'homme est foncièrement libre, et c'est sa liberté qui le fait homme. La
liberté et la pauvreté sont humaines, la servitude et l'arrogance
prussiennes.
Goethe a-t-il jamais connu des épreuves extrêmes? A-t-il connu la détresse ne
serait-ce qu'une fois? C'est une question qui s'avance discrètement, puis prend
de l'ampleur comme un ouragan pour finir par tout envahir. A-t-il jamais mangé
son pain avec des larmes? Et pourquoi? Ne prenait-il pas grand soin d'éviter
toute maladie, tout ce qui est laid et mauvais sous le soleil, et ne
craignait-il pas la mort comme la peste? Certes, il a goûté la détresse, mais
il n'a fait qu'y goûter. Douillettement engoncé dans son manteau de soie et de
velours, il a traversé les profondeurs de la misère humaine tel un Siegfried
cornu. Jamais une seule fois il n'a courbé sa tête fière, jamais une seule fois
il n'est resté à terre nu et blessé dans la nuit, jamais la faim ne l'a
tenaillé jusqu'au désespoir. Il n'a connu ni la mélancolie d'une putain exclue
de la société humaine ni la peine d'un enfant sans foyer. II a toujours eu
l'esprit fixé sur les étoiles. Sa voix était claire, son œil lumineux. Or, qui
est plus démuni que l'homme, créature née pour écumer le monde sans répit,
universellement rejeté par les forts parce que né dans le péché? Goethe a
effleuré la détresse, mais rien de plus.
Dostoïevski n'est pas descendu aux Enfers, il y a été entraîné parce qu'il
avait des yeux pour voir. Son oreille a entendu la lamentation qui s'élevait de
son âme et se joignait à l'horrible chœur des humiliés et des abandonnés. II
n'a pas arraché les masques parce qu'il ne les a pas remarqués. II a plongé le
regard dans les ténèbres et a vu parce que ses yeux n'ont pas été éblouis par
un faux soleil. II a trouvé sa voie du péché vers le Christ parce qu'un pécheur
repentant vaut plus pour Dieu que cent mille justes.
Quand j'écris une phrase, je m'en libère. Même quand je veux me libérer d'un
péché, je dois le coucher par écrit, comme je le fais maintenant. Je suis
puéril de me montrer ainsi injuste envers Goethe. C'est simplement la peur des
grands esprits qui me pousse à les attaquer. C'est parce qu'il est devant moi
si grand et inaccessible, presque comme un faux dieu, que Goethe m'est
étranger. Je voudrais percer son flanc de ma lance, le blesser, le voir saigner
: alors je pourrais avoir de la compassion pour lui et l'aimer. II ne me
viendrait pas à l'idée une seconde de contester la beauté de ses formes et de
ses images. Personne ne pourrait écrire mieux que lui. Il est peut-être le seul
homme qui ait embrassé la création tout entière de
son regard pur et, remué jusqu'au plus profond de son âme, ait chanté la beauté
de l'univers.
Mais jamais il n'a chanté le chaos. Jamais il ne s'est défait de sa somptueuse
toilette ni ne s'est mêlé aux pauvres et aux malades. II ne le pouvait pas,
parce qu'il lui aurait fallu descendre de son trône, et que sa lucidité lui
disait qu'il ne suffit pas de descendre. Il faut être attiré comme par un
aimant, en sorte que l'on se défasse de tous ses liens d'un coup pour devenir
pauvre soi-même et oublier tout l'avant. C'est ainsi que je vois François
d'Assise, Beethoven et Rembrandt. Des mendiants et des pécheurs que le Christ a
rachetés.
Ne comptez
pas sur l'abondance de vos larmes, si vous ne vous sentez pas purifié de vos
péchés. Le vin qu'on vient de tirer du pressoir ne mérite ni blâme ni
louange.
saint Jean
Climaque : L'Échelle sainte
«De la tristesse
qui produit la Joie» (RU)
Nous poursuivons la publication
quotidienne, en russe, du Prologue sous forme de prédications
(Пролог в поучениях) de l'archiprêtre
Victor Gouriev, qui fut édité en 1888. Les textes sont lus par le hiérodiacre
Aristocle
(un ancien de chez nous).
Les dates sont celles de l'ancien calendrier (julien) qui ont donc 13 jours de
décalage par rapport au calendrier civil.
durée : 4 mn Праведникам и звери
повинуются
On peut télécharger le fichier en cliquant sur le «podcast».
Проповедь еп. Евтихий в 4-ю неделю Поста 2010